Après des mois de suspense, François Fillon a franchi le pas mercredi en annonçant à des élus parisiens qu'il serait "à leurs côtés" pour mener la campagne des législatives de 2012 à Paris. Le premier ministre s'exprimait lors d'une cérémonie de remise de décoration à Matignon à huis clos, selon plusieurs participants. Philippe Goujon, patron de la fédération UMP de Paris qui participait à la cérémonie, a affirmé que le Premier ministre, élu de la Sarthe, avait été "très applaudi" après cette déclaration. "On ne va pas vous dire qu'on n'est pas contents, c'est un acte de candidature qui nous fait plaisir et le travail est maintenant devant nous, la campagne va être dure", a aussi dit Jean-François Lamour, président du groupe UMP du Conseil de Paris.
Législatives à Paris : Dati persiste et signe
L'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati a réaffirmé dans un entretien au quotidien Sud-Ouest sa ferme intention de se présenter aux élections législatives à Paris, en 2012. Une polémique l'oppose à certains membres de l'UMP à ce sujet.
Publié le 04/08/2011
La rivalité Fillon-Dati fissure la droite parisienne
La préparation des prochaines échéances électorales pourrait virer à la foire d'empoigne à l'UMP, l'arrivée possible de François Fillon aux législatives suscitant les protestations de Rachida Dati.
Publié le 07/06/2011
Plusieurs élus parisiens, proches de la direction de la fédération, le pressaient d'afficher son envie pour Paris depuis plusieurs mois, et surtout depuis l'échec de la liste de Chantal Jouanno aux récentes élections sénatoriales qui a remis au grand jour les graves dissensions internes à l'UMP Paris. Le maire du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, a par exemple toujours dit qu'il laisserait volontiers au premier ministre sa circonscription, sur laquelle lorgne également Rachida Dati, l'actuelle maire du VIIe arrondissement de la capitale. L'ex-ministre de la Justice avait affirmé en juin, en arguant de sa légitimité dans la capitale: "J'irai quoi qu'il arrive", dans cette circonscription qui englobe son arrondissement. "On n'évince pas les gens au seul motif qu'il y a une personnalité qui est le Premier ministre ou parce qu'il en a marre du département d'où il vient", avait-elle lancé, rappelant que M. Fillon "a été élu dans la Sarthe". "Toute sa carrière a été bâtie sur un ancrage local qui lui a permis de devenir Premier ministre", avait-elle relevé alors.
Des adieux samedi à la Sarthe ?
Attendu samedi à La Ferté-Bernard au congrès des maires de la Sarthe, François Fillon pourrait faire ses adieux à ce département où il est élu depuis 1981, date à laquelle il avait hérité de la circonscription de son mentor, Joël Le Theule. L'acte de candidature du Premier ministre pourrait en tout cas clarifier les choses pour la droite parisienne qui se déchire à coups de manifestes et de lettres ouvertes, avec d'un côté les proches du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, partisans de primaire ouverte à Paris, et de l'autre les "fillonistes". Mais, le 3 octobre, après le basculement du Sénat à gauche, les deux hommes ont conclu "un pacte", à l'initiative du secrétaire général de l'UMP, lors d'un déjeuner à Matignon, a-t-on appris dans l'entourage de M. Copé.
Directement concernée, donc, Rachida Dati a exhorté jeudi François Fillon à montrer du "courage" au lieu de chercher une "circonscription de confort" à Paris. "Ou alors, François Fillon veut venir nous aider à conquérir Paris", a dit l'ex-garde de Sceaux sur Radio Classique/Public Sénat. "Dans ce cas, il n'y a aucun problème, il y a des circonscriptions à l'Est parisien dont nous avons besoin pour reconquérir Paris, perdues sur des divisions à droite". "Ce serait un défi à la hauteur du Premier ministre!". "Mais c'est vrai qu'il faut du courage, ça je vous le concède", a-t-elle glissé. "Ou alors il souhaite une circonscription de confort pour des convenances personnelles et ça, les Parisiens ne l'accepteront pas et ne le supporteront pas", a tranché Rachida Dati.
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