Nicolas Sarkozy et François Hollande/Images d'archives © AGENCE FRANCE PRESSEComme chaque année, dans le pavillon d'Armenonville, au bois de Boulogne, ministres, élus de droite et de gauche, ambassadeurs, dignitaires religieux et autres personnalités du monde artistique se presseront ce soir au dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Election présidentielle oblige, ce rendez-vous politico-mondain prend cette année une tournure très politique, puisque Nicolas Sarkozy, invité d'honneur, et qui y assiste pour la troisième fois, croisera François Hollande.
Sarkozy: "la France n'extrade pas ses nationaux, jamais"
Mercredi soir lors du dîner annuel du Crif, le chef de l'Etat a assuré qu'il n'accepterait pas l'extradition des deux Français présumés responsables de la mort d'une Israélienne. Mais ils seront traduits en justice en France, si la famille décidait de porter plainte.Crif.
Publié le 08/02/2012
Cette famille israélienne qui réclame justice à Sarkozy
La famille de Lee Zeitouni, jeune Israélienne tuée par des Français à Tel Aviv lors d'un accident de la circulation, est en France et compte interpeller Nicolas Sarkozy à l'occasion du dîner du Crif. Elle veut lui demander d'intervenir pour que justice soit rendue.
Publié le 07/02/2012
Les parents du soldat Gilad Shalit
Outre les deux rivaux à la présidentielle, le Premier ministre, François Fillon, est également annoncé parmi le millier de convives où figureront par ailleurs Monseigneur Jean Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, Gilles Bernheïm, le grand rabbin de France, et Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM). A noter également la venue des ambassadeurs du Maroc, d'Egypte, de Jordanie ou de Turquie. Autre invité de marque, le prix Nobel de chimie 2011, l'Isréalien Dan Shechtman, découvreur des quasi-cristaux.
Autres invités attendus au dîner du Crif, les parents du soldat Gilad Shalit, ex-otge à Gaza. Le jeune homme affaibli ne participera pas au dîner. Auparavant, Noaam et Aviva Shalit et leur fils ont été reçus ce mercredi à l'Elysée. "Quatre mois après avoir retrouvé la liberté, Gilad Shalit effectuait son premier déplacement hors d'Israël", fait valoir la présidence dans un communiqué. Le chef de l'Etat "a fait part à notre compatriote de son estime pour le courage exemplaire dont il a fait preuve durant plus de cinq années d'une captivité inique et inacceptable", ajoute-t-on de même source. Il a aussi félicité Noam et Aviva Shalit, "pour leur détermination et leur dignité face à l'épreuve et à l'angoisse".
Comme chaque année, le président du Crif, Richard Prasquier, qui présentera les principales lignes de son discours lors d'un point presse sur place à 18h30, prendra la parole, puis ce sera au tour du chef de l'Etat. Dans son discours, Richard Prasquier abordera "les thèmes préoccupants que sont l'apparition du populisme en Europe, la montée des nationalismes, de la xénophobie et la persistance d'un antisémitisme important". "Le nombre d'actes antisémites a baissé mais ils sont plus violents, tant en paroles que physiquement", a-t-il souligné, alors que 389 actes antisémites ont été relevés en 2011 en France contre 466 l'année précédente.
Au menu : la crise, les printemps arabes...
Le président du Crif évoquera "la place citoyenne" des juifs dans la société française (dont le nombre est estimé entre 5 et 600.000) et leur "attachement à la France". Le responsable communautaire prendra soin de répéter qu'il n'y a "pas de vote juif" en France. "Je ne donnerai aucune consigne de vote. S'il y a une sensibilité juive, elle doit s'écarter des extrêmes", a ajouté Richard Prasquier.
Autre incursion dans le débat politique: le président du Crif devrait déplorer la présence de Marine Le Pen vendredi dernier à un bal de l'extrême droite estudiantine en Autriche, au moment où la candidate du Front national à la présidentielle, pas encore assurée de participer à l'élection pour cause de signatures insuffisantes, dénonce "le système" et "le rêve", caressé par certains, de la voir absente le 22 avril prochain.
La crise en Europe, les "Printemps arabes", le Proche-Orient seront également largement évoqués. Le président du Crif rendra hommage à "l'énergie" du chef de l'Etat sur la scène européenne et à sa "lucidité" au sujet de l'Iran, dont il exige, avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre britannique, David Cameron, l'arrêt "immédiat" du programme nucléaire.
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