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Quand les Verts voient rouge : autopsie d'un clash à gauche


le 24 septembre 2012 à 07h11 , mis à jour le 24 septembre 2012 à 09h43.
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PolitiqueREVUE DE PRESSE - Après le rejet du traité budgétaire européen par les instances de leur parti, ministres et parlementaires écologistes sont dans une situation compliquée. François Hollande aussi. Les éditorialistes décortiquent ce "concept politique inédit : la participation sans soutien à la majorité".

Le Figaro (Paul-Henri du Limbert)
 "(...) La bronca écologiste (...) pose au moins deux problèmes. Le premier touche à la crédibilité de la France à l'heure où la crise impose aux pouvoirs en place de présenter un front uni, et donc exempt de fausses notes. Vu des autres capitales européennes, le psychodrame PSVerts donnera inévitablement l'impression qu'à Paris le redressement des finances publiques ne va pas de soi et qu'il peut être remis en question à tout moment. Si la politique de François Hollande est contestée dans son propre camp, que valent ses engagements et parviendra-t-il à les tenir ? Par ailleurs, il n'échappera à personne qu'en s'opposant ainsi au traité européen, les écologistes défient François Hollande sur un terrain sensible, celui de l'autorité. Le chef de l'État ne peut accepter que la majorité soit une aimable pétaudière où chacun peut dire ce qu'il pense et agir à sa guise."
 
La République du Centre (Jacques Camus)
 "(...) Le parti écolo, bien ingrat envers Hollande, a dit n'avoir que faire de la présence de deux ministres au gouvernement et d'un groupe à l'Assemblée. Il y aurait donc à distinguer entre la tambouille électorale et le débat d'idées. Difficile d'être plus incohérent, comme l'a souligné Daniel Cohn-Bendit, pendant que Cécile Duflot, ministre muselée, était restée samedi dans sa cuisine. Mais il y a pire, encore, avec les divergences au sein du PS. Certains prétendent apporter un 'non de soutien' à François Hollande pour qu'il obtienne plus. D'autres estiment qu'un 'oui de résistance' aurait plus d'effet. Le 'soutien massif' imploré par Jean-Marc Ayrault n'empêchera pas l'opposition de se moquer. Moralité : le traité sera voté avec la droite, qui dira 'oui' à l'Europe et 'non' à Hollande. Vous avez compris?"
 
L'Alsace-Le Pays (Francis Laffon)
 "(...) Un Vert, ça va! Deux verts au gouvernement (Cécile Duflot et Pascal Canfin), cela peut encore aller sans trop de conflits. Mais au-delà, bonjour les dégâts: les écologistes jouent avec leurs propres nerfs et ceux de leurs alliés. Boire - le cocktail toujours amer du compromis - ou se faire reconduire hors du pouvoir, il faudra pourtant choisir tôt ou tard. (...) Mais la plaidoirie a du mal à convaincre tout le monde, y compris dans les rangs du PS, où la sensibilité 'noniste' existe également. L'ensemble soumis aux parlementaires sera néanmoins adopté, puisqu'une partie de la droite votera pour. Mais ce nouvel épisode tumultueux n'arrange rien pour François Hollande, dont la popularité est en forte baisse. Les ennuis viennent en paquets. Pas seulement européens."
 
La Charente Libre (Dominique Garraud)
 "(...) Les écolos d'EELV ont réussi ce week-end le tour de force d'inventer un concept politique inédit, celui de la participation sans soutien à la majorité. (...) Comment justifier, sinon par 'l'incohérence' dénoncée par Cohn-Bendit, le fait que les Verts passent par pertes et profit la solidarité gouvernementale ô combien nécessaire alors que François Hollande traverse un sérieux coup de froid dans les sondages de popularité? (...) Sauvés de la bérézina législative par leur accord avec le PS après la performance calamiteuse d'Eva Joly à la présidentielle, les Verts veulent être à la fois dans le gouvernement et en dehors à l'image d'une Cécile Duflot peu encline à abandonner son maroquin et mutique comme jamais sur le TSCG. Les écologistes font le pari que François Hollande ne peut pas s'offrir une crise gouvernementale si tôt dans son quinquennat et sur une question sensible qui divise jusqu'au sein du PS. Conjoncturellement, ils n'ont pas forcément tort. Sauf qu'à trop tirer sur la corde..."
 
Midi Libre (Jean-Michel Servant)
 "(...) À 67 ans, Daniel Cohn-Bendit retire ses billes d'Europe Écologie-Les Verts. Usé, dépité, fatigué de rattraper sans cesse les bourdes politiques de ses ex-amis écolos. Lui, le vieil anar, rompu aux coups de matraques et aux attaques antisémites, jette l'éponge face à l'incohérence d'un parti qu'il avait arrimé, vaille que vaille, à l'Europe. Un beau gâchis. L'idée de tout envoyer bouler lui avait déjà traversé l'esprit durant la campagne présidentielle. Devant la multiplication des gaffes d'Eva Joly, il s'était mordu la langue, avait souri aux photographes, fait semblant d'ignorer le désastre. Ce n'était pas le moment d'abandonner le navire. Enfin libre, l'enfant terrible de Mai 68 va désormais profiter à plein temps de sa maison de Claret, au pied du pic Saint-Loup. Et de ses nouvelles fonctions de président du FC Gutesding, un petit club de foot amateur de Francfort, où l'on parlera de la pluie et du beau temps. Mais surtout pas des stratégies fumeuses de ces incorrigibles 'Grünen' français."
 
L'Union/L'Ardennais (Hervé Chabaud)
 "(...) ça tangue à gauche et même si les députés et les sénateurs écologistes ne sont pas tenus de voter comme leur mouvement le recommande, le chef de l'État est agacé. Il mesure le risque d'être fragilisé devant ses partenaires parce que sa majorité n'est pas unanime sur un dossier essentiel à la préservation de l'euro et à la relance de l'Union européenne. Même si Daniel Cohn-Bendit fustige les psychorigides de sa famille d'idées dont par prudence il se met en retrait, le Président mesure les dégâts que la gauche de la gauche provoque à force de parasiter ou de tacler ses choix et ses postures. (....) François Hollande qui veut être jugé sur ses résultats plutôt que sur des sondages et les ruades de Verts complexés par le rose dominant, se doit à la fois de maintenir le cap et de faire diversion."
 
L'Eclair des Pyrénées (Patrice Carmouze)
 "(...) Au-delà de cet affrontement et des conséquences qu'il devrait avoir, voilà une fois de plus la preuve que cette gauche qui se rassemble sur et pour des intérêts électoraux, (les Verts comme le Front de Gauche ont voté Hollande sans rechigner) est totalement divisée sur le fond. On le pressentait déjà avec les écologistes sur le nucléaire ; on le verra dans les mois qui viennent sur le gaz de schiste ou sur l'agriculture. En réalité, les Verts sont condamnés ou à avaler leur chapeau ou à sortir de la majorité. Hier soir, on était sans nouvelle des deux ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin, qui, n'écoutant qu'un courage qui ne leur disait rien, ont brillé par leur absence à la réunion du Conseil fédéral de leur mouvement."
 
La République des Pyrénées (Jean-Michel Helvig)
 "S'ils n'avaient pas deux ministres et des groupes parlementaires, on pourrait tenir les contorsions écologistes sur le traité européen comme un prurit post-gauchiste ne prêtant guère à conséquences. Mais leurs positions institutionnelles acquises - du moins concédées par le PS en échange d'une alliance majoritaire - les placent en situation de responsabilité par rapport au président de la République et au gouvernement. Leur décision de voter 'non' à la ratification du traité, prise à une large majorité par le comité fédéral d'Europe-Ecologie-Les Verts, est une vraie entorse à la solidarité gouvernementale minimale. Car s'il est naturel que chaque formation garde son originalité au sein d'une alliance parlementaire, cela est plus problématique quand on se distingue sur une question essentielle : la politique européenne. En effet aucun secteur de la politique gouvernementale n'est aujourd'hui indépendant des règles communautaires. Si l'on n'est pas d'accord avec une orientation du président de la République touchant à l'avenir européen, la logique voudrait que l'on démissionne du gouvernement."

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  • tosoko1 : Restez dans votre ignorance.

    Le 24/09/2012 à 19h00
  • axioma3 : "Une aimable pétaudière", écrit le journaliste, voilà qui convient comme un gant à cette majorité. Reste à savoir si le Président normal va siffler la fin d'une récréation qui n'a que trop duré !

    Le 24/09/2012 à 14h50
  • vansterarful : Ils ne sont pas mûrs, les verts ! il faut qu'ils quittent le gouvernement...et cela fera quelques économies

    Le 24/09/2012 à 13h23
  • nebuleuse57 : La majorité des verts sont pour mélanchon,ils oublient que c'est grasse au PS qu'ils ont un groupe à l'assemblée,et 2 ministres,quel beau remerciement !!

    Le 24/09/2012 à 11h18
  • jlp51fugo : L'incohérence des Verts qui veulent faire partie du gouvernement sans voter les textes de lois au parlement montre bien que leur morale politique n'est pas celle de la majorité des Français.

    Le 24/09/2012 à 09h40
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