Pour réduire la dette de la France, Martine Aubry a sa propre méthode. La candidate à la primaire socialiste pour la présidentielle détaille quelle serait, si elle était élue à l'Elysée, sa "règle d'or" pour réduire la dette et favoriser l'emploi, dans une tribune au Monde daté de samedi, où elle demande à Nicolas Sarkozy "des mesures" "dès maintenant et pour le budget 2012".
Selon elle, le chef d'Etat, en proposant d'inscrire dans la Constitution des règles de retour progressif à l'équilibre budgétaire, "cherche à faire oublier sa responsabilité" dans l'endettement de la France "qui aura doublé au cours des dix dernières années de gestion UMP". "La vérité est que la politique actuelle est une impasse (...) Les résultats en France sont mauvais parce que la politique est mauvaise. Il faut en changer", écrit la candidate à la primaire socialiste pour 2012. La maire de Lille entend donc sortir de la crise "par une croissance durable associée à une gestion sérieuse de l'argent public".
"Une pseudo-règle qui ne règle rien"
Concrètement, elle veut procéder "à une profonde réforme de la fiscalité" et en particulier "supprimer nombre de niches fiscales". Ainsi seront annulées "50 milliards de dépenses fiscales" "inefficaces économiquement et injustes socialement". Ces ressources seront allouées "pour moitié à la baisse du déficit et pour moitié" aux "priorités" que sont "l'emploi, l'école, la sécurité". Idem pour les "fruits de la croissance": 50% iront "pour le désendettement, 50% pour les investissements du futur", voilà ma 'règle d'or', celle que je suivrai (...) si je suis élue présidente", poursuit Mme Aubry. "C'est ainsi que je respecterai l'engagement européen de la France d'un retour de ses déficits en dessous de 3% en 2013", assure-t-elle.
A court terme, elle juge que Nicolas Sarkozy doit "prendre plusieurs décisions positives, et cela dès maintenant et pour le budget 2012". Il s'agit de "supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires" pour financer "un grand plan de création d'emplois pour les jeunes", "abaisser à 20% l'impôt sur les sociétés des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices et l'augmenter sur celles qui privilégient les dividendes" et "engager un premier train de réduction des niches fiscales". "Parce que la situation de notre pays est grave (...), je dis à M. Sarkozy de ne pas perdre de temps dans de faux débats sur une pseudo-règle qui ne règle rien", lance-t-elle. "Dans une démocratie, le débat avec l'opposition doit être naturel (...) Je fais aujourd'hui des propositions précises. Discutons-en, dans l'intérêt de notre pays !", demande Martine Aubry.
Enfin, Martine Aubry, a proposé sur France Info de se rendre à l'Elysée pour "débattre" avec Nicolas Sarkozy de ses propositions sur la crise. "Agissons, c'est ce qu'attendent les Français, c'est ce que je propose à notre pays de faire, et je suis prête à en débattre avec le président de la République", a déclaré Mme Aubry.
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