MYTF1News : La CGT et FO manifestent contre l'accord sur l'emploi négocié par le MEDEF et les partenaires sociauxqui selon eux détricote le droit du travail ? Comprenez-vous leurs réticences à l'égard de ce texte ?
Noël Mamère : Je ne participerais pas à cette manifestation, je n'irais pas saluer les responsables syndicaux mais je comprends leurs réticences. L'idée de François Hollande d'organiser cette conférence était juste mais il semble qu'elle ait abouti à faire encore une fois plus de cadeaux aux patrons qu'aux salariés. D'autant que les vraies avancées pour les salariés ne sont pas figées car tout cela reste à négocier.
Si le futur texte de loi retranscrit à l'identique l'accord signé, voterez-vous contre ?
Non, je m'abstiendrai, comme je l'ai déjà annoncé aux syndicats que j'ai reçus.
Des voix à l'intérieur du gouvernement (Cécile Duflot) et à l'extérieur (Ségolène Royal) s'élèvent pour demander des mesures davantage en faveur de la croissance ? Vous aussi, estimez-vous que le gouvernement n'en fait pas assez pour la croissance ?
Je ne sais pas ce que veut dire la croissance. Si la croissance, c'est construire encore plus de voitures, plus d'autoroutes, plus d'aéroports, ce n'est pas comme ça que je la conçois. Les écologistes expliquent depuis longtemps qu'il y a une autre manière d'assurer notre prospérité, qui passe notamment par le grand plan d'isolation thermique des bâtiments, la recherche et l'innovation sur les énergies renouvelables ainsi que par l'efficacité énergétique. Mais il semble malheureusement que tout cela soit remis en cause aujourd'hui.
Jean-Luc Mélenchon a sous-entendu ce mardi matin sur RTL que le gouvernement n'était pas un vrai gouvernement de gauche assurant qu'il n'était pas à la hauteur de sa tâche. Comme lui, diriez-vous que le gouvernement ne mène pas une authentique politique de gauche ?
Jean-Luc Mélenchon n'est pas la variable d'ajustement de mes positionnements politiques. J'ai du respect pour lui mais je pense qu'il est de temps en temps excessif et souvent dans un jeu de rôle. En même temps, la politique menée par ce gouvernement de gauche ne respecte pas les engagements qu'il a pris devant les Français. Ça, c'est une réalité.
Au sein même du PS, la grogne monte. L'aile gauche est très critique vis-à-vis du gouvernement. L'un de ses membres, Emmanuel Maurel disait lundi dans le Figaro : "Si au bout de six mois, après avoir approuvé le plan "Merkozy", le pacte de compétitivité et l'accord emploi, on passe à l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, c'est fini". Est-ce qu'à Europe-Ecologie, vous partagez cette exaspération et n'est-il pas temps de poser sérieusement la question d'un départ des ministres écologistes ?
Cette question récurrente finit par devenir irritante. La majorité n'est pas une caserne. Ce n'est pas parce qu'on est critique et qu'on s'exprime, qu'il faut nous demander tous les matins si on va partir du gouvernement. La politique, c'est un rapport de force, et ce n'est pas à moi de décider de cela. C'est aux ministres, à nos parlementaires, à notre parti d'évaluer à partir de quel moment il y a plus de coups à prendre que d'avantage à participer à ce gouvernement. Mais personnellement, je fais partie de ceux qui s'interrogent et je ne suis pas tout seul.











