Que retenir du troisième débat PS, à trois jours du vote ?

Par , le 06 octobre 2011 à 07h10 , mis à jour le 06 octobre 2011 à 20h07

Dossier : PS : dossier sur le Parti socialiste

François Hollande et Martine Aubry ont montré mercredi soir sur BFM TV ce qui pourrait être leur duel de second tour. Les autres candidats ont voulu marquer leurs différences.

[Expiré] débat primaire PS © AFP

La question

Les candidats à la primaire PS : en haut, Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Arnaud Montebourg ; en bas, Ségolène Royal, François Hollande, Manuel Valls

Primaire PS : allez-vous voter dimanche ?

Oui
Non

 
Un quatrième débat aurait été de trop mais ce troisième fut encore utile pour mieux cerner la stratégie des candidats à la primaire et surtout leur personnalité. Si "chacun est resté dans son couloir", pour reprendre l'expression chère à Manuel Valls, les échanges ont fait tout de même apparaître encore plus clairement la réalité de cette fin de campagne. Pour François Hollande, la réalité fut celle d'un favori déterminé à ne pas prendre trop de coups, à ne pas "s'abîmer" comme il le dit quasi quotidiennement. Ainsi juste après le débat remercia-t-il ses amis compétiteurs de ne "pas avoir fait dégénérer ce dernier débat". 
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    <b>Portrait - </b>Député-maire d'Evry, cet ex-proche de Ségolène Royal à Reims a été le premier à déclarer sa candidature à la primaire socialiste, en juin 2009. Soutien de DSK, il a réactivé sa candidature en juin après la mise hors jeu de celui-ci.

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  • Arnaud Montebourg : portrait d'un outsider qui monte

    Le 9 octobre, ce sera le premier tour de la primaire socialiste. Chaque jour, nous faisons le portrait de l'un des 6 candidats. Ce soir, place à Arnaud Montebourg qui a su s'imposer parmi les têtes d'affiche.

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Déjà (trop tôt ?) la tête dans la bataille rêvée contre Nicolas Sarkozy, le député de Corrèze est apparu donc prudent, détaché mais toujours rassembleur tout au long de la soirée. "Oui, j'ai voté le projet socialiste comme nous tous et je suis lié par cet engagement". Dès le début de l'émission François Hollande évita de commettre l'erreur de Lionel Jospin en 2002 en n'oubliant pas son étiquette socialiste et en assumant le programme du PS. Mais sans émettre de nouvelles propositions et en utilisant habilement les silences, il n'a cherché qu'à confirmer sa stature de présidentiable, en répétant qu'il "avait fait un choix, celui de la jeunesse et de son avenir". 


"Une gauche molle" ?
 
Face au ton rassembleur et serein de François Hollande, Martine Aubry est apparue plus offensive, cherchant, sans paraître agressive, à montrer un caractère et une solidité capable de faire la différence entre-les-deux tours. Car la maire de Lille n'a pas jeté toutes ses forces dans la rencontre de mercredi soir. Persuadée depuis quelques jours que François Hollande n'a pas assez creusé l'écart pour faire plus de 50% dimanche, elle prépare en réalité discrètement mais activement son second tour et principalement le duel télévisé de mercredi prochain.

Les quelques "accrochages" Aubry-Hollande durant les trois débats ont éclairé sa méthode : pousser son rival dans ses retranchements, aussi bien sur le contenu de son projet que sur sa détermination à réellement changer les choses une fois la gauche arrivée au pouvoir. "On ne pourra pas battre une droite dure avec une gauche molle", a lancé Martine Aubry alors qu'on lui demandait d'expliquer ce qui la différenciait de François Hollande. Une formule qui résume les critiques du camp Aubry contre celui qui présenterait déjà, selon ses adversaires, le risque d'une "balladurisation" comme l'attaque déjà l'UMP, le risque d'une candidature sans relief et sans force  face à un Sarkozy très affaibli mais toujours redoutable lorsqu'il enfile le costume de candidat. 
 
"Ca coûte combien ?"
 

Sur l'éducation, François Hollande a confirmé son souhait de créer 60 000 postes sur cinq ans pour compenser ceux supprimés sous la mandature Sarkozy. "Ca coûte combien ?" a demandé Martine Aubry au député de Corréze, l'interpellant courtoisement mais très directement. Avec cet échange, l'on a vu une répétition de ce qui pourrait être leur débat d''entre-deux-tours. "Martine n'est pas allée jusqu'au bout de ses demandes de clarification programmatique mais elle a commencé à lui faire sentir la réalité d'un face-à-face d'une heure trente, souriait mercredi soir l'un des soutiens de la maire de Lille. Ce sera alors personnalité contre personnalité". 

Pour Ségolène Royal, l'enjeu de mercredi soir était différent et le contrat fut rempli, la présidente de la région Poitou-Charentes réalisant son meilleur débat des trois. Bien à l'aise d'emblée, l'ex-candidate trouva le ton juste pour se différencier de ses challengers Montebourg et Valls, et éviter une relégation en quatrième position dimanche prochain. Assumant sans fard sa ligne dure contre la finance et les grands groupes bénéficiaires qui licencient, l'ex-candidate a confirmé son positionnement dirigiste en matière économique, rejoignant ainsi le député héraut de la démondialisation. Sur la question des banlieues qui fut pour une fois  réellement abordée dans ce débat, Ségolène Royal est apparue, avec Manuel Valls, comme la plus en prise avec ces territoires, détaillant des propositions qui tranchaient avec une impression de flou général. "Ségo était en forme ce soir, et ce sera dur pour Montebourg de lui arracher la troisième marche du podium", confiait après le débat un soutien de Martine Aubry.

Très à l'aise lors des deux premiers débats et acteurs clés de cette campagne de la première primaire ouverte, Manuel Valls et Arnaud Montebourg ont poursuivi mercredi soir leur numéro de différenciation d'avec le PS modéré de François Hollande ou Martine Aubry. Plusieurs fois, Manuel Valls a rappelé son engagement à gauche, pour faire mentir les accusations de droitisation lancées contre lui par l'aile gauche du parti. Mais il a parallèlement continué à camper son personnage pour la suite, "l'homme qui dit la vérité aux Français" sans se soucier des dogmes d'une gauche qui aurait, selon lui, les yeux trop tournés vers le passé. 
 
Un débat public modernisé
 
Arnaud Montebourg, lui, a persévéré dans son explication d'un monde nouveau à construire, celui d'une démondialisation qui mettrait l'économie au service de l'homme et non l'inverse. Le député de Saône-et-Loire est apparu moins flamboyant que lors du deuxième débat mais a tout de même soulevé l'intérêt de tous ses rivaux lorsqu'il aborda la nécessité d'une nouvelle politique du médicament ainsi que les questions d'installation des médecins généralistes en zones rurales. Sa gauche volontariste et étatiste aura gagné en audience durant cette primaire PS, marchant sur les plates-bandes de Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon qui aura dû rester discret tout au long de la compétition interne. Se présenter à la primaire s'est révélé comme un formidable booster de notoriété pour une nouvelle génération de responsables politiques.

Si, comme le souligna le radical Jean-Michel Baylet, tous les grands sujets n'ont pu être abordés dans les trois débats de la primaire PS, ces soirées télévisées restent un incontestable succès pour les socialistes français. Rassemblant à chaque fois plusieurs millions de téléspectateurs, les six candidats ont su, par leur ton direct et leurs échanges sur le fond, donner de l'air frais à la politique et montrer un débat public modernisé. On ne sait pas combien de Français se déplaceront pour voter dimanche prochain mais quel que soit le vainqueur dans deux semaines, le candidat(e) pourra déjà s'avancer dans la bataille contre la droite avec une longueur d'avance sur la légitimité politique. Personne n'aurait parié là-dessus il y a encore un an. Et la droite sera donc contrainte d'organiser sa primaire ouverte en 2017. La vie politique française a changé. 

Par Renaud Pila le 06 octobre 2011 à 07:10
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77 Commentaires

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  • moicontribuable, le 07/10/2011 à 10h15

    Si vous ne voulez pas des electeurs de droite, etes vous pret a arreter de leur voler leur argent pour financer vos idees et vos assistes chroniques?

  • kosotto1, le 06/10/2011 à 21h36

    Chriswaddle : La France investit 14% de moins que la moyenne des pays de l'OCDE dans son école. C'est ce que souligne "Regards sur l'éducation", l'étude annuelle de l'organisation internationale. Ces chiffres attestant d'une tendance lourde constatée depuis plusieurs années contredisent les allégations du ministre de l'Education nationale sur « les efforts jamais consentis jusque-là » par la France. En outre, le document révèle qu'entre 2000 et 2008, les dépenses par élève ont augmenté dans l'OCDE en moyenne de 34 % alors qu'en France, en Italie et en Allemagne, la hausse n'aura été que de 7%. Par ailleurs, la part du PIB consacrée par la France à l'éducation a diminué de 0,3% entre 2000 et 2008 alors qu'elle a partout progressé au moins au même rythme que le PIB. Entre 1995 et 2009, la part de l'éducation dans les budgets publics est passée en moyenne de 11,8% à 12,9% : elle est passée en France de 11,5% à 10,6%. Du coup, dans l'Hexagone la dépense d'éducation par élève du primaire s'élève à 6 267 $ (4 577 ?) quand la moyenne de l'OCDE s'établit à 7 153$ (5 225 ?).

  • sambrest, le 06/10/2011 à 20h47

    Si on est 4 millions, c'est au revoir Nicolas Sarkozy direct!

  • guilmor, le 06/10/2011 à 20h19

    Et que de mensonge ; car si vous adhérez au propos de Monsieur Hollande 2,5 milliards pour 60 000 (5x12 000 à 500 000 millions par ans pour 12 000) il faut que vous retourniez à l'école.

  • chriswaddle13, le 06/10/2011 à 20h19

    @sambrest, faux et archi faux! Le nombre de professeur par élève n'a jamais été aussi élevé! Le problème c'est qu'entre le droit de faire du syndicalisme et l'absentéisme, les cours ne sont effectivement pas donnés. Mais qu'on arrête de dire que le nombre d'enseignants diminue. Qu'on regarde plutôt ce que les syndicats de profs/enseignants font avec ces budgets pharaoniques! Certains seraient vraiment surpris... Merci de me publier.

  • samain87, le 06/10/2011 à 18h31

    Entièrement d'accord, ça va être beau !

  • dom145, le 06/10/2011 à 17h36

    Le ps a donné une grande leçon de démocratie à l'ensemble de la classe politique, et toutes les critiques n'arriveront pas à la hauteur de l'intérêt qu'ont suscité ces débâts; et la preuve sera le nombre de votants dimanche, dont je souhaite qu'il soit supérieur à 4 millions; ce qui donnerait au ps, un soutien très fort, et un vrai espoir pour 2012 !!!

  • anti-kosotto1, le 06/10/2011 à 17h36

    J'aime pas.

  • sambrest, le 06/10/2011 à 17h22

    Tout cela a quand même plus de 50 ans, ne peut on pas évoluer un peu?

  • courlis17, le 06/10/2011 à 17h12

    Simplement une bande d'irresponsables.

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