En s'en prenant implicitement à l'immobilisme supposé de François Hollande face à l'ampleur prise par la crise syrienne, Nicolas Sarkozy fait écho à "la frustration générale ressentie devant tant d'impuissance", analyse Pierre Rousselin dans Le Figaro. Et l'ancien président, fer de lance du front anti-Kadhafi en Libye, "de brandir la nécessaire intervention au nom de la libération des peuples opprimés. La cause est noble, Sarkozy en use", commente Philippe Palat dans le Midi libre. Mais "en laissant croire (...) que la France pourrait intervenir de son propre chef", Nicolas Sarkozy "passe le mur du son de la démagogie", dénonce Maurice Ulrich dans L'Humanité, qui fustige un "De Gaulle à la petite semaine". Pour La République des Pyrénées, sous la plume de Jean-Marcel Bouguereau, "Sarkozy vient conforter la tactique estivale de l'UMP" consistant à "stigmatiser la ‘passivité’ de François Hollande". Daniel Ruiz, dans les colonnes de La Montagne, estime surtout qu'il "énonce une contre-vérité lorsqu'il affirme que la situation en Syrie est comparable à celle qui avait conduit à la chute de Kadhafi à Syrte"."
"Une influence désormais réduite"
"Sarkozy relève d'ailleurs des ‘similitudes’ entre les deux crises, "mais il omet les différences", insiste dans Le Courrier Picard Didier Louis, qui fait le distinguo "entre deux dictateurs : l'un, Kadhafi, essoufflé et isolé ; l'autre, Al-Assad, loin d'être désarmé" et entre deux "contextes géo-politiques : le veto russe et chinois rend toute résolution impossible en Syrie, ce qui n'était pas le cas en Libye". Pour Daniel Ruiz, "sans doute cherche-t-il ainsi à faire oublier que s'il n'avait pas aussi outrageusement pris des libertés avec la résolution du Conseil de sécurité sur l'intervention en Libye, les Russes seraient aujourd'hui moins crispés sur la défense du boucher Assad".
Christophe Lucet observe d'ailleurs dans Sud-Ouest que "l'ex-président se garde d'ailleurs de parler d'action armée" et "sait que, si son avis compte, son influence est désormais réduite". "A l'Elysée, il faisait dans l'hyper-présidence ; le voici reconverti dans la diplomatie parallèle" mais, "en réalité, tout ceci ressemble fort à de la gesticulation, dont la Syrie ne serait qu'un objet annexe: Sarkozy ne veut-il pas d'abord se rappeler au souvenir des Français... et à celui de l'UMP ?", demande perfidement Patrick Fluckiger dans L'Alsace.
Ces réserves émises par la presse font suite aux réactions virulentes du Parti socialiste. Mercredi, Martine Aubry avait accusé l'UMP et Nicolas Sarkozy de tenir des propos "irresponsables". Ce jeudi, c'est au tour de Laurent Fabius de s'étonner que M. Sarkozy "souhaite susciter une polémique sur un sujet aussi grave, alors qu'on attendrait autre chose de la part d'un ancien président".










