© AFPTF1 News - François Hollande est ce mercredi à Bruxelles et va tenir un discours au congrès du SPD à Berlin la semaine prochaine. Que peut-il dire ? Dénonçant "des accords politiques concoctés sur un coin de table à Paris entre deux appareils politiques, dont le nôtre", l'élu de Saône-et-Loire refuse de réserver la deuxième circonscription du département à un candidat EELV. Quitte à être "exclu" de son propre parti. L'ex-patron du FMI est intervenu dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un "radeau sur le point de sombrer", en refusant de commenter ses propres déboires. L'ex-chef du FMI intervient ce lundi lors d'une conférence organisée par un géant chinois de l'internet - une première depuis l'affaire du Sofitel qui l'avait conduit à arrêter ses déplacements et interventions. Une manière de "se relancer à l'autre bout de la planète", comme le suggère Le Figaro ? Ils rêvent de porter l'habit présidentiel et de présider au destin de la France. A quelques mois de la présidentielle, passage en revue des candidats déjà déclarés ou... fortement probables. Le candidat socialiste passe deux jours au congrès du SPD où il s'exprime lundi matin. Sa parole est très attendue alors que la relation franco-allemande est cruciale pour sauver l'euro. Après le nouveau discours de Toulon du chef de l'Etat, François Hollande juge que "la parole de Sarkozy s'est épuisée". Le candidat PS à la présidentielle voit dans ce discours "un aveu d'échec et un constat d'impuissance". REVUE DE PRESSE - Même si l'Europe a été au coeur du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon, les éditorialistes y ont vu le lancement de la campagne présidentielle. Et malgré les dénégations de l'UMP, ils estiment que le chef de l'Etat a déjà endossé "la panoplie du parfait candidat". Pessimistes sur l'évolution de la situation du pays (pour 86% des sondés, les choses ont tendance à aller plus mal), les Français ne comptent guère sur le chef de l'Etat pour trouver des solutions, selon un sondage TNS-Sofres qui montre une cote de confiance de Nicolas Sarkozy en baisse. Après l'annonce d'un sommet sur l'emploi en janvier auquel Nicolas Sarkozy a invité jeudi les partenaires sociaux, les premières réactions syndicales sont mitigées. "On en a un peu marre d'être invité au coup par coup", se plaint la CFTC. La FSU craint de voir "le débat confisqué". Le chef de l'Etat a plaidé jeudi soir à Toulon pour une "refondation" de l'Europe, reposant sur la "discipline". Il a déclaré que "la France milite avec l'Allemagne pour un nouveau traité" pour l'Union européenne. Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi, lors de son discours sur la crise à Toulon, qu'il recevrait Angela Merkel lundi et qu'ils feraient des "propositions" communes sur l'Europe. Au programme : un renforcement de la gouvernance de la zone euro pour une plus grande discipline budgétaire. Trois ans après celui qu'il avait prononcé en pleine tourmente financière, le chef de l'Etat revient à Toulon pour un nouveau "grand discours" sur la crise et l'avenir de l'Europe à 18h30. Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé avait estimé qu'il y avait une "ambiguïté" et avait demandé "solennellement" à François Hollande d'en "sortir", après l'accord entre le PS et EELV. Le candidat PS s'est prononcé mercredi à Bruxelles contre une demande de l'Allemagne consistant à durcir la discipline budgétaire dans la zone euro en donnant le pouvoir à la Cour de justice européenne de poursuivre les pays trop laxistes. 47% des Français ne souhaitent ni la victoire de François Hollande ni celle de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, selon un sondage BVA. Le redressement de la cote du président sortant se confirme, en hausse de 6 points. Au coeur d'une nouvelle passe d'armes entre les écologistes et le PS sur l'accord liant les deux formations, le sénateur EELV Jean-Vincent Placé a appelé à l'apaisement à gauche mardi sur Europe 1. François Rebsamen, proche de François Hollande, lui demande de "parler autrement". "Depuis un mois, (François Hollande) pense que seule sa parole compte" : le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, un des négociateurs de l'accord avec le PS, a réagi de manière virulente lundi aux propos du candidat PS assurant qu'il n'appliquerait que les mesures "les plus essentielles" de l'accord. Proche de Dominique Strauss-Kahn, le député PS demande cependant au Sofitel de s'expliquer sur l'enquête d'un journaliste américain, qui affirme que l'ancien patron du FMI a été piégé à New York. Intervenant tour à tour devant les cadres de l'UMP réunis pour discuter de la mobilisation pour 2012, Jean-François Copé et François Fillon ont pilonné le programme du PS, jugé inadapté à cette période de crise. La première secrétaire du PS, réagissant aux attaques de l'UMP sur le programme socialiste et l'accord avec les Verts, déclare dans Le Journal du Dimanche que le PS rendra "coup pour coup", et assure n'avoir "rien cédé" aux écologistes. Une majorité de Français est pour un retrait d'Eva Joly de la campagne présidentielle, révèle un sondage BVA pour 20 Minutes. "Toute la proposition qui est la mienne c'est qu'après 2012, les forces qui se combattaient puissent gouverner ensemble", a déclaré mercredi François Bayrou en réponse à François Hollande qui en début de semaine a laissé ouverte à tous ceux qui le soutiendrait dans l'entre-deux-tours de la présidentielle.Vidéo
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Jean-Christophe Cambadélis : Ce n'est pas à moi de parler à la place de notre candidat François Hollande. Mais je constate que beaucoup de chemin a été fait depuis des mois entre le PS et le SPD. Je n'ai pas une grande habitude des congrès des partis politiques (sourires...) mais lorsque l'on donne la parole à François Hollande juste avant Sigmar Gabriel (chef du parti) pour la première fois dans l'histoire du SDP, c'est que pour le moins on estime intéressante la parole d'un socialiste français dans un congrès du SPD. C'est plus qu'un signe. Il y a au SPD des gens qui ne trouvent pas irréaliste ce que nous proposons.
TF1 News - Paris et Berlin travaillent à une nouvelle gouvernance pour sauver l'euro. Vous critiquez la stratégie de Nicolas Sarkozy. Mais que proposez-vous ?
Permettez-moi de revenir sur ma critique. Il ne me semble pas possible de négocier un traité portant atteinte à notre souveraineté budgétaire sans contrepartie des Allemands sur une modification des statuts de la BCE, à six mois d'une présidentielle. C'est à la fois négocier en situation de faiblesse et c'est faire de Madame Merkel le juge de paix du débat national français.
Il faut développer une orientation que Nicolas Sarkozy avait lui-même esquissée avant de renoncer. A savoir une politique qui soit complémentaire et pas fédérale sur le terrain budgétaire. A un moment donné, des pays pourraient faire des déficits pendant que d'autres pourraient faire des excédents.
Pour cela, il faut un gouvernement économique de l'Europe et pas un ministre de l'Economie d'un "Schengen budgétaire" de 4 ou 5 pays. Ensuite, il faut une BCE capable de racheter les dettes souveraines. Enfin, il faut travailler à des eurobonds, mais cela prendra plus de temps. Et tout ceci doit s'articuler autour d'une stratégie de croissance pour la zone euro et l'Europe.
Or de cela, on n'a rien. On a seulement Nicolas Sarkozy qui fait mine d'organiser ce qui lui est imposé par Madame Merkel, c'est-à-dire l'austérité continentale.
TF1 News - Mais il y a aujourd'hui urgence à trouver une solution...
C'est Nicolas Sarkozy qui s'est mis dans ce piège, qui a construit ce calendrier, c'est lui qui se fait le porte-voix de Madame Merkel dans ce domaine. Cela fait dix-huit mois qu'on est dans une stratégie de dérapage incontrôlé et que le directoire Sarkozy-Merkel a pris le pouvoir en Europe et développé une politique d'austérité qui rend la crise aujourd'hui ingérable. Et il faudrait maintenant que nous acceptions la comptine : "c'est la faute à pas de chance et alignez vous" ?
Est-on obligé de se faire hara-kiri parce que Merkel est dans le dogmatisme ? Si vous allez à la négociation avec un couteau sans lame en vous disant à la fin, c'est Merkel qui gagne, c'est la catastrophe annoncée... Il est incompréhensible que la France n'ait pas dans le même temps soutenu le dialogue avec l'Allemagne et appelé, discuté, rencontré les autres pays d'Europe qui n'acceptent pas la politique telle qu'elle est menée.
TF1 News - L'ancien ministre Hubert Védrine a jugé "troublante" sur RTL l'attitude de Berlin face à la crise de l'euro, partagez-vous son sentiment ?
Hubert Védrine est un vrai diplomate. Je dirai que, comme Monsieur Kohl, je ne comprends pas où va l'Allemagne et je ne sais pas où elle va. Je ne comprends pas ce que veut Merkel. Il y a des grandes voix qui s'élèvent pour dire : "nous courons à la catastrophe". Angela Merkel perd des élections régionales, le monde salarial ne supporte plus la politique de déflation salariale et les marchés commencent à attaquer l'Allemagne.
TF1 News - Mais Angela Merkel est au pouvoir au moins jusqu'en 2013... Comment la gauche peut-elle rétablir la confiance entre la France et l'Allemagne si elle arrivait au pouvoir ?
Angela Merkel se méfie de Nicolas Sarkozy car la première phase de son quinquennat fut "sans l'Allemagne" : l'Union Européenne pour la Méditerranée, les banques sauvées par la France et la Grande-Bretagne ou encore la politique vis-à-vis de la Géorgie... Pour surmonter cette méfiance, Nicolas Sarkozy a mis depuis plusieurs mois Angela Merkel à toutes les sauces sur le mode : « sauvez-moi ».
Il faut rétablir la confiance en disant clairement ce que l'on veut, pour que l'Allemagne dise ce qu'elle veut. Et que nous arrivions à un véritable compromis. D'autre part, il faut respecter la parole donnée. Les Allemands sont sourcilleux sur ce point car ils ont l'impression que les Français ne respectent pas leur parole. Donc il faut se montrer très clair sur ses engagements. Montrer du sérieux sur les moyens et de la fermeté pour le but.
TF1 News - Un mot de politique intérieure... L'accord Verts-PS ne plombe-t-il pas la campagne de François Hollande ?
Non. Dans une période de crise, par rapport à un président sortant, il faut montrer qu'il y a une majorité alternative possible. Sinon, les Français hésiteront à faire le pas. Au-delà des aléas qui sont pour moi secondaires, cet accord montre que les socialistes et les Verts pourront gouverner ensemble. Ils ont des désaccords, ils en auront, la belle affaire ! Ce n'est pas la première fois, ça nous est arrivé pendant la gauche plurielle. Ça ne nous a pas empêchés d'avoir un gouvernement avec Jospin plus qu'honorable.
Maintenant sous la Ve République, le président va au-delà de son propre camp. Donc il ne peut pas être prisonnier d'un accord politique. Evidemment, cette question ne se pose pas à l'UMP puisqu'ils n'ont pas de programme, ni à Bayrou puisqu'il ne s'accorde avec personne.
TF1 News - Mais François Hollande se fait pilonner à cause de cet accord...
La droite nous aurait pilonnés de toutes façons. Pour éviter que l'on parle de leur bilan, ils sont prêts à tout.
TF1 News - Et comment réagissez-vous aux attaques de Jean-Vincent Placé et de Jean-Luc Mélenchon contre François Hollande ?
Jean-Vincent Placé ne peut pas être plus sévère avec François Hollande qui exerce sa présidentialité qu'avec Eva Joly qui cherche à l'exercer. Mais je voudrais dire aux Verts et au Parti de Gauche : vous jouez le mauvais remake de 2002. Arrêtons la cour de récréation et hissons-nous à la hauteur des défis de l'Histoire. Je suis confiant, nous allons le faire ensemble !
TF1 News - François Hollande n'est-il pas un peu seul face aux attaques de la droite ? Que dites-vous aux socialistes ?
C'est le propre des vieilles troupes. Elles ne tremblent pas sous la mitraille et se mettent à marcher quand le général l'a décidé (rires).
TF1 News - Mais les élus sont peu mobilisés...
On est, en ce moment, dans une phase un peu particulière de désignation des candidats aux législatives, c'est un grand classique au PS. Mais ca n'empêche pas de monter au front, comme je le fais.
TF1 News - La bataille de 2012 va être dure selon vous ?
J'ai toujours pensé que le combat serait difficile. Car le rejet est grand dans le pays mais le trouble aussi. Et les Français sont perplexes sur la possibilité de faire autrement. Il faut être clair, il existe un autre chemin que l'impasse Sarkozy. Ne nous trompons pas, au-delà des mots sur le chômage, la crise ou la sécurité, Nicolas Sarkozy est dépassé : la gauche va s'imposer pour redresser le pays.
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