Les ténors du PS à Paris en mai 2011, halle Freyssinet. © AbaccaFace à l'offensive du « le président-candidat », la gauche ne veut pas rester inerte. Martine Aubry, Laurent Fabius, Ségolène Royal.. Restés jusque là assez silencieux, les grands ténors du PS donnent de la voix contre la politique européenne du chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a "abdiqué" devant l'Allemagne, ont estimé les responsables socialistes au lendemain du discours du chef de l'Etat. François Hollande ne s'est pas exprimé vendredi, laissant à ses relais le soin d'attaquer le président de la République. "Il y a un vrai problème dont il faut prendre conscience : traditionnellement, il y a un couple franco-allemand, qui est fondamental. Aujourd'hui, ce couple a fait place à un déséquilibre franco-allemand parce que la France, avec M. Sarkozy, s'est tragiquement affaiblie", a affirmé Laurent Fabius sur Europe 1. "Si on veut que le couple franco-allemand soit ressoudé, ce qui est absolument indispensable, il faut que la France se renforce et non pas s'affaiblisse", a ajouté l'ancien Premier ministre socialiste.
Hollande à Berlin, déplacement délicat
Le candidat socialiste passe deux jours au congrès du SPD où il s'exprime lundi matin. Sa parole est très attendue alors que la relation franco-allemande est cruciale pour sauver l'euro.
Publié le 04/12/2011
Mélenchon appelle à "ne pas s'enfermer" dans un "tête à tête" avec Merkel
En pleine polémique sur un retour de la germanophobie sur fond de crise de la dette, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, appelle "à ne pas s'enfermer" dans un "tête à tête" avec la chancelière Allemande Angela Merkel, estimant qu'"il y a des progressistes en Allemagne".
Publié le 04/12/2011
L'électorat de Hollande partagé sur les réponses à la crise
Selon un sondage Ifop, les deux-tiers des sympathisants UMP approuvent les décisions de Nicolas Sarkozy en matière d'austérité et d'intégration européenne, sujets sur lesquels l'électorat socialiste est nettement plus partagé.
Publié le 02/12/2011
Jeudi soir, à Toulon, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ne transigerait pas sur l'union franco-allemande et a donné des gages de rigueur budgétaire à Berlin tout en se montrant mesuré sur la délégation supranationale de pouvoirs pour contrôler a priori les budgets des Etats membres. Ces propositions, pour Laurent Fabius, "ne répondent pas à la situation". "On a une situation d'urgence. Ce qu'il propose, c'est la modification des traités, qui prendra un temps énorme, et ne répond pas à la question du rôle de la Banque centrale", a-t-il regretté.
"Toulon 2, supercherie 2"
Pour Manuel Valls, porte-parole de François Hollande, "c'est une forme de renoncement". "Nicolas Sarkozy, au cours de ces quatre dernières années, a en permanence oscillé entre la brutalité (...) à l'égard des Allemands et le suivisme. Aujourd'hui, il n'est plus en capacité de résister à la chancelière Merkel", a-t-il déclaré sur France Inter. Le chef de l'Etat, a-t-il poursuivi, "a affaibli la France au cours de ce quinquennat, il n'a pas réussi à imposer ni la voix ni les propositions françaises et encore moins une relation équilibrée". "Hier, et c'était vrai il y a encore quelques semaines, Nicolas Sarkozy a abdiqué face à l'Allemagne sur deux sujets majeurs : le rôle de la Banque centrale européenne et l'émission d'eurobonds", a jugé Manuel Valls.
Sur le plan intérieur, "Toulon II, c'est supercherie II", a estimé Laurent Fabius. "Il y avait déjà eu un discours à Toulon il y a trois ans, avec des annonces fracassantes : le capitalisme financier allait être moralisé, les paradis fiscaux, c'était terminé, les rémunérations des dirigeants allaient être encadrées. Et rien ne s'est produit", a-t-il dit.
Le député Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, a dénoncé "un discours d'amnésie" par lequel Nicolas Sarkozy s'exonérerait de ses responsabilités. "La situation d'aujourd'hui serait la faute à ce qui s'est passé il y a trente ans? Mais où était-il ces dix dernières années ?", a lancé Michel Sapin sur France Info. « Le président de l'UMP d'aujourd'hui veut faire oublier le président de la République qu'il est et qui est responsable d'une bonne partie de la situation de la France", a-t-il ajouté. Manuel Valls a pour sa part déclaré que l'annonce d'un sommet sur l'emploi en janvier avec les partenaires sociaux constituait "une provocation". "Depuis trois ans, il n'y a plus de dialogue social", a-t-il déclaré. "Qui peut croire un seul instant en pleine campagne électorale que ce candidat, Nicolas Sarkozy, peut être sincère dans cette relation avec les partenaires sociaux ?"
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Hollande à Berlin, déplacement délicat
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