"Germanophobie" : Juppé met en garde, Hollande est d'accord

le 02 décembre 2011 à 14h17 , mis à jour le 02 décembre 2011 à 22h50

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Crise financière

Alain Juppé dénonce les socialistes qui "prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", après les déclarations de responsables de gauche critiquant la politique européenne de l'Allemagne. Du côté du camp Hollande, on tente de calmer le jeu.

angela merkelAngela Merkel © Reuters

 Alors que France et Allemagne envisagent une convergence des politiques budgétaires des deux pays, ce qui signifie en clair une discipline budgétaire plus stricte, l'opposition française n'a de cesse de crier à la perte de souveraineté française en la matière, voire à la mise en place d'une hégémonie allemande sur l'Europe. Il n'en faut pas plus à Alain Juppé pour s'alarmer. Le ministre des Affaires étrangères a dénoncé vendredi les socialistes qui "prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", après les déclarations de responsables de gauche critiquant la politique européenne de l'Allemagne.

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Pour Alain Juppé, tout ceci ne serai d'ailleurs qu'une posture de politique intérieure : "Par pure tactique politicienne, avec pour seul objectif l'affaiblissement du président français, les socialistes prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", a jugé Alain Juppé dans un communiqué. Et de reprendre les principales remarques lancées par l'opposition : "Nationalisme allemand, politique à la Bismarck, droite prussienne. L'emploi de ces termes fait froid dans le dos. Il est honteux, par hargne partisane, de fragiliser notre acquis le plus précieux: la réconciliation, l'amitié franco-allemande", a-t-il ajouté. Le ministre critique aussi "les dirigeants socialistes (qui) accusent la France de se mettre à la remorque de l'Allemagne. Par exemple, François Hollande qui déclare: 'Depuis plusieurs mois, c'est Mme Merkel qui décide et M. Sarkozy qui suit'. Non seulement c'est faux - et il sera facile de le démontrer - mais c'est irresponsable".

Hollande tempère

A l'origine de ce déluge de piques socialistes, la détermination de la chancelière allemande Angela Merkel à imposer une discipline budgétaire stricte aux pays de la zone euro pour surmonter la crise de la dette. Une détermination qui a pour effet d'avoir ranimé, parfois violemment, la germanophobie d'une partie de la classe politique française. Arnaud Montebourg, troisième homme de la primaire du Parti socialiste, a ainsi plaidé mercredi en faveur d'une confrontation dure avec Angela Merkel qu'il a accusée d'être en train de "tuer l'euro" et de mener "une politique à la Bismarck", en référence au chancelier allemand qui a vaincu la France en 1870. La semaine précédente le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen avait affirmé que la rencontre entre Sarkozy et Merkel sur la crise de l'euro, c'était "Daladier à Munich", où Français, Britanniques et Italiens en 1938 signèrent avec Hitler des accords permettant l'annexion des Sudètes, en Tchécoslovaquie.

Mais du côté du candidat officiel du PS pour la présidentielle, on préfère calmer le jeu. Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a déclaré vendredi que pour le candidat, la gauche ne devait pas "ranimer des relents anti-allemands". En somme, François Hollande est sur la même ligne qu'Alain Juppé. "Le couple franco-allemand est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise en Europe", a souligné Pierre Moscovici, ajoutant que "François Hollande en est convaincu et le dira dès dimanche à Berlin au congrès du SPD (Parti socialiste allemand) dont il est l'invité".

Même tonalité chez Jean-Marc Ayrault qui a toutefois tenu à rendre la monnaie de sa pièce à Alain Juppé, rappelant au ministre que la gauche était également pro-européenne. "L'accusation lancée par M. Juppé contre les socialistes de réveiller la germanophobie est nulle et non avenue. Toute l'histoire de la construction européenne, dont nous avons été parmi les architectes, montre notre attachement à l'alliance franco-allemande dans la continuité de la main dans la main Mitterrand/Kohl", a affirmé M. Ayrault dans un communiqué. "Le discours que François Hollande a été invité lundi à prononcer devant le congrès du SPD en est une nouvelle preuve", ajoute le conseiller spécial de campagne du candidat PS à la présidentielle. "Ni alignement à la Sarkozy, ni affrontement: tous les socialistes veulent une amitié entre la France et l'Allemagne inaltérable mais franche, d'égal à égal", a pour sa part affirmé dans un tweet le numéro 2 du PS Harlem Désir.

"Un devoir national"

Pour autant, malgré la modération apportée par le camp Hollande, Jean-Marie Le Guen semble peu enclin à revenir sur ses propos. Vendredi, le député PS de Paris en a rajouté une couche, estimant vendredi que "dénoncer la politique aveugle et égoïste de la droite allemande" relevait d'"un devoir national", alors que Nicolas Sarkozy n'a "ni la force ni la lucidité de s'y opposer". Pour Jean-Marie Le Guen, qui revient sur le communiqué d'Alain Juppé, les propos du chef de la diplomatie française "pourraient prêter à sourire". "En effet, que disait M. Juppé quand Nicolas Sarkozy organisait la chasse aux Roms, que dit-il quand M. Guéant stigmatise jour après jour les immigrés et les Français d'origine étrangère?", demande-t-il.

le 02 décembre 2011 à 14:17
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75 Commentaires

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  • michalowice, le 03/12/2011 à 14h13

    Hélas la France est indomptable, indisciplinée et paresseuse !

  • clementine1218, le 03/12/2011 à 11h45

    Lucien31 ça n'engage que moi car c'est ce que je constate de mes amis gauchiste( je sais nul n'est parfait) qui pourtant très militant ce retourne vers Mélanchon . Un sondage en sommes a moindre échelle certes il ne sera pas forcement a la hauteur mais les gens sont désespérés que voulez vous.

  • craboula, le 03/12/2011 à 11h28

    Pour nous lorrain cette germanophobie et presente tous les jours. On nous traite de "casque à pointe" on nous reproche notre rigueur commerciale . Et bien sans rentrer dans la polemique , ce qui reste du droit allemand chez nous, nous sommes bien content de l'avoir des joiurs ferries en plus -cq à 90% une partie du reste de l'occupation allemande. Parce que ce que notre pays ne nous donne pas beaucoup!

  • mehdi1511, le 03/12/2011 à 11h28

    Depuis cette bêtise d'UE au lieu d'union on va finir par tous se détester ,alors que la plupart des gens de tous pays veulent en finir .On en veut à la Grèce,l'Irlande,le Portugal,l'Italie etc et les pays de l'Est qui ont besoin de cette UE ,on n'en veut pas car ça nous coute assez cher .Merci l'UE

  • rose-marie54, le 03/12/2011 à 11h24

    Après la guerre l'Allemagne était à genoux,toute son industie inexistante,a su se relever grace à un travail acharné de ses habitants,pendant ce temps en France sous la 4ème république ,gouvernée par les socialistes,nous achetions des laminoirs d'occasions ainsi que d'autres machines aux USA,la France,a toujours été dans ce domaine insignifiante,la suite nous l'a prouvé et le coup de gràce nous a été porté en 1981

  • nadiran, le 03/12/2011 à 11h09

    Les Allemands ne demandent rien d'autre que ce que l'on ne dépense pas plus que ce que l'on gagne. Cette évidence pour chaque chef de famille ne l'est plus pour ceux qui nous dirigent depuis 25 ans.

  • mcg35, le 03/12/2011 à 10h49

    1ère réponse à @pilepoil21 - L'Allemagne à été aidée par ses partenaires pour sa réunification, c'est vrai ... Ceux-ci avaient aussi tout intérêt à ce que cet événement extraordinaire se passe pour le mieux, ne serait-ce que pour la stabilité de l'Europe. Mais il faut se rappeler que le change de la monnaie Ost Mark (RDA) -> Deutsche Mark (RFA) a été fait EN PARITE, alors que la monnaie Est-Allemande valait SIX FOIS MOINS que la monnaie Ouest-Allemande. Et là, ce sont les Allemands qui ont payé! Certains "Wessis" (habitants de l'ex-RFA) le reprochent d'ailleurs encore aujourd'hui aux "Ossis" (habitants de l'ex-RDA). -- 2ème réponse à @yzae84 - 300% d'accord avec vous! J'ai une amie de Cologne qui travaille beaucoup avec l'étranger. Ils ont de moins en moins de contrats avec des firmes françaises. Raisons? Les délais de livraison ne sont pas assez respectés, trop de retards. Trop de mouvements sociaux en France qui rendent les contrats trop incertains ... Je n'invente rien, hélas! -- 3ème réponse à @lucien31 - Les régions où j'ai travaillé sont aussi Hambourg (surtout), mais aussi Munich, et Cologne pour les loisirs. Comme vous, j'ai été abasourdie et impressionnée par cette "machinerie" qui se met en marche, entre 6h et 7h du matin. Pas avec des mines renfrognées, allant au boulot à reculons, mais avec énergie et détermination. --Bon wee kend à vous et aux internautes LCI!

  • stelmaria0, le 03/12/2011 à 10h35

    L'Allemagne est le coeur economique de l'Europe,je m'en vais y vivre et je ne regrette pas mon choix.La France doit travailler avec son voisin et tous les autres pays europeens en general.Nous avons beaucoup de stereotypes concernant l'Allemagne et les Allemands,et croyez moi beaucoup son faux,je le sais j'en ai epouse un

  • claudrouledouce, le 03/12/2011 à 10h09

    La loi sur les 35 heures inclue des allègement de charge pour les entreprises, alors si ces 35 heures sont remises en cause, cela va alourdir encore plus le cout du travail et de ce fait nous serons encore moins compétitif, et bien sur le chomage sera encore plus en hausse, je ne pense pas que notre Président revienne sur ce temps de travail, mais il pourra s'en servir pour faire sa campagne de 2012, et une fois (peu ètre) élu à nouveau, rien faire comme il a l'habitude.

  • objectif-2012, le 03/12/2011 à 09h20

    L'Allemagne à su garder une industrie importante et innovante, le temps de travail n'a rien n'à y voir, en France par contre les gouvernements ont laissé partir à l'étranger notre savoir-faire et nos usines pour que certains fassent en un temps record des super bénéfices, au détriment des ouvriers qui se retrouvent au chomage.

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