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La crise oblige le gouvernement à réfléchir au coût du travail en France


le 13 juillet 2012 à 12h30 , mis à jour le 13 juillet 2012 à 13h03.
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3min
Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin le 15 mai 2012 à Paris

Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin le 15 mai 2012 à Paris / Crédits : AFP

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PolitiqueAu moment même où il défait la "TVA sociale" de Nicolas Sarkozy, Jean-Marc Ayrault relance un chantier pour soutenir des entreprises françaises qui ne cessent de perdre des parts de marchés à l'étranger.

Ce que la campagne présidentielle n'a pas réussi à enclencher, la dégradation forte du climat économique et sociale l'oblige : la droite, mais aussi maintenant la gauche vont débattre du manque de compétitivité de l'industrie française et du problème du coût du travail. Le choc de l'annonce du plan social chez PSA accélère les choses. Le président du groupe automobile réclame une baisse "massive" du coût du travail pour éviter de nouveaux sinistres sociaux en France.
 
En réalité, le décor a été planté avant cette annonce, lors de la grande conférence sociale.  Ainsi François Hollande  a ouvert lundi la rencontre en érigeant la compétitivité parmi les "grands défis" du pays. Et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la ferme le lendemain en annonçant une concertation, suivie d'une réforme en 2013, sur le financement de la protection sociale, avec l'objectif affiché d'"améliorer la compétitivité de nos entreprises".
 
Reste à connaître les recettes du gouvernement. Pressé par l'OCDE et Bruxelles de procéder à des réformes structurelles, notamment pour baisser le coût du travail, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, promet des "efforts", mais pour une "compétitivité à la française" aux contours encore flous. Malgré un consensus sur le constat du mal, droite et gauche ont fait campagne, avant la présidentielle, sur des remèdes différents. L'ancienne majorité a adopté in extremis sa "TVA sociale" ou antidélocalisations": une hausse de la taxe sur la consommation pour compenser un fort allègement des cotisations sociales payées par les entreprises. Cette mesure visait à diminuer le coût du travail pour aligner l'industrie française sur l'Allemagne, championne des exportations et qui pratique la modération
salariale depuis une décennie.

Quelles solutions ?
  
La droite, après avoir multiplié sans grand effet les plans d'aide à l'export, faisait ainsi de la "compétitivité prix" le coeur du problème. La gauche a d'abord contesté cette analyse. Pour elle, le coût du travail n'est que très partiellement en cause. Le candidat Hollande a donc promis d'abroger la "TVA sociale", misant plutôt sur une baisse de la cotisation foncière des entreprises, susceptible à ses yeux de mieux cibler le secteur industriel exposé à la concurrence internationale.

Pour le reste, les socialistes veulent renforcer la "compétitivité hors prix" en aidant les PME à grossir pour se développer à l'international. Pierre Moscovici a évoqué jeudi au Sénat une "politique globale" qui "mettra l'accent sur tout ce qui renforce l'innovation, la recherche et l'industrie".  Mais cela ne suffit pas au patronat, qui plaide inlassablement pour un allègement du coût du travail et a reçu le soutien d'économistes, le week-end dernier aux Rencontres d'Aix-en-Provence, prônant un "choc d'offre" via "un transfert massif des charges patronales vers la CSG".
 
Message entendu par l'exécutif. Moins d'une semaine après avoir confirmé, en Conseil des ministres, l'annulation de la "TVA sociale", le gouvernement a ainsi ouvert le chantier. Pour l'heure, les ministres se bornent à affirmer que relever la CSG pour baisser les cotisations est "une piste", mais pas forcément "la solution". La balle est dans le camp tout nouveau commissaire général à l'Investissement, Louis Gallois, chargé cette semaine par le Premier ministre d'une mission sur la compétitivité des entreprises
 
 

Commenter cet article

  • goufig : Comme le smic augmente très souvent mais pas les salaires de peu supérieur, il en résulte de plus en plus de monde payé au smic.

    Le 16/07/2012 à 15h37
  • shooby02470 : Ils cotisent déjà comme dans le privé, dans une société qui a remporté l'appel d'offre lancé par l'ancien gouvernement, et qui est dirigé par un certain Guillaume ... Sarkozy !

    Le 16/07/2012 à 11h41
  • shooby02470 : On aura tout entendu ! La droite qui tente ce qui marche ailleurs ! Réforme des retraies qui va à l'encontre de ce qu'il se passe ailleurs, hadopi privilégié en France ailleurs qu'ailleurs on privilégie de plus en plus la licence globale, atténuation de la ponction fiscale partout ailleurs contre augmentation du temps de Sarkozy ... c'est vrai, il copie tout ce qui marche ...

    Le 16/07/2012 à 11h36
  • shooby02470 : Si toutes ses réformes ont portées leurs fruits chère claude, pourquoi dés lors tant de fermeture d'usine ? Faut arrêter de se leurrer, si baisse du coût du travail (pas si élevés que ça en France d'ailleurs) comme demandé Varin se fait cela ne profitera qu'aux actionnaires : coûts de productions minimiser mais produits vendus au mêmes prix = plus d'argent dans les caisses des entreprises ... qui seront reversés à qui (comme à chaque fois) ?

    Le 16/07/2012 à 10h46
  • shooby02470 : Content de savoir que vous avez compris à qui nous avions à faire chère sabyne

    Le 16/07/2012 à 10h41
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