La crise du secteur automobile mobilise le débat politique avant la pause estivale. Et après l'annonce du plan d'aide mercredi, la droite dénonce le manque de courage du gouvernement, notamment en abordant pas le problème du « coût du travail ». Pour l'ancienne ministre du Budget, Valérie Pécresse, le plan gouvernemental "sera décevant s'il ne s'attaque pas au vrai sujet, qui est la baisse du coût du travail". "Faire l'impasse sur la baisse du coût du travail aujourd'hui, c'est criminel", a-t-elle insisté sur RTL. A propos du renforcement du bonus écologique pour les voitures "propres" prévu dans le plan ouvernemental, elle y a vu "une prolongation bienvenue de ce que nous avions lancé avec Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy".
Toutefois, a-t-elle ajouté, "il faudra certainement prolonger d'autres mesures des plans que nous avions lancés", citant les investissements d'avenir et les crédits impôt-recherche. Le PS, a-t-elle relevé au passage, a refusé à l'époque de voter ces mesures qu'"aujourd'hui, il se réapproprie". Valréie Pécresse en a profité pour accuser les socialistes d'être "schizophrènes" en s'alliant aux Verts qui veulent "dissuader les Français d'acheter des voitures individuelles".
"Baisser les coûts de production"
Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a lui suggéré que la "solidarité finance la formation professionnelle et l'activité partielle" dans le secteur automobile. Sur France 2, il a fait valoir que pour permettre à cette industrie de passer des baisses cycliques d'activité, il était nécessaire de préserver ses capacités de production. Jean-Louis Borloo a préconisé également une baisse du coût du travail, en soulignant qu'une petite voiture fabriquée en dehors de l'Hexagone coûtait "500 à 600 euros" de moins qu'en France.
Le député UMP et ancien secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, a insisté aussi sur la question de la compétitivité, estimant qu'elle devrait faire l'objet d'un "pacte" dans l'automobile, en raison de la concurrence mondiale exacerbée dans ce domaine. Un tel "pacte" doit s'articuler notamment autour de l'idée que "l'automobile soit le premier secteur à signer des accords de compétitivité. Il faut travailler davantage, il faut plus de souplesse dans le droit du travail", a-t-il souligné.
Mais pour M. Chatel, il faut aussi "faire baisser les coûts de production". "Il faut dire la vérité aux Français. (En Europe), il y a une dizaine de sites industriels automobile en trop, en surcapacité (...) Si nous ne voulons pas qu'il y ait un nouvel Aulnay derrière, il faut prendre des mesures radicales en matière de compétitivité", est-il revenu à la charge. Pour le vice-président du Front national, Florian Philippot, le plan gouvernemental de soutien à la filière automobile s'apparente à de la simple "communication". Le responsable du parti d'extrême droite a jugé sur BFMTV et RMC que le gouvernement "mentait aux Français" avec son plan automobile, et que ce n'était "que des mots".









