Comment le candidat Sarkozy perce derrière le président

Par , le 27 octobre 2011 à 23h58 , mis à jour le 28 octobre 2011 à 12h44

Dossier : Élection présidentielle 2012

Derrière le chef de l'Etat professeur de crise s'est profilé jeudi soir sur TF1 le futur adversaire de François Hollande. Avec déjà quelques munitions.

Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2 le 27 octobre 2011Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2 le 27 octobre 2011 © LCI

La question

Nicolas Sarkozy en direct sur TF1 et France 2 depuis l'Elysée, interrogé par Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi, le 27 octobre 2011

Sarkozy s'explique à la télévision sur la crise : l'avez-vous trouvé

Convaincant
Pas convaincant

 
"Le candidat du système." Nicolas Sarkozy n'a pas eu à se creuser beaucoup pour trouver son angle d'attaque contre François Hollande ; c'était l'expression même de Martine Aubry tout à la fin de la primaire PS contre son rival soit disant encensé par les sondages et les médias.
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    Quelques heures après l'annonce du plan de sauvetage de la zone euro, arraché à Bruxelles, le chef de l'Etat s'est exprimé jeudi soir sur TF1 et France 2 pour préparer les Français aux efforts à venir. Retrouvez ici l'émission intégrale.

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  • Sarkozy s'attaque au programme Education de Hollande

    Nicolas Sarkozy a critiqué l'une des principales mesures promises par le candidat PS à l'Elysée, François Hollande, sur un rétablissement de 60.000 emplois dans l'Education nationale, jeudi lors de son intervention sur TF1 et France 2.

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Plus d'infos

Car si le président de la République a passé toute la première partie de l'émission à faire la pédagogie du "nouveau monde" et de ses contraintes, il a distillé dans la seconde partie des éléments stratégiques de sa future campagne. Lorsqu'il se représentera puisque le doute n'existe pas, le faux suspense de fin d'interview ne servant que l'argumentation d'un homme "qui fait son devoir" au lieu de penser à sa candidature.  

Moitié chef d'entreprise, moitié père de famille

"La grave crise est le seul support pour qu'il puisse rebondir", ont coutume de dire certains députés UMP. La prestation de Nicolas Sarkozy sur l'explication de cette crise a dû les satisfaire. A l'aise, clair et le ton sécurisant, le chef de l'Etat a d'emblée placé la barre très haut : "On a pris des décisions importantes qui ont évité la catastrophe", a-t-il estimé à propos du sommet de Bruxelles, "si la Grèce était en faillite, il y avait un processus en cascade qui emportait tout le monde".

L'angle choisi tout au long de la première partie de l'interview était de donner l'image d'un président protecteur des Français, face à un monde de plus en plus complexe. La phrase "je fais mon devoir" est revenue très souvent dans l'argumentation de Nicolas Sarkozy.

Président de la mondialisation

Face à une opinion qui doit souvent avoir le vertige devant une avalanche de milliards d'euros abstraits, le chef de l'Etat s'est comporté, tantôt en chef d'entreprise, tantôt en bon père de famille, pour expliquer que depuis trente ans, "on dépensait un argent que l'on ne possédait pas". Le surendettement, voilà l'ennemi tout désigné pour un Nicolas Sarkozy qui a fait jeudi soir comme s'il n'était pas aux commandes de l'entreprise France depuis quatre ans et qu'il ne devait pas être comptable de ces budgets en déficits. Tout juste a-t-il reconnu "sa part de responsabilité", après une relance d'Yves Calvi. "Les déficits d'aujourd'hui, ce n'est pas le résultat de 30 années de laxisme, c'est le résultat d'une politique qui a été menée ces cinq dernières années", a immédiatement réagi Michel Sapin, un proche de François Hollande sur LCI.  

Endossant sans complexe le costume de premier président de la mondialisation, Nicolas Sarkozy a perdu jeudi soir les accents de celui qui voulait, en 2007, changer le cours des choses. Il veut maintenant proposer de s'y adapter le moins mal possible. Et pour l'affronter, le partenaire ami est désigné : l'Allemagne. Le nom d'Angela Merkel ayant été beaucoup plus cité que celui de son Premier ministre François Fillon, Nicolas Sarkozy a clairement dessiné l'avenir de la France dans une convergence franco-allemande. Voilà un des thèmes de sa future campagne. Protéger le modèle social en est un second. Et Nicolas Sarkozy de reprendre cette-fois les accents de 2007 sur la protection des ouvriers et des employés contre les revendications du secteur protégé, autrement dit les fonctionnaires.

Mettre fin à l'assistanat
 
Dans la seconde partie de l'émission, plus politique, on a vu un Nicolas Sarkozy quitter son ton de pédagogue pour alors parler en quasi-candidat. Attaquant billes en tête "la folie des 35  heures", "la retraite à 60 ans" et l'héritage des années Mitterrand, Jospin, voire Chirac, il a tenté d'apparaître comme le président chargé de réparer toutes les erreurs du passé, voulant habilement faire oublier là encore qu'il est à la tête de l'Etat depuis quelques années. II a alors clairement esquissé les lignes de ce qui sera sa future campagne sur le front intérieur : lutte contre l'assistanat, valorisation du travail et promotion de l'investissement et de la recherche. Tout en s'affichant, malgré l'évidence des chiffres, comme celui qui n'aura pas augmenté les impôts. 
 
Sur la défensive sur les affaires avec l'unique argument d'autorité, et méprisant ses mauvais sondages, Nicolas Sarkozy a tenté de construire l'image d'un candidat qui allait de nouveau, comme en 2007, affronter tous les conservatismes alliés au "candidat du système" que serait François Hollande. Attaqué sur sa proposition de créer 60 000 postes d'enseignants, mesure qui embarrasse jusqu'au sein du PS, le candidat socialiste sera présenté dans les semaines qui viennent comme celui qui ne pourrait pas affronter la complexité d'un pays en crise.

A la recherche d'une stratégie de campagne touchant à la fois l'électeur du FN par la lutte contre l'assistanat et l'électeur du centre par le choix d'une Europe politique, Nicolas Sarkozy veut se replacer au centre du jeu et écarter la menace Marine Le Pen. Pas sûr évidemment que cette émission y suffise mais sa reprise de parole plutôt réussie, après des mois de diète médiatique, aura de nouveau donné un vrai candidat à la droite. François Hollande voit maintenant à quoi peut ressembler le match. 

Par Renaud Pila le 27 octobre 2011 à 23:58
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134 Commentaires

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  • frozengod, le 30/10/2011 à 22h03

    Je me demandes comment des personnes peuvent encore croire ce qu'il raconte... Il n'a pas sauvé le monde, il a sauvé le profit à tout prix et à court terme... aucune vision sur le long terme pour reformer le système économique et ainsi sortir des crises successive qui s'enchaine depuis le milieu des années 70....

  • yzae84, le 30/10/2011 à 07h29

    Ca y est @ micha qui reprend du service !!! et toujours aussi "drôle " j'adore vraiment la fin du commentaire ça me rappelle quelqu'un ....finalement le président est votre miroir .. selon vos dires

  • michalowice, le 30/10/2011 à 00h06

    Bonsoir, je déplore la qualité des commentaires!!!quelle bouillabaisse!!! le manque de Sambrest et de Kosotto1 est tragique, ces textes sont dépourvus de logique, un véritable n'importe quoi. Tous en panne. Le président aurait dû intituler son intervention : "La vérité si je mens"!!! j'ai vu quelques extraits, je me pose la question, Sarkozy est président? ou il est en campagne électorale??? il a de la chance d'avoir Madame Merkel a ses côtés, qui le bouste, il court derrière elle, a-t-il vendu la France à l'Allemagne?

  • romarin30, le 29/10/2011 à 16h00

    En tant qu'électeur contribuable, j'ai le choix entre un Président qui a explosé la dette, les déficits, le nombre de chômeurs, l'insécurité, la précarité, fait des cadeaux aux riches (enfin, quand je dis cadeaux, c'est avec mes tunes) et qui veut maintenant vendre l'Europe aux chinois et un candidat qui propose un programme équilibré où les efforts (et il est conscient qu'il faudra en faire) pour redresser le pays seront partagés équitablement. Le choix est donc simple.

  • tonmoulin52, le 29/10/2011 à 10h10

    Il m'a convaicu qu'il était un beau parleur, et un faiseur de promesses. Pour le reste je sais ce qu'il vaut

  • sophie70000, le 29/10/2011 à 08h58

    Oh excellent !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ;-D

  • froggyb, le 29/10/2011 à 00h43

    En tant qu'électeur contribuable, j'ai le choix entre un Président qui réduit les dépenses avant une élection (c'est arrivé quand la derniere fois?) ou un candidat qui promet de raser gratis (enfin, quand je dis gratis, c'est avec mes tunes). Le choix est donc simple.

  • oliver12500, le 29/10/2011 à 00h37

    Sans competence?? qui vous dit qu'il n'en a aucune? cessez de suivre le discurs UMPiste les yeux fermés....On aura bien le temps en 2017 d'avoir Mr Copé à l'Elysée

  • alkira200, le 29/10/2011 à 00h21

    @docdent69 : vous allez arrêter avec votre foutaise de la retraite à 60 ans? L'âge LEGAL de départ à la retraite était de 65 ans, repoussé à 67 depuis la récente réforme ! 60 et 62 ans concernent uniquement les personnes qui ont atteint leur nombre de trimestres de cotisations à cet âge ! Mais je vous prie, continuez la désinformation, si c'est votre seul argument !

  • jean06riencore, le 28/10/2011 à 17h56

    Pensez vous que HOLLANDE baissera ce salaire si par miracle il venait à être élu?

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