La ministre de l'Economie Christine Lagarde, invitée du 20h de TF1 le 19 février 2011. © TF1/LCITrois ans, dix mois et dix-neuf jours : dimanche 8 mai, Christine Lagarde battra des records de présence à Bercy. Les Echos rappellent ce jeudi qu'aucun ministre n'était resté aussi longtemps à ce poste depuis Pierre Bérégovoy, entre 1988 et 1992. Avant, Valéry Giscard d'Estaing avait lui aussi fait preuve d'une longévité record à la tête de l'Economie française, entre 1962 et 1966, puis entre 1969 et 1974.
Affaire Tapie : que savait vraiment Lagarde ?
La ministre de l'Economie était au courant de liens existant entre un membre du tribunal arbitral chargé de trancher dans le conflit opposant Tapie au crédit Lyonnais, et un avocat de l'homme d'affaires, accuse Mediapart. "A notre connaissance, il n'y a là rien de nouveau", souligne-t-on à Bercy.
Publié le 10/06/2011
Enquête sur Lagarde : réponse le 10 juin
La ministre de l'économie, pressentie pour succéder à DSK à la tête du FMI, saura le 10 juin si la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) ouvre ou non une enquête à son encontre pour "abus d'autorité" dans l'affaire Tapie.
Publié le 24/05/2011
En place depuis juin 2007, Christine Lagarde se démarque d'autant plus que son arrivée avait mis fin à une période de huit ans d'instabilité. Depuis le départ de Dominique Strauss Kahn en 1999, sept personnes avaient en effet régné à Bercy entre temps. Elle était également la première femme des pays du G7 nommée à ce poste.
Expérience ministérielle limitée
Ce record tord le cou aux idées reçues qui avaient émergé dans un premier temps en 2007. Agée à l'époque de 51 ans, elle comptait une expérience ministérielle limitée : ministre déléguée au Commerce extérieur entre 2005 et 2007, puis ministre de l'Agriculture et de la Pêche durant deux mois en 2007, Christine Lagarde s'était plutôt illustrée dans sa carrière d'avocate. Exerçant d'abord à la cour d'Appel de Paris, puis dans un cabinet de Chicago, aux Etats-Unis, où elle fut associée, présidente du comité exécutif et du comité stratégique mondial, Christine Lagarde se démarquait alors sur la scène internationale. Sous sa direction, Baker and Mc Kenzie avait par exemple augmenté son chiffre d'affaires de 50% en 2004.
La crise économique, le G8 et le G20 lui ont permis de d'assoir sa notoriété internationale depuis 2007. De juillet à décembre 2008, elle a présidé le conseil pour les Affaires économiques et financières de l'Union européenne (Ecofin). En 2009, le magazine américain Forbes la plaçait au 17e rang des femmes les plus influentes de la planète.
Polémiques en France
Appréciée sur le plan international, Christine Lagarde est néanmoins en proie à plusieurs polémiques en France ces dernières semaines. Vivement critiquée par le Parti socialiste pour sa gestion de l'affaire Bernard Tapie-Crédit lyonnais, elle pourrait être poursuivie devant la Cour de justice de la République. L'opposition lui reproche notamment d'avoir fait appel à un arbitrage privé pour solder les litiges qui opposaient l'Etat et l'homme d'affaires en 2007.
L'ancienne championne de natation synchronisée a également dû faire face à des soupçons de conflit d'intérêts. Christine Lagarde a en effet admis fin avril détenir des parts dans la société Applicatour, qui lui permettaient de réduire son impôt sur la fortune. Or, cette société est dirigée par le fils du PDG d'Oséo, banque publique qui soutient les PME, et dont les liens avec Bercy sont étroits. Christine Lagarde a assuré avoir délégué la gestion de ses parts. L'éventuelle participation de Dominique Strauss Kahn aux primaires du PS pousse aujourd'hui certains observateurs, notamment britanniques, à envisager que Christine Lagarde lui succède à la tête du Fond monétaire international.
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