Comme toujours, c'est Jérome Cahuzac qui avait vendu la mèche, au quotidien Le Monde. Le ministre du Budget avait parlé de 4 milliards d'économies supplémentaires à trouver en 2014. Ce sera finalement plus que ça, 5 milliards, afin de tenir les promesses de réduction des déficits faites à Bruxelles. C'est par un communiqué vendredi matin que Matignon a donné le montant : Jean-Marc Ayrault demande aux ministres dans sa missive d'"identifier au total 5 milliards d'euros d'économies nouvelles en 2014". "Ce cadre confirme et conforte notre engagement de redressement des comptes publics, au service du redressement du pays", a-t-il affirmé. François Hollande a beau estimer que ces nouvelles économies sont un "effort que nous pouvons parfaitement consentir" sans passer par des mesures "d'austérité", c'est bien à une cure d'austérité que le gouvernement invite les Français.
Où le gouvernement va-t-il bien pouvoir trouver ces nouvelles économies alors qu'il affirme vouloir ne pas augmenter la pression fiscale ? On ne connaît pas encore le détail des secteurs concernés. Le nouvel effort demandé est pour le moment global et le stade de l'imputation mission par mission ou ministère par ministère interviendra après des discussions entre chaque ministre et le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac. Auparavant, les ministres devront proposer à Bercy des propositions d'économies d'ici fin mars.
L'été dernier, des face-à-face ont été rudes avec Jérome Cahuzac, pour des ministres tels que celles de l'Environnement, Delphine Batho ou du Logement Cécile Duflot, qui manifestaient leurs réticences à rogner encore dans leur budget. "On est déjà à l'os", est l'expression qui revient le plus souvent aux conseillers budgétaires des cabinets à qui l'on demande de trouver encore des économies.
Les agences d'Etat, 50 milliards d'euros par an
Ce qui est sûr, c'est que seront en particulier visées les agences de l'Etat, qui ont fait en septembre l'objet d'un rapport accablant de l'Inspection générale des finances (IGF). Il en dénonçait les effectifs pléthoriques et l'efficacité douteuse, ainsi que le coût : 50 milliards d'euros chaque année. Les baisses de subventions à ces opérateurs ont été souvent accompagnées de taxes qui leur étaient affectées, avec donc un effet nul en termes de finances publiques. "En 2014 nous allons demander d'abaisser d'environ 10% le plafond des taxes affectées aux opérateurs", a précisé Matignon à l'AFP. Quant aux dotations de l'Etat aux collectivités locales, elles baisseront de 1,5 milliards en 2014.
Dans le nouveau plan d'économies du gouvernement, tous les ministères devraient être concernés, même si les dépenses pour l'emploi restent la priorité des priorités. Au ministère de la Défense, place Beauvau mais également au ministère de la Justice, on se bat déjà pour que l'effort substantiel d'économies demandé sur les dépenses de fonctionnement, comme d'investissement, ne soit pas trop handicapant pour les personnels publics.











