Alors que les partisans au projet se prépare à manifester à Paris, la ministre de la Justice s'exprime dans le JDD. "Le projet de loi donne simplement les mêmes droits et confère les mêmes devoirs aux couples homosexuels : les conditions du mariage sont inchangées", martèle Christiane Taubira. Dans le livret de famille, répète la garde des Sceaux, "rien (ne change) pour les couples hétérosexuels". En effet, dit-elle, "nous avons choisi de ne pas désexuer le livret de famille : y sera donc maintenue la référence au père et à la mère. Pour les couples homosexuels, les travaux sont en cours. Ce qui est certain, c'est que nous ne ferons pas comme aux Pays-Bas, nous ne retiendrons pas les termes de parent 1 ou parent 2". "Ce projet de réforme pour tous corrige une situation d'inégalité flagrante", assure Christian Taubira, qui dit entendre le trouble qu'il provoque.
"Je reconnais que cette question provoque un vaste débat", poursuit-elle, mais "notre démarche n'a rien d'hostile à la famille. Au contraire, nous prenons en compte une réalité sociale et humaine." "La France, rappelle-t-elle, tente de tracer depuis quarante ans une ligne de justice qui a fait progresser le statut des enfants. Ce texte va protéger les familles, toutes les familles. Ce texte protégera les droits des enfants." D'après le garde des Sceaux, "plusieurs milliers de familles homoparentales" ou des "centaines de milliers d'enfants vivant dans des familles homoparentales" pourraient être concernés par cette réforme.
A titre d'exemple, elle cite l'Espagne où "on a recensé plus de 12.800 mariages et 240 divorces depuis l'instauration du mariage de couples homosexuels en 2005". Dans cet entretien au JDD, la ministre écarte de nouveau tout recours au referendum sur une telle "question de société" et confirme que la procréation médicalement assistée (PMA) "n'a jamais été dans le projet de loi sur le mariage adopté en Conseil des ministres le 7 novembre" car elle "relève d'autres textes que le seul Code civil".










