"C'est extrêmement grave. Cela pose vraiment le problème de la protection des données individuelles. C'est inacceptable dans un grand pays moderne". Le ton de Jean-François Copé donne la mesure de la colère au sein de l'UMP, visé par une opération de piratage des données professionnelles et privées de ses députés. Lors de la réunion à huis clos mercredi matin du bureau politique du parti majoritaire, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, qui a décidé de porter plainte contre X après ce piratage, a lu le message de revendication de ceux qui ont mis en ligne ces données, et qui ont voulu faire de cette action une manière de se venger du soutien du parti présidentiel à une politique violant à leurs yeux les libertés individuelles.
"A tous les gardés à vue, aux banlieues karchérisées, aux manifestants battus, aux journalistes espionnés, aux demandeurs d'asile ignorés et matraqués, aux Roms stigmatisés, à toutes les victimes de l'UMP... nous vous livrons leurs coordonnées. Oeil pour oeil, dent pour dent", déclarent-ils dans ce message.
"Il ne faut pas dramatiser"
A la suite de ce piratage, plusieurs responsables de l'UMP, dont son secrétaire général Jean-François Copé, ont reçu de nombreux appels, la plupart d'insultes, sur leurs téléphones portables. "Il ne faut pas dramatiser mais il ne faut pas laisser passer", a déclaré, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint du parti. Jean-François Copé a déjà annoncé qu'il changeait aussitôt de numéro de portable. Un certain nombre de députés UMP envisagent de faire de même, a-t-on indiqué dans l'entourage de Christian Jacob.
Pour sa part, la députée UMP des Alpes-Maritimes, Muriel Marland-Militello, a souligné dans une déclaration mise en ligne sur son site internet que "le vol des données personnelles des députés de la majorité et leur divulgation illégale sur internet rappellent l'urgence de mettre en place une régulation efficace sur internet". Et elle a rappelé avoir déposé en mai dernier une proposition de loi "pour renforcer l'efficience de la lutte contre les attaques informatiques", qui prévoit notamment un renforcement des sanctions pénales et la possibilité de suspendre la connexion internet pendant deux ans.
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