François Hollande au Bourget le 22 janvier © AFPDans le RER qui les ramène du Bourget, une poignée de militants parisiens du MJS demande à un de leurs amis venu en observateur : "alors, convaincu ?" "Beaucoup plus que ce matin oui, même s'il n'a pas parlé d'écologie", sourit timidement le jeune homme. Voilà donc l'objectif du rassemblement de François Hollande atteint ? Solidifier les convaincus et commencer à enclencher l'adhésion ? C'est très probable lorsque l'on tend l'oreille dimanche après-midi, après les 1h20 d'un discours offensif. "J'étais venue chercher l'incarnation, et bien je ne suis pas déçue, répond Marianne, une sympathisante de 65 ans aux cheveux grisonnants. Il a parlé de lui avec pudeur et suffisamment pour que l'on sente sa chair. C'est un candidat extrêmement sincère et en empathie avec les gens". Le candidat PS dévoile jeudi les derniers éléments et le chiffrage de son projet présidentiel. Avec deux maîtres-mot : justice et crédibilité. Alors qu'il est défié par la montée en puissance de François Hollande et les doutes de son camp, le chef de l'Etat joue la carte de la sérénité, voire du doute. Lors d'un meeting à Toulon où se pressaient près de 2.000 personnes, le candidat PS a appelé mardi soir les classes moyennes à "faire confiance à la gauche" car "la droite (les) a déjà trahies". Après le premier grand meeting de François Hollande, l'UMP contre-attaque en diffusant à partir de mardi un tract tiré à 6 millions d'exemplaires. Il est destiné à "rétablir la vérité" sur le bilan de Nicolas Sarkozy et vanter les "10 grandes réformes" du quinquennat. Le candidat PS à l'Elysée a proposé lundi à Paris "une notation sociale des entreprises" estimant que ce serait "une bonne information à donner aux actionnaires". Lors de son premier grand meeting de campagne, le candidat PS à la présidentielle a dévoilé une première série de mesures qui figureront dans son programme. En voici les principales. REACTIONS - Si à gauche on salue la "ferveur" insufflée par le discours du candidat socialiste, à droite on est évidemment plus mitigé. Extraits. Les commentateurs s'accordent globalement sur le rôle fondateur du discours du Bourget tenu par François Hollande dimanche. Le candidat PS a tenu son premier grand meeting de campagne au Bourget devant près de 10.000 personnes, 25.000 selon les estimations du PS, conquises. Plus qu'un discours sur la France, une première présentation de son programme. Au lendemain du premier grand meeting de François Hollande, Jean-François Copé a jugé, lundi sur RTL, que se postionner comme "adversaire de la finance, c'est se tromper de registre". En déplacement à Cayenne, le président a envoyé quelques petites piques au candidat socialiste, sans jamais le nommer. Le candidat socialiste avait donné rendez-vous aux Français dimanche. Au Bourget, ils étaient près de 10.000 pour l'entendre fustiger "le monde de la finance". Sur LCI, le ministre du Logement Benoist Apparu a estimé que le discours du candidat socialiste lors de son premier grand meeting était "fade". Et a regretté qu'aucun des points énoncés n'ait été détaillé. En déplacement pour présenter ses voeux à l'Outre-mer, une semaine après le candidat socialiste, le président a lancé qu'on ne pouvait "avoir confiance en quelqu'un qui dit toujours. Car ça cacherait quelque chose". Lors de son premier grand meeting, le candidat socialiste a avancé qu'il luttait contre un "adversaire sans nom" qui "ne peut pas se présenter". Il a également fait part de certaines de ses propositions d'ordre économique. Près de 10.000 participants, parmi lesquels des figures connues comme Yannick Noah, Benjamin Biolay, Christian Lacroix : le premier des grands meetings du candidat socialiste à la présidentielle n'a pas lésiné sur les moyens pour illustrer son slogan de campagne, "le changement c'est maintenant".
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Au gré des conversations avec les gens qui quittent les travées de la grande salle, le mot "sincérité" revient souvent. "Je ne sens pas de bluff chez ce candidat normal comme il dit" explique Olivier, cette expression étant assumée par François Hollande, "candidat normal", "présidence normale", alors qu'elle avait fait jaser chez certains socialistes. "Les Français ne croient plus dans le surhomme, la crise est passée par là. On ne peut pas nous refaire le coup de 2007 donc il a eu une bonne intuition avec cette normalité sereine", poursuit cet étudiant de l'Essonne, ravi que la jeunesse ait été autant présente dans le discours du candidat.
"Il a réussi à faire passer quelque chose"
Alors que tous les observateurs ont salué l'habileté avec laquelle François Hollande s'est (un peu) dévoilé dimanche après-midi, un militant de section parisienne s'étonne : "c'est comme ça qu'on le connait nous. Il parle de lui sobrement et à aucun moment il a essayé de faire semblant, et ça a marché".
Un discours-clé ? "Incontestablement, il a réussi à faire passer quelque chose de nouveau, de lui et de son ambition pour la France", confie Marc, la trentaine, pas forcément convaincu par l'homme lors de son succès à la primaire. Les Français le connaissent pas Hollande et là, il a donné de sa personne sans trop se mettre en avant. Il a trouvé le ton juste". Le ton juste aux accents mitterrandiens, continuent de faire remarquer certains sympathisants mais plusieurs notent très justement un changement dans son discours du Bourget : plus de posture accoudée au pupitre, comme le faisait François Mitterrand dans ses déclamations et plus de traits d'humour. François Hollande a écouté ses proches et s'est tenu droit dimanche après-midi, face à la salle et aux Français qui le regardaient sur les chaînes info.
Un début de métamorphose réussi du député en candidat à la présidentielle mais également un discours très politique au Bourget, ce que ne manquent pas de pointer les sympathisants rencontrés. "Il a mis la gomme sur l'égalité, il a travaillé toute son intervention en pensant à la justice et à la colère des laissés-pour-compte, voilà un coup de barre à gauche bienvenu", explique une militante du Nord avec le peu de voix qui lui reste. Il faut mobiliser notre camp sur ses valeurs car la droite ne nous fera pas de cadeaux".
Plus nuancé, un ingénieur, la cinquantaine, a vu un discours qui s'adressait à tous les Français, "par petites touches, sur des sujets concrets et sans attaques politiciennes", saluant la capacité de François Hollande a dessiner en creux une présidence inverse à celle de Nicolas Sarkozy, sans jamais prononcer son nom. Plus loin, alors que Benoît Hamon se réjouit devant les caméras que "le monde de la finance" ait été pris pour l'adversaire, un couple se réjouit du passage sur la sécurité et les "petits caïds" désignés par le candidat socialiste. "Enfin, on se réapproprie un thème marqué à droite. Et il l'a fait en mettant à égalité petite délinquance et délinquance financière, chapeau l'artiste !".
"Force collective"
Si certains sympathisants rencontrés avant le discours ne cachaient pas leur scepticisme sur le programme flou, François Hollande a semble-t-il apporté quelques mesures concrètes propres à les rassurer. Un fonctionnaire parisien pointe "la banque publique d'investissement, les 60 000 postes dans l'éduc confirmés ou encore l'encadrement des loyers" pour créer le débat face à la droite. Mais pour avouer très vite que "tout cela importe peu tant je sens dans les semaines à venir un choix simple : continuer ou pas avec Sarkozy. La bataille ne va pas être sur les projets mais sur les styles et Hollande a mis l'actuel président K.O sur ce terrain"
Une fois son discours terminé et un verre pris avec quelques conseillers et amis, le candidat socialiste doit quitter le grand hall d'exposition du Bourget pour rejoindre Paris. Mais à 50 mètres de son véhicule qui l'attend, une centaine de personnes l'attend encore derrière une barrière, et crie son nom. Il vient alors vers eux, se fendant un chemin au milieu des photographes pour serrer des mains, le sourire aux lèvres. "c'est la première fois depuis très longtemps que je ressens de la force collective chez un dirigeant socialiste », glisse un vieux conseiller municipal. Je ne pensais plus voir ça un jour."
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Hollande lève le voile jeudi sur son programme chiffré
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