Le nucléaire s'invite au débat entre Copé, Mélenchon et Lang

Par , le 18 novembre 2011 à 00h01 , mis à jour le 18 novembre 2011 à 00h11

Dossiers : PS : dossier sur le Parti socialiste, Élection présidentielle 2012

Jean-François Copé, était l'invité jeudi soir de l'émission "Des Paroles et des actes". Face à lui, deux grosses pointures de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Jack Lang. De son côté, en pleine polémique sur l'accord PS-EELV sur le nucléaire, Eva Joly avait décliné l'invitation.

Jean-François Copé lors d'un point-presse en novembre 2011 (archives)Jean-François Copé lors d'un point-presse en novembre 2011 (archives) © LCI

Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, était l'invité jeudi soir de l'émission "Des Paroles et des actes" sur France 2. Face à lui pour débattre des sujets d'actualité de la pré-campagne 2012, deux grosses pointures de la gauche : Jean-Luc Mélenchon et Jack Lang. Deux noms qui n'étaient pourtant pas sur l'affiche à l'origine : "Crise" du nucléaire entre PS et ecologistes oblige, Eva Joly,  la candidate à la présidentielle d'EELV, avait décliné l'invitation. "Elle a décidé de prendre de la hauteur", a justifié son entourage. Autre défection, celle de la candidate frontiste à la présidentielle Marine Le Pen, qui  a refusé de débattre avec Jean-François Copé.

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Plus d'infos

 
Quoiqu'il en soit, après une brève présentation, Jean-François Copé est revenu durant plus de deux heures sur les thématiques qui font la une. Dette et plan de rigueur en France et en Europe, plans sociaux, guerre contre la fraude sociale, polémique sur l'accord PS-EELV sur le désengagement français du nucléaire... Il y avait effectivement de quoi débattre.

"Le syndrome grec"
 
Premier à venir affronter le patron de la campagne UMP, Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du Front de gauche,  qui a tiré à boulets rouges sur le plan d'austérité engagé par François Fillon pour réduire le déficit budgétaire français, accusant notamment la droite au pouvoir d'être assujettie aux marchés financiers qui dictent leur loi aux Etats. Les deux hommes se sont donc affrontés sur les réponses à apporter à la crise. "Il ne faut pas renoncer aux acquis sociaux" et "introduire en France le syndrome grec comme vous le faites", a lancé M. Mélenchon. "Il y a déjà eu deux plans d'austérité, on nous en annonce un troisième". "Il n'y a pas de progrès économique sans progrès social", a-t-il également dit avant d'ajouter: "courez après les fraudeurs au fisc" plutôt que la fraude sociale, "ça représente dix fois plus". "Divergence d'analyse totale", lui a rétorqué M. Copé, en estimant que la crise actuelle n'était "pas une crise de l'euro mais de la dette des Etats". "Il n'y a pas le gentil Mélenchon et de l'autre la méchante droite (...) la gauche n'a pas du tout le monopole" du social.
 
Autre thème abordé avec Jean-Luc Mélenchon, le nucléaire. Sachant très bien que Jean-Luc Mélenchon est favorable à son abandon contrairement au PCF, son partenaire au sein du Front de gauche, Jean-François Copé s'est ensuite efforcé de le pousser dans ses retranchements: "les 24 réacteurs, vous les fermez, vous, ou pas ?" Réponse : "Dans un sujet aussi controversé, il faut trouver des sorties par le haut" et "à droite aussi", il y a des divergences sur cette question, a déclaré M. Mélenchon en rappelant que le Front de gauche avait préféré renvoyer le dossier à un "référendum" post-présidentielle.

"Pas d'alliance avec le FN"
 
Voilà pour le chef de file du Front de gauche. Place à Jack Lang, dépêché en qualité de "représentant particulier" du candidat Hollande. Evidemment, la question du nucléaire, nouvel angle d'attaque de la droite contre les socialistes et les Verts a été largement traitée : "Vous n'êtes pas au clair la-dessus", déclare d'emblée Jean-François Copé, qui a sorti de sa poche une carte de France des industries nucléaires. Réponse de Jack Lang :  François Hollande a, sur cette question "l'audace de Charles de Gaulle". Une comparaison que ne laisse pas passer Jean-François Copé. Qu'à cela ne tienne, Jack Lang n'en démord pas. Et de tenter une explication sur la démarche des socialistes sur la question : "Le but n'est pas un arrêt de la filière dès demain. Il s'agit d'un passage progressif à des solutions alternatives".
 
Au terme des débats, Jean-François Copé s'est vu interrogé sur la stratégie de la droite pour la présidentielle. "Ya-t-il un glissemement du point d'équilibre  de l'UMP vers l'extrême-droite ?". Une question qui  fait notamment référence aux demandes de la droite populaire sur la fin à l'automaticité de l'acquisition de la nationalité française à 18 ans pour les enfants nés en France de parents étrangers. Cette proposition n'a"rien de choquant", selon Jean-François Copé qui estime qu'elle vise à promouvoir "une démarche citoyenne" de demande de cette nationalité. Et au-delà, Jean-François Copé met les point sur les i : "Les choses sont parfaitement claires, il n'y aura jamais d'alliance électorale avec l'extrême droite, tout simplement parce que ce sont deux familles politiques qui n'ont rien à faire ensemble". c'est l'ensemble des points qui nous opposent" et qu'"entre dirigeants du Front national et dirigeants de l'UMP, il n'y a absolument rien de commun", qu'il s'agisse des "thèmes économiques" comme le retour au franc, des "sujets régaliens" mais aussi des "valeurs".

Par Laurent Deschamps le 18 novembre 2011 à 00:01
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94 Commentaires

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  • antonio_gramsci, le 20/11/2011 à 10h42

    Je vote utile, je vote Front de Gauche. Je vote pour un référendum sur l'avenir du nucléaire, je vote pour la planification écologique, en 2012, je vote Front de Gauche!

  • claudcouledouce, le 19/11/2011 à 01h27

    Alain paris, c'est comme ça entre gens bien élévé. Hollande à dit à Sarko, "laisse, c'est mon tour, tu as payer un pot aux copains de ta poche en 2007, en 2012 moi j'invite 60.000 fonctionnaires aux frais de la princesse pendant 64 ans avec leurs familles (42 ans d'activité + 22 ans de pension d'état)."

  • kosotto1, le 19/11/2011 à 00h32

    Drimup : que ce soit l'un ou l'autre c'est toujours mieux que les mensonges !

  • charlesrizzla, le 18/11/2011 à 19h18

    Flambée de l'électricité nucléaire, 20% de hausse en seulement 2 ans. Puis les centrales en fin de vie que Nicolas Sarkozy veut faire durer 10 à 20 ans de plus, va faire envoler les prix et amener une insécurité. Et le prix des énergies solaires, éoliennes... sont à peu près au même prix au KW. Et L'indépendance du nucléaire français, dit par Nicolas Sarkozy, laissez moi rire. Il n' y a pas d'Uranium en France.

  • alain-paris, le 18/11/2011 à 18h46

    Mais alors, comment va faire l'Allemagne (objet de l'admiration béate de certains) qui va réduire d'autant que veut le faire le PS la part de l'énergie nucléaire ? Angela serait-elle subitement devenue socialiste et écolo ?

  • alain-paris, le 18/11/2011 à 18h43

    @matger : vois à qui vous pensez. malheureusement, celui ci n'a pas fait que promettre des soirs de ripailles. Il les a déjà donné à ses copains milliardaires dans un célèbre restaurant un soir de mai 2007. ET depuis il a continué les cadeaux . Par contre ceinture pour le petit peuple

  • kosotto1, le 18/11/2011 à 18h38

    Exactement Alain-paris alors qu'en ce moment nous n'avons que des techniciens !

  • 421123, le 18/11/2011 à 18h34

    La production d'électricité, c'est vital!

  • 421123, le 18/11/2011 à 18h32

    Esprit clair et homme déterminé.

  • matger, le 18/11/2011 à 18h11

    La mission d'un homme d'état c'est d'être honnête envers ses concitoyens en les mettant face à la réalité d'une situation difficile,même si c'est impopulaire et non pas leur promettre de futurs grands soirs de ripaille qu'ils vont amèrement payer.

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