Montebourg fait durer le suspense : consigne ou indication ?

Par , le 13 octobre 2011 à 14h36 , mis à jour le 13 octobre 2011 à 18h18

Dossier : PS : dossier sur le Parti socialiste

Le député de Saône-et-Loire fait monter les enchères pour un éventuel ralliement. Ses proches donnent des signaux contradictoires.

Arnaud MontebourgArnaud Montebourg/Image d'archives - février 2011 © ABACA

La politique a parfois des subtilités mystérieuses, surtout dans une primaire entre dirigeants qui se sont tant aimés, détestés puis rabibochés plusieurs fois en une décennie compliquée. Et comme toujours dans une élection à deux tours, au premier on choisit, au deuxième on élimine. Que va donc faire Arnaud Montebourg dans ce contexte paradoxalement rendu plus compliqué par son très beau succès du premier tour ? Va-t-il se prononcer pour Martine Aubry, pour François Hollande ou rester neutre d'ici dimanche ? « Il a des problèmes de riches, sourit un dirigeant socialiste. Il hésite et comme toujours dans un cas comme ça, la stratégie d'avenir va plus compter que les idées ».

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Plus d'infos

 
Le député de Saône-et-Loire a désormais entre les mains les deux réponses à la lettre de clarification qu'il avait envoyée dès lundi aux deux finalistes de la primaire. Dans la matinée, il devait réunir ses amis pour décider collectivement d'une attitude à adopter pour le second tour. Ainsi, en milieu de journée, une première réponse est venue du camp Montebourg. Le troisième homme de la primaire "ne donnera pas de consigne formelle de vote", notamment "parce qu'il n'est pas propriétaire de ses électeurs" et parce que "ce n'est pas sa conception de la politique dans la VIe république" qu'il propose, a affirmé à l'AFP son porte-parole Géraud Guibert. Avec cette attitude, il veut montrer une image de modernité politique.
 
Mais il faut bien lire les propos de ce proche car tout est dans le « formelle ». En effet, il poursuit en affirmant qu'Arnaud Montebourg "ira voter dimanche. Son choix, il lui appartient de savoir s'il le rendra public" ou non, a-t-il ajouté. "Personne n'en sait rien. Personne ne peut lui voler cette liberté", a-t-il dit. Interrogé mardi sur ce qu'il déciderait de faire lorsqu'il aurait reçu les réponses aux questions qu'il posait aux finalistes, François Hollande et Martine Aubry, il avait assuré qu'il ferait "certainement un choix". Il avait dit aussi : "Je prendrai mes responsabilités", "je suis un dirigeant politique, je suis capable de faire des choix et je ferai certainement un choix". Mercredi soir, peu avant le débat télévisé des deux finalistes, il avait fait savoir qu'il n'avait "pris aucune décision étant donné que d'une part le débat n'avait pas encore eu lieu et que d'autre part aucun des deux candidats n'avait à ce moment là répondu à sa lettre".
 
Ailier gauche ?
 
En réalité, contredisant la déclaration de son porte-parole à l'AFP, Arnaud Montebourg a fait savoir en début d'après-midi qu'il ne ne se prononcerait qu'une fois achevée la consultation avec les deux candidats. Ses inimitiés personnelles et politiques avec eux sont autant d'entraves à une possible entente. En 2007, lors de la campagne présidentielle, Ségolène Royal avait suspendu temporairement Arnaud Montebourg de ses fonctions de porte-parole après qu'il eut déclaré : "Le principal défaut de Ségolène Royal, c'est son compagnon". En l'occurrence François Hollande, qui avait rejeté son concept de "VIe république" lors du congrès du PS de 2005. A Martine Aubry, avec laquelle les points de convergence idéologiques sont plus manifestes, il reproche les dérives de l'affaire Guérini. Auteur d'un rapport sur la question, il a critiqué les atermoiements de la direction du PS face à la gestion "mafieuse" de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône par Jean-Noël Guérini, mis en examen début septembre. Le ton entre les camps Aubry et Montebourg est ainsi tendu depuis le premier tour.
 
Reste donc la possibilité de s'allier à François Hollande. Tactiquement, Arnaud Montebourg pourrait se prononcer à titre personnel pour celui qui est arrivé en tête, au nom du nécessaire « rassemblement » pour battre la droite. En ailier gauche de l'équipe Hollande, il s'ouvrirait alors un espace politique plus large qu'en soutenant la maire de Lille déjà alliée avec le duo Hamon-Emmanuelli qui représente la gauche du parti. L'attelage Hollande-Montebourg-Valls pourrait jouer alors le créneau de la rénovation contre les amis de Martine Aubry. Cette prise de position est à risques pour Arnaud Montebourg car elle pourrait désorienter une partie de sa base, tentée par le vote « gauche forte » de la maire de Lille. Mais ne pas se prononcer n'est-il pas pour l'ambitieux quadra un risque plus important pour son avenir en cas de victoire ?  

Par Renaud Pila le 13 octobre 2011 à 14:36
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24 Commentaires

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  • vv4vv, le 13/10/2011 à 22h49

    Il est lucide contrairement à certains..

  • valeur10, le 13/10/2011 à 22h21

    Les 450 000 français ont besoin de lui pour........

  • valeur10, le 13/10/2011 à 21h13

    Il sera vite oublé par les Français après dimanche sauf au parti il commence son entrée.

  • patrick20o, le 13/10/2011 à 20h46

    Le seul problème d'Arnaud : c 'est son programme :-)

  • juigne11, le 13/10/2011 à 20h44

    Les Français ont besoin de son avis pour aller voter, c'est lui donner beaucoup d'importance

  • genestef, le 13/10/2011 à 19h35

    "Etre" ou "Savoir" c'est la quetion !

  • morin777, le 13/10/2011 à 18h50

    Comme si il était propriétaire de ces voix !!!!!!????

  • monacfrance, le 13/10/2011 à 18h37

    C'est un doux euphémisme .....

  • littlemiss19, le 13/10/2011 à 18h28

    Mélenchon ! Mélenchon !

  • aciery, le 13/10/2011 à 18h20

    Commentaires idiot ! Tu sais très bien que certains suivront ces consignes et d'autres non ! Et puis la droite fait exactement la même chose dans toutes les élections, appel à voter pour untel ou untel, alors bon !

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