Sous Charles de Gaulle (1958-1969) et son successeur Georges Pompidou (1969-1974), la conférence de presse a des allures de grand messe empreinte de solennité, et donne rarement lieu à des annonces. Elle se tient dans la salle des fêtes de l'Elysée ou à Matignon, en présence des membres du gouvernement. Le président est assis derrière un bureau face à un parterre de journalistes.
La conférence de presse du 22 septembre 1969 est demeurée célèbre par la citation du poète Paul Eluard que Georges Pompidou fit en réponse à une question sur le suicide d'une enseignante, Gabrielle Russier, condamnée pour avoir eu une liaison avec un élève, et qui bouleversait les codes de l'exercice: "Comprenne qui voudra, mon remords ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts, qui sont morts pour être aimés".
Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) adopte un style moins solennel et apparaît, deux mois après son élection, debout derrière un pupitre. Le 25 juillet 1974, il assure, face à la presse, être "un traditionnaliste qui aime le changement" et déclare vouloir "élever le niveau de connaissance et de culture des Français". Le 21 novembre 1978, il tiendra une conférence de presse à la Maison de la radio, avant de revenir par la suite à un style plus traditionnel dans les salons de l'Elysée.
François Mitterrand (1981-1995) n'est pas un adepte des grandes conférences de presse et n'y a recours qu'à des moments clés de ses deux mandats. Le 4 avril 1984, devant 400 journalistes réunis au pavillon Gabriel, il intervient longuement sur les questions économiques et sociales, se faisant le défenseur d'une "croissance sociale". Durant l'invasion du Koweit par l'Irak et la première guerre du Golfe, de l'été 1990 au début 1991, il tient huit conférences de presse. Puis il renonce à l'exercice.
Jacques Chirac (1995-2007) renoue avec la tradition, dans le salon Napoléon III de l'Elysée, le 13 juin 1995, un mois après son élection. Debout devant un pupitre sur fond de drapeaux tricolore et européen, il annonce la reprise des essais nucléaires à Mururoa suspendus par son prédécesseur François Mitterrand.
Nicolas Sarkozy (2007-2012) tient sa première grande conférence de presse à l'Elysée le 8 janvier 2008, huit mois après son élection. Debout derrière un pupitre, il répond sur de multiples sujets, aussi bien sociaux et internationaux que sur sa vie privée. Il déclare notamment souhaiter la fin des 35 heures et affirme qu'avec Carla Bruni, "c'est du sérieux". Il se pliera à nouveau, à trois reprises, en 2009 et 2011, à cet exercice.










