Pour les Français, la rigueur est bien là

Par TF1 News (D'après agence), le 15 mai 2010 à 09h47 , mis à jour le 15 mai 2010 à 09h54

François Fillon a beau s'en défendre, pour 64% des Français, la politique actuelle est "une politique de rigueur", alors que les cures d'austérité se multiplient en Europe. Mais les ministres sont-ils prêts à faire un effort financier ?

François FillonFrançois Fillon © www.abacapress.com

Les mesures d'austérité budgétaire s'étendent dans une Europe ébranlée par l'électrochoc de la crise grecque. L'Espagne et le Portugal viennent d'annoncer de rudes cures sous la pression des marchés et des poids lourds de la zone euro. Mercredi, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a annoncé une baisse des salaires des fonctionnaires, un gel de certaines retraites et la suppression d'une aide à la naissance de 2500 euros. Le Premier ministre portugais José Socrates a suivi en annonçant jeudi le relèvement d'un point de base des taux de TVA, la hausse des impôts sur le revenu des ménages et sur les bénéfices des grandes entreprises et une réduction de 5% des salaires des hommes politiques et des élus. L'Italie va devoir se serrer un peu plus la ceinture pour tenir ses objectifs de réduction du déficit. Le gouvernement planche sur un paquet de mesures prévoyant, selon la presse, un gel d'un an des salaires des fonctionnaires, une poursuite de la réduction des budgets des ministères ou un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale. Au Royaume-Uni, l'une des premières mesures prises par le nouveau Premier ministre, David Cameron, a également été de baisser de 5% les salaires des ministres.

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Plus d'infos

En France, François Fillon a prévenu la semaine dernière que les dépenses de l'Etat seraient gelées pendant trois ans, tout en se défendant de lancer un plan de "rigueur"... contrairement à ce que dénoncent opposition et syndicats. Qui les Français sont-ils disposés à croire ? Un sondage OpinionWay publié samedi dans Le Figaro donne un résultat sans ambigüité : soixante-quatre pour cent des Français ont le sentiment que la politique menée par le gouvernement de François Fillon est "une politique de rigueur". Cette impression est partagée aussi bien par la gauche qui a voté Ségolène Royal (68%), que par le centre qui a voté François Bayrou (62%), les sympathisants de Jean-Marie Le Pen (56%) et les électeurs de Nicolas Sarkozy (62%), au premier tour de la présidentielle, selon le quotidien. 35% pensent le contraire, d'après le sondage (1).

Pour ou contre la baisse... pour les ministres ?

Mais au Royaume-Uni et au Portugal, les cures d'austérité annoncées sont allées de pair avec des baisses de rémunérations des ministres. Quid de la France ? Le Journal du Dimanche a interrogé plusieurs membres du gouvernement, qui ont émis des avis partagés. Pour François Baroin, chargé du Budget, pas question de baisser : "la rémunération des ministres est moins élevée en France qu'à l'étranger. Elle est indexée sur les traitements de la Fonction publique, qui ne baissent pas chez nous, alors que d'autres pays les réduisent. Je me méfie des décisions démagogiques". Eric Woerth, chargé du Travail, est aussi contre : "Non, c'est une mesure qui accompagne la baisse du salaire des fonctionnaires au Portugal. En France, les ministres ont une rémunération d'agents publics. Si je devais baisser mon salaire cela voudrait dire que les salaires des agents publics baissent aussi, ce dont il n'est pas question". Et pour Georges Tron (Fonction publique), "il n'y a pas de raison de baisser le salaire des ministres en France puisque le salaire des fonctionnaires ne baisse pas".

Pour une baisse, en revanche : Christine Lagarde, la ministre de l'Economie. "Je préconise avant tout la réduction des dépenses des ministres. Ma rémunération a déjà diminué : il y a cinq ans bientôt, en qualité de ministre déléguée au Commerce extérieur, je gagnais un peu plus qu'aujourd'hui", souligne-t-elle. Avais partagé par Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) : "Si cette décision est collective, je l'accepterai. C'est une question de justice, au cas où nous devrions prendre des mesures contraignantes. De même, je suis favorable à une réforme de la retraite des députés et des ministres". Bruno Le Maire (Agriculture) avoue : "Cela ne me pose aucun problème si le Premier ministre et le Président le veulent. Cette décision doit leur revenir, ce n'est pas aux ministres de se prononcer". Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) approuve aussi, jugeant que "le temps de la solidarité est venu. Les Français attendent que les efforts soient justement répartis". Et pour Rama Yade, chargée des Sports, "il n'y aurait aucune raison de demander des efforts aux Français, sans que nous fassions de même".

(1) Etude réalisée en ligne, entre le 12 et le 14 mai, auprès d'un échantillon de 1007 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

Par TF1 News (D'après agence) le 15 mai 2010 à 09:47
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45 Commentaires

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  • goleador56, le 18/05/2010 à 18h58

    Oui les français commencent a comprendre qu'il s'agit d'une crise mondiale et que notre gouvernement s'en tire pas si mal par rapport aux autres.

  • goleador56, le 18/05/2010 à 18h55

    C'est comme si vous demandiez a une entreprise de baisser ses frais de representation. S'ils le font, donc effort des commerciaux qui font moins de deplacement, eh bien l'entreprise coule...

  • 22ju10ha, le 16/05/2010 à 17h02

    Et si les privilèges de ces hauts fonctionnaires diminuaient aussi!!!!! ils devraient donner l'exemple car la crise est pour tout le monde

  • tongji01, le 16/05/2010 à 13h10

    Alors la.c'est bien vu.Pompidou pensait pareil 2 ans apres son election.

  • tongji01, le 16/05/2010 à 13h08

    Bien vu.

  • tongji01, le 16/05/2010 à 13h06

    Vous voulez dire 1786.Soyons precis.

  • calimero33300, le 16/05/2010 à 00h12

    Il faut aussi que les frais de fonctionnement du gouvernement soit revus à la baisse .... mais là ! ! ! !

  • calimero33300, le 16/05/2010 à 00h10

    Oui, mais des patrons qui touche 900000 euros par an ne sont pas légion en France ! Quand on parle patron en France, en voit tous de suite patron de EDF, France télécom, Universal et compagnie, mais quand un patron crée une entreprise c'est à ces risque et péril ! ! Mais bien sur c'est plus évident de critiquer ! !

  • mar073, le 15/05/2010 à 21h29

    Pourquoi,vous y étiez?

  • anarogui, le 15/05/2010 à 19h29

    En 2000 le SMIC horaire était de 6.41 euros (42.02 Francs) aujourd'hui il est de 8.86 euros soit 38.22 % d'augmentation, si le salaire de votre employé a évolué au même rythme que le SMIC il gagne aujourd'hui un peu moin de 2100 euros, ce qui n'est pas tout mal vous en conviendrez ...

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