La décision de la région Ile-de-France, dirigée par le Parti socialiste, de choisir un centre d'appels téléphonique au Maroc pour remplacer une société opérant en France a suscité vendredi une protestation du gouvernement et une réaction de François Hollande. Tout en rejetant la "surenchère protectionniste", le chef de l'Etat a estimé à propos de cette affaire que tout devait être fait pour favoriser l'emploi en France. "Je demande à tous les responsables publics d'être très attentifs, chaque fois qu'il est possible, en fonction des règles (...) qu'il y ait un choix qui puisse être favorable au travail en France", a-t-il dit à la presse en marge d'un déplacement dans les Yvelines. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg est allé plus loin en demandant au président de la région, Jean-Paul Huchon, de revoir la décision.
Le président de la région Ile-de-France a annoncé vendredi après-mdii qu'il "étudiera toutes les voies légales possible" pour faire face à cette situation, après que le président François Hollande l'a appelé à la responsabilité.
Impossibilité juridique ?
Prise par une commission d'appels d'offres le 11 juillet et entérinée par le Syndicat des transports d'Ile-de-France, elle vise un centre d'appels destiné à informer chômeurs et titulaires des minima sociaux sur leurs droits aux transports. "J'ai dit à monsieur Jean-Paul Huchon, qui est le président de la région, qu'il était utile de reconsidérer la décision, en remettant l'appel d'offres sur le métier. Nous nous battons pour relocaliser des emplois, ce n'est pas pour accepter qu'on les délocalise", a dit Arnaud Montebourg sur Europe 1. Jean-Paul Huchon, président de la région depuis 1998, a répondu que l'appel d'offres avait été passé dans les formes légales imposées au plan européen, qui interdisent selon lui de faire de la localisation des emplois un critère de choix. "Donc on ne peut pas en termes juridiques, en termes de marchés, passer par un autre système. C'est le code des marchés, c'est la loi, je n'y peux rien", a-t-il dit sur France Bleu. Il explique avoir écrit à Arnaud Montebourg pour lui demander de modifier la loi et changer le code des marchés publics sur ce point.
L'ex-ministre UMP et élue régionale Valérie Pécresse a dit que l'UMP avait voté contre cette décision et a estimé que la gauche était prise en flagrant délit de contradiction. Il est possible, dit-elle, d'introduire dans l'appel d'offres des "critères sociaux suffisamment précis et exigeants pour privilégier les emplois localisés sur notre territoire". Le groupe UMP souhaite donc que le conseil régional revienne sur sa décision concernant ce marché.
Le prestataire choisi au Maroc est un groupement d'entreprises à direction française, explique-t-on dans les services de Jean-Paul Huchon. La société qui se verrait ainsi retirer le marché, Webhelp, parle de la suppression possible de 80 emplois à Fontenay-le-Comte (Vendée) et Saint-Avold (Moselle). Elle évoque un coût de 28 euros de l'heure en France pour un centre d'appels contre 14 au Maroc. Sur son site internet, elle présente des services de télémarketing, service client, recouvrement, pouvant être dispensés par des centres d'appel situés en France mais aussi au Maroc, en Algérie et en Roumanie.










