Arnaud Montebourg/Image d'archives - janvier 2011 © ABACADaniel Cohn-Bendit a été le premier à réagir aux propos d'Arnaud Montebourg sur Angela Merkel. Dans une interview au leparisien.fr, il s'est s'insurgé contre les déclarations du député PS qui a appelé à une confrontation dure avec Angela Merkel, accusée de "tuer l'euro", de mener "une politique à la Bismarck" et de faire en sorte que l'Allemagne fasse "fortune" sur "la ruine" des autres pays de la zone euro. " Le chômage et la crise ne calment pas les esprits. A trois mois de la présidentielle, les griffres sont sorties et les petites phrases fusent. En première ligne de ce jeu de massacre : Marine Le Pen. De François Hollande à Benoît Hamon en passant par Pierre Moscovici, des voix s'élèvent au sein du PS pour dénoncer le procès en "germanophobie" qui lui est fait par la droite. Le candidat socialiste passe deux jours au congrès du SPD où il s'exprime lundi matin. Sa parole est très attendue alors que la relation franco-allemande est cruciale pour sauver l'euro. Après Alain Juppé, c'est le chef du gouvernement qui s'en est pris dimanche à François Hollande pour les propos "aux relents germanophobes" entendus au sein du PS, en l'appelant à trouver "la fermeté de mettre un terme aux dérapages de ses amis". Après la mise en garde du ministre des Affaires étrangères, la gauche tente de faire front. Selon Jean-Marc Ayrault, "ce qui est dommageable, ce n'est pas que Mme Merkel défende ses convictions, c'est que la France n'ait plus, depuis que M. Sarkozy la dirige, les moyens de faire contrepoids". Alain Juppé dénonce les socialistes qui "prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", après les déclarations de responsables de gauche critiquant la politique européenne de l'Allemagne. Du côté du camp Hollande, on tente de calmer le jeu. Le leader d'Europe Ecologie a accusé jeudi Jean-Luc Mélenchon de "labourer sur les terres du Front national", notamment à propos de l'Europe et de l'Allemagne. Le Parti de Gauche n'a pas tardé à répliquer que c'est Daniel Cohn-Bendit qui "banalise le Front National". Daniel Cohn-Bendit assure lundi dans Le Monde qu'il participera bien aux Journées d'été des Verts-Europe Ecologie à Nantes, et en profite au passage pour tacler Nicolas Sarkozy et son "populisme de l'exclusion". Grâce à l'hypermnésie (mémoire totale) d'internet et aux données disponibles en ligne, internautes et journalistes ont pu passer l'intervention de Nicolas Sarkozy au crible. Ils ont relevé de nombreuses approximations, erreurs et contre-vérités. Dans leur chronique sur le web "Kikadikoi", l'UMP souligne chaque semaine les désaccords au sein de la gauche. De bonne guerre, le parti majoritaire exploite la cacophonie autour de la création des 60.000 postes dans l'éducation nationale.
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"Il faut se calmer. Que les Allemands considèrent l'austérité comme le nec plus ultra de la solidité financière, c'est vrai. Mais de la même manière que les Français sont très attachés à leurs services publics! Ce type de déclaration à la hussarde a des relents de nationalisme. Heureusement que Montebourg n'est pas aujourd'hui dans un gouvernement", a commenté l'eurodéputé EELV, de nationalité allemande. Comme on lui demandait s'il craignait "le retour d'un sentiment anti-allemand", l'eurodéputé a répondu par l'affirmative. "Avec la crise", a-t-il dit, "je crains une mobilisation germanophobe". "Je note que les dirigeants allemands sont beaucoup plus prudents dans leurs critiques l'égard de la France. La grandiloquence française, ils évitent", a-t-il conclu.
"Germanophobie hystérique"
Jeudi matin, Jean Leonetti, ministre des Affaires européennes, a dénoncé "la germanophobie hystérique" qu'il perçoit dans la charge d'Arnaud Montebourg."Je n'ai jamais vu de telle germanophobie hystérique de la part des responsables socialistes, ce torrent d'insultes permanent. Mais qu'est-ce qu'ils ont dans la tête! Quand François Hollande dit: 'je vais remettre l'Europe en confiance', ce n'est pas en insultant l'Allemagne", a déclaré M. Leonetti sur la radio France Inter.
Dans un communiqué publié jeudi, Arnaud Montebourg tente de rectifier le tir, se défendant de toute germanophobie. "Les Allemands mènent donc, sur la question de l'euro, une politique nationale, une politique servant leurs seuls intérêts : en faisant la politique des marchés et non pas des peuples, en imposant des plans d'austérité partout en Europe, en refusant les eurobonds et l'intervention de la Banque centrale européenne pour faire racheter la dette des Etats", écrit-il. "Que l'Allemagne, mue par la conscience de son propre vieillissement, veuille une monnaie forte, qu'elle relativise l'importance de sa relation avec notre pays et qu'elle pense exercer (...) une 'hégémonie douce' ne sont que des éléments d'analyse, éléments qui n'ont rien de 'germanophobes" ou de 'populistes'", ajoute-t-il. Quant à la comparaison entre Angela Merkel et Otto von Bismarck, qui "fit la guerre à la France en 1870", il rappelle que c'est Sigmar Gabriel, le président du parti social-démocrate allemand, lui-même qui l'a utilisée au printemps.
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