Arnaud Montebourg/Image d'archives - février 2011 © ABACALa politique a parfois des subtilités mystérieuses, surtout dans une primaire entre dirigeants qui se sont tant aimés, détestés puis rabibochés plusieurs fois en une décennie compliquée. Et comme toujours dans une élection à deux tours, au premier on choisit, au deuxième on élimine. Que va donc faire Arnaud Montebourg dans ce contexte paradoxalement rendu plus compliqué par son très beau succès du premier tour ? Va-t-il se prononcer pour Martine Aubry, pour François Hollande ou rester neutre d'ici dimanche ? « Il a des problèmes de riches, sourit un dirigeant socialiste. Il hésite et comme toujours dans un cas comme ça, la stratégie d'avenir va plus compter que les idées ». Retrouvez minute par minute le déroulé du second tour de la primaire socialiste de dimanche. Vers 23h30, François Hollande l'emportait avec 56,39% sur 2,3 millions de bulletins. Martine Aubry a reconnu sa défaite. Lundi matin à 6h20, au bout d'une nuit de dépouillement, le PS avait comptabilisé 2.860.157 votants au second tour de la primaire. La semaine dernière, ils étaient 2,665 millions. Aubry, Royal, Montebourg, Valls, Baylet : les challengers de François Hollande ont très rapidement réagi dimanche soir à la victoire de François Hollande, appelant tous au rassemblement, avant d'apparaître ensemble sur l'estrade du siège du PS, à Solférino. Selon Harlem Désir, qui a donné une première tendance de la participation au second tour de la primaire PS, le nombre de votants est en hausse. A 13 heures, ils avaient été 868.879 comptabilisés dans 6000 bureaux de vote (sur près de 10.000 ouverts en France métropolitaine). Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, ont estimé ce week-end à Saint-Emilion que le temps de la "contre-offensive" avait sonné pour la majorité. Entre 2 et 3 millions de votants sont attendus pour le second tour de la primaire qui doit désigner dimanche le candidat PS pour la présidentielle de 2012. Malgré les piques qui ont marqué l'entre-deux-tours, Martine Aubry promet qu'elle fera "la fête dès lundi" avec François Hollande. REVUE DE PRESSE - Si les éditorialistes reconnaissent un net avantage à François Hollande sur Martine Aubry à la veille du second tour de la primaire, ils soulignent aussi la réussite de cette opération politique et médiatique. Tout en mettant en garde sur les attaques entre les deux tours. Martine Aubry a appelé vendredi les électeurs à ne répondre "ni aux injonctions ni aux sondages" pour le second tour de la primaire. Un peu plus tôt, Arnaud Montebourg a apporté son soutien personnel à François Hollande. Vincent Peillon, soutien de François Hollande, a décerné vendredi le "label Marine Le Pen" à Martine Aubry. Ses propos sur un Hollande "candidat du système" sont "inacceptables", estime l'eurodéputé. Arrivé 3e à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg a qualifié cette semaine Martine Aubry et François Hollande de simples candidats avec le mot "impétrants". Sauf que pour le linguiste Alain Rey, ce mot signifierait l'inverse... François Hollande et Martine Aubry ont tenu jeudi soir leur dernier meeting de campagne avant le second tour de la primaire. Très offensif, le député de Corrèze a de nouveau refusé de céder aux attaques. "Face à une droite dure, je veux une gauche forte", a asséné de son côté la maire de Lille dans son fief. François Hollande emporterait le second tour de la primaire avec 53% des suffrages contre 47% à Martine Aubry, selon un sondage OpinionWay Fiducial pour LCI et le Figaro réalisé mercredi et jeudi. Le score du député de Corrèze régresse d'un point par rapport à la même enquête réalisée mardi. François Hollande a répondu par lettre à Arnaud Montebourg, en lui faisant savoir que "plusieurs thèmes" chers au troisième homme de la primaire "recevaient chez lui un écho favorable". Mais précise préférer à la démondialisation la lutte contre ses "excès". Sur Europe 1 et RTL, le duel entre les deux candidats à la primaire PS s'est tendu un peu plus jeudi matin, Martine Aubry accusant François Hollande d'avoir employé "des mots de droite". Lui disant refuser de "rien faire pour diviser dans son camp". Cette procédure fait suite à une plainte du président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, dont Arnaud Montebourg combat les pratiques frauduleuses supposées. Réactions - Marc-Philippe Daubresse, Valérie Rosso-Debord, Harlem Désir ou Aurélie Filippetti ont réagi mercredi soir au débat entre Martine Aubry et François Hollande à 4 jours du second tour de la primaire. La candidate à la primaire PS a répondu mercredi soir, après le dernier débat, à la lettre qu'Arnaud Montebourg avait posté sur son site internet à l'attention des deux finalistes. Les deux candidats PS ont échangé en tentant de forcer leurs différences. Mais cette rencontre courtoise n'aura probablement pas fait bouger les lignes. Ségolène Royal a apporté mercredi son soutien à François Hollande pour le second tour de la primaire PS, notamment pour "amplifier le résultat du premier tour". Le finaliste a vite salué "l'élégance et la responsabilité" de son ex-compagne. François Hollande a expliqué, sur Europe 1 jeudi matin, qu'il cherchait "à rassembler" et qu'il ne faisait "jamais rien qui puisse heurter, diviser dans mon camp, parce que mon seul adversaire, c'est Nicolas Sarkozy." Martine Aubry a accusé jeudi sur RTL François Hollande d'avoir employé "des mots de droite" lors du débat qui les ont opposés mercredi soir. Au lendemain du débat entre Martine Aubry et François Hollande, Manuels Valls et Harlem Désir estiment que les deux candidats ont les capacités de battre Nicolas Sarkozy en 2012.
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Le député de Saône-et-Loire a désormais entre les mains les deux réponses à la lettre de clarification qu'il avait envoyée dès lundi aux deux finalistes de la primaire. Dans la matinée, il devait réunir ses amis pour décider collectivement d'une attitude à adopter pour le second tour. Ainsi, en milieu de journée, une première réponse est venue du camp Montebourg. Le troisième homme de la primaire "ne donnera pas de consigne formelle de vote", notamment "parce qu'il n'est pas propriétaire de ses électeurs" et parce que "ce n'est pas sa conception de la politique dans la VIe république" qu'il propose, a affirmé à l'AFP son porte-parole Géraud Guibert. Avec cette attitude, il veut montrer une image de modernité politique.
Mais il faut bien lire les propos de ce proche car tout est dans le « formelle ». En effet, il poursuit en affirmant qu'Arnaud Montebourg "ira voter dimanche. Son choix, il lui appartient de savoir s'il le rendra public" ou non, a-t-il ajouté. "Personne n'en sait rien. Personne ne peut lui voler cette liberté", a-t-il dit. Interrogé mardi sur ce qu'il déciderait de faire lorsqu'il aurait reçu les réponses aux questions qu'il posait aux finalistes, François Hollande et Martine Aubry, il avait assuré qu'il ferait "certainement un choix". Il avait dit aussi : "Je prendrai mes responsabilités", "je suis un dirigeant politique, je suis capable de faire des choix et je ferai certainement un choix". Mercredi soir, peu avant le débat télévisé des deux finalistes, il avait fait savoir qu'il n'avait "pris aucune décision étant donné que d'une part le débat n'avait pas encore eu lieu et que d'autre part aucun des deux candidats n'avait à ce moment là répondu à sa lettre".
Ailier gauche ?
En réalité, contredisant la déclaration de son porte-parole à l'AFP, Arnaud Montebourg a fait savoir en début d'après-midi qu'il ne ne se prononcerait qu'une fois achevée la consultation avec les deux candidats. Ses inimitiés personnelles et politiques avec eux sont autant d'entraves à une possible entente. En 2007, lors de la campagne présidentielle, Ségolène Royal avait suspendu temporairement Arnaud Montebourg de ses fonctions de porte-parole après qu'il eut déclaré : "Le principal défaut de Ségolène Royal, c'est son compagnon". En l'occurrence François Hollande, qui avait rejeté son concept de "VIe république" lors du congrès du PS de 2005. A Martine Aubry, avec laquelle les points de convergence idéologiques sont plus manifestes, il reproche les dérives de l'affaire Guérini. Auteur d'un rapport sur la question, il a critiqué les atermoiements de la direction du PS face à la gestion "mafieuse" de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône par Jean-Noël Guérini, mis en examen début septembre. Le ton entre les camps Aubry et Montebourg est ainsi tendu depuis le premier tour.
Reste donc la possibilité de s'allier à François Hollande. Tactiquement, Arnaud Montebourg pourrait se prononcer à titre personnel pour celui qui est arrivé en tête, au nom du nécessaire « rassemblement » pour battre la droite. En ailier gauche de l'équipe Hollande, il s'ouvrirait alors un espace politique plus large qu'en soutenant la maire de Lille déjà alliée avec le duo Hamon-Emmanuelli qui représente la gauche du parti. L'attelage Hollande-Montebourg-Valls pourrait jouer alors le créneau de la rénovation contre les amis de Martine Aubry. Cette prise de position est à risques pour Arnaud Montebourg car elle pourrait désorienter une partie de sa base, tentée par le vote « gauche forte » de la maire de Lille. Mais ne pas se prononcer n'est-il pas pour l'ambitieux quadra un risque plus important pour son avenir en cas de victoire ?
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Primaire PS : le triomphe de Hollande
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