Plan d'austérité : "rien n'est tabou, rien n'est abandonné"

le 04 septembre 2011 à 14h18 , mis à jour le 04 septembre 2011 à 21h28

Dossier : Élection présidentielle 2012

François Fillon s'est déclaré dimanche prêt à voir son plan de réduction des déficits publics amendé mais à condition que le volume global des efforts demandés et leur équilibre ne soient pas remis en cause.

L'annonce est pour le moins...contradictoire. "Rien n'est tabou et rien n'est abandonné", a dit dimanche en clôture des universités d'été à Marseille le premier ministre au sujet de son plan controversé de réduction des déficits.  "Le gouvernement est ouvert aux critiques et aux amendements, à condition qu'ils ne mettent pas en cause le volume des efforts ni leur équilibre." Est-ce à dire que Jean-Pierre Raffarin s'est avancé en affirmant que le chef de l'Etat lui avait assuré l'abandon de l'augmentation des taxes sur les parcs à thème ? En tout cas, l'ex premier ministre, au premier rang, n'a pipé mot en écoutant François Fillon.
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Qui n'a pas manqué de lui lancer une pique en faisant valoir que ce n'était pas en "empruntant les slogans de la gauche" que la majorité résoudrait les problèmes financiers du pays. Jean-Pierre Raffarin avait estimé que l'augmentation de 5,5% à 19,6% de la TVA sur les parc à thème était une "erreur sociale" qui pénaliserait "des gens qui ne partent pas forcément en vacances". Elle devait rapporter à l'Etat 90 millions d'euros, sur les 12 milliards prévus par le plan de rigueur de François Fillon en 2011 et 2012. La ministre du Budget, Valérie Pécresse, confiait samedi soir en marge de l'université d'été de l'UMP que des mesures de remplacement seraient étudiées dans le cadre du débat parlementaire. "Le temps est maintenant au débat parlementaire", a confirmé dimanche le Premier ministre. "La consommation, la compétitivité des entreprises et le pouvoir d'achat des plus modestes ne doivent pas être mis en cause par les ajustements qui seront proposés."
    
 
Nouvel appel aux socialistes à voter la règle d'or
 
Autre cheval de bataille du moment, l'appel aux socialistes à voter la règle d'or. François Fillon - et plus brièvement Jean-François Copé avant lui - a largement évoqué cette question. Le Parti socialiste doit accepter d'entrer dans une "discussion constructive" sur l'instauration de cette règle, a-t-il dit.  Alors que la perspective d'un vote du Parlement réuni en congrès est aujourd'hui compromise par le refus du PS de joindre ses voix à celles de la majorité de centre-droit, il a reconnu que l'approche de l'élection présidentielle de 2012 réduisait les chances de consensus. "Mais en matière de déficit, nous avons tous péché", a-t-il poursuivi. "Il ne serait donc pas indigne d'essayer ensemble de nous rattraper en laissant de côté, durant quelques semaines, nos divergences politiques."
 
A la demande du président Nicolas Sarkozy, François Fillon entame cette semaine des consultations avec des personnalités de tous bords pour tenter de sortir de l'impasse. "Le Parti socialiste prétend être conscient de la nécessité de réduire les déficits. Eh bien il faut qu'il le prouve", a dit le Premier ministre. "Que ceux qui veulent s'opposer ou s'abstenir se demandent en conscience si nous ne serons pas plus forts en répondant tous présents." En marge des universités, Claude Guéant a appelé de ses voeux "cette hypothèse que le Congrès puisse se réunir et puisse voter la règle d'or". "Il serait extrêmement important que le Congrès puisse se réunir et voter cette règle d'or", a répété l'ex secrétaire général de L'Elysée, en rappelant que "l'année prochaine, nous allons avoir une élection présidentielle et nous allons avoir des élections législatives".

François Fillon a également opposé ce discours "de vérité" et de raison, qui laisse peu de place au rêve, à celui d'une gauche accusée tout à la fois d'instrumentaliser les inquiétudes des Français, de miser sur leur pessimisme pour attirer les suffrages, et de nourrir l'illusion "mensongère" d'une "existence sans défi". "La gauche parie sur la peur et la déception. Eh bien je parie sur le sang-froid et la lucidité", a-t-il déclaré devant
plusieurs milliers de jeunes militants et cadres de l'UMP et son gouvernement presque au complet. "Fiers et lucides sur les défis et les contraintes qui pèsent sur notre propre avenir (...) exigez la vérité plutôt que les mirages, choisissez l'action plutôt que la commisération", a-t-il ajouté à l'adresse de son jeune auditoire.


"Sirènes trompeuses trompeuses d'un socialisme sans vision"
 
 
De son côté, Jean-François Copé s'est, encore une fois, voulu rassembleur, et surtout incisif vis-à-vis de la gauche, qui accueillait le même jour DSK à Paris. "2012 sera un rendez-vous historique. Ce n'est pas une élection parmi  d'autres. C'est un rendez-vous de la France avec son histoire et des Français avec leur conscience", a déclaré le secrétaire général de l'UMP dans son discours dans un discours aux accents de premier ministrable. "Acceptons-nous de poursuivre l'effort de modernisation porté par Nicolas Sarkozy ? Ou préférons-nous les sirènes trompeuses d'un socialisme sans vision ?", a-t-il dit. "Allons-nous renouer avec l'esprit de conquête qui a toujours fait rayonner la France ou serons-nous sensibles aux promesses sans envergure de ceux qui sont paralysés par la peur ?", a-t-il poursuivi en appelant à "l'engagement sans faille" des militants UMP pour "conduire cette nouvelle bataille" en 2012.
  
"Nicolas Sarkozy a besoin de chacun d'entre vous !", a-t-il encore dit, après la diffusion, très applaudie par les militants, d'un clip consacré au chef de l'Etat et à ses principaux discours et déplacements du quinquennat. "Merci Nicolas, nous sommes tous ici rassemblés pour toi et avec toi ! Tu peux compter sur nous", a lancé M. Copé en multipliant les appels à "l'unité" derrière le président de la République. Il s'en est pris aux candidats à la primaire socialiste, voyant en Martine Aubry "un mélange de dogmatisme dépassé et d'ambiguïté permanente" et en François Hollande "une alternance de blagues lourdes et de banalités". Mais, selon lui, "tous deux incarnent en fait la même gauche archaïque".

le 04 septembre 2011 à 14:18
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15 Commentaires

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  • moicontribuable, le 05/09/2011 à 12h48

    On entend "solidarite" partout, alors pourquoi le jour ou les impos augmentent pour certains, les aides sociales ne baissent elles pas pour les autres? Ne sont ils pas solidaires? Ah non, ca ne marche que dans un sens, ils ont meme vus 2 aides sociales augmenter! A aund une vrai solidarite ou tout le monde doit faire le meme effort face aux besoins du pays?

  • resyl77, le 05/09/2011 à 00h28

    Sur notre dos....

  • oricha, le 04/09/2011 à 21h09

    "Rien n'est tabou, rien n'est abandonné..." dans la limitation des dépenses également ? Je n'ai lu que des propositions sur la partie recette...(des taxes...)

  • bobotte71, le 04/09/2011 à 19h47

    Guilmor,7jours sur 7 vous plaisantez !!!

  • bobotte71, le 04/09/2011 à 19h46

    "Rien n'est tabou et rien n'est abandonné" donc qu'ils commencent par réduire tous les avantages que ces seigneurs s'octroient ainsi que leurs salaires !!!

  • dom145, le 04/09/2011 à 18h53

    L'arrivée de dsk relaye " la pâle copie de la rochelle" au second plan, voire loin derrière !!!

  • kosotto1, le 04/09/2011 à 17h26

    Robert.13 : l'idéologie aveugle non plus !

  • guilmor, le 04/09/2011 à 17h23

    Vous savez très bien qu'une majorité des journalistes sont de sensibilité de gauche, si ils travaillaient dans un journal, magazine, cela se comprendrait mais dans un journal télévisé d'info, nous aimerions plus d'impartialité plutôt que ce fameux décryptage sous le prisme de leur sensibilité.

  • robert.13, le 04/09/2011 à 16h27

    La BÉTISE n'est pas obligatoirement la meilleure conseillère.

  • robert.13, le 04/09/2011 à 16h26

    LA DÉCLARATION DU PREMIER MINISTRE EST CLAIRE "Le gouvernement est ouvert aux critiques et aux amendements, à condition qu'ils ne mettent pas en cause le volume des efforts ni leur équilibre." MAIS DANS L'ARTICLE CI DESSOUS VOUS DITES: "Est-ce à dire que Jean-Pierre Raffarin s'est avancé en affirmant que le chef de l'Etat lui avait assuré l'abandon de l'augmentation des taxes sur les parcs à thème ?" C'EST UN COMMENTAIRE RACOLEUR ET AUSSI UN MENSONGE. Le Premier Ministre n'a pas démenti les propose de Jean-Pierre Raffarin, il a seulement dit qu'il faut maintenir l'équilibre du montant à récupérer et donc, si on réduit d'un coté, il faut trouver une autre ressource et ce sera tout le contenu des débats à l'Assemblée Nationale durant la semaine prochaine et aussi lors du débat sur la Loi de Finance pour 2012.

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