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Quel accueil pour Guéant aux Antilles ?


le 11 février 2012 à 10h27 , mis à jour le 11 février 2012 à 10h30.
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PolitiqueQuelques jours après la polémique et ses propos sur les civilisations, le ministre de l'Intérieur se déplace pour quatre jours aux Antilles. Serge Letchimy, a averti le ministre qu'il n'était "pas le bienvenu" en Martinique.

Claude Guéant entame samedi soir en Martinique une visite de quatre jours aux Antilles pour parler sécurité,  immigration et économie, qu'il a maintenue malgré le risque d'un accueil plutôt  frais après la polémique née de ses propos sur les civilisations. Le ministre de l'Intérieur arrive sur les terres de Serge Letchimy, député  apparenté PS, qui l'a vivement pris à partie mardi à l'Assemblée nationale. L'élu ultramarin, héritier politique d'Aimé Césaire, a suscité un tollé à  droite en évoquant dans l'hémicycle les "camps de concentration" et le "régime nazi", pour dénoncer la phrase du ministre sur les "civilisations qui ne se  valent pas toutes".

Serge Letchimy, a averti le ministre qu'il n'était "pas le bienvenu" en  Martinique, épaulé par le sénateur de Martinique Maurice Antiste (app. PS) mais  aussi par les présidents PS des conseils régional et général de Guadeloupe,  Victorin Lurel et Jacques Gillot, qui, comme lui, ne le recevront pas lors de  sa visite. "J'irai quand même aux Antilles, je verrai quand même les Antillais", a dit Claude Guéant, qui a toutefois cherché l'apaisement avant son arrivée.

Guéant veut apaiser les tensions

Les deux hommes se sont rencontrés mercredi matin dans le bureau du  président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer: un "échange très  républicain", selon la Place Beauvau, où l'on a aussi rappelé, via la presse,  que le ministre était "attaché aux Antilles où ses fils étaient nés" et "dont est originaire sa chef de cabinet". Le soir-même, de retour dans sa "terre de souffrances", le député était accueilli chaleureusement par 400 supporters, rappelant que ni lui ni les élus  de sa mouvance ne recevraient Claude Guéant. Mais précisant aussi qu'il n'était  "pas question d'interdire à un ministre de la République l'accès à la  Martinique".

Vendredi, le ministre a estimé que ses propos avaient pu choquer aux  Antilles "parce que il y a un malentendu sur le mot de civilisation". "Pour moi, une civilisation, ce n'est pas quelque chose qui est figé dans  le passé, c'est quelque chose qui évolue, bien évidemment", a-t-il déclaré. "Et, très clairement, la civilisation française d'aujourd'hui est meilleure que la civilisation française de l'époque à laquelle on autorisait l'esclavage,  elle est meilleure que la civilisation française de l'époque où on pratiquait la peine de mort, elle est meilleure que celle à laquelle les femmes n'avaient  pas le droit de vote", a détaillé Claude Guéant. Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer qui l'accompagnera lors des  quatre jours, se montrait aussi confiante vendredi: "Il trouvera les mots pour  lever les malentendus".

Commenter cet article

  • lap89 : Amen.

    Le 12/02/2012 à 07h47
  • sun2010 : A t'il parlé des Antilles ? Pas plus que des corses, des polonais ou des Martiens, et pourtant aucun d'eux ne se plaint.

    Le 12/02/2012 à 01h18
  • zolgy : Merci, enfin quelqu'un qui utilise le mot civilisation à sa vrai portée; Présentez-vous, je vous suis

    Le 12/02/2012 à 00h34
  • mamie2012 : Réponse à Robert 13: Effectivement, notre pays a comme devise l'Egalité, la Liberté et la Fraternité depuis la Révolution. Qu'en est-il actuellement: - de l'Egalité: devant l'impôt par exemple, entre classes très riches et le commun du peuple? Devant l'emploi, aujourd'hui accordé aux fils et filles de.. pendant que des jeunes font des stages de quelques mois dans les grandes entreprises sans être payés (esclaves modernes), - de la Liberté: devant la multiplication des radars qui nous flashent, des video-surveillance dans les rues, les commerces etc.., des écoutes, de l'espionnage de nos ordinateurs, de nos comptes bancaires (et cartes) à notre insu, - de la Fraternité: les seuls à être solidaires sont les gens comme vous et moi . Quelle est la fraternité avec le peuple des élites qui n'ont aucun contact avec lui (et n'en veulent pas), qui refusent de subir les sacrifices qu'ils nous imposent à la hussarde, qui ne se déplacent qu'accompagnés de gardes du corps et de dizaines, voire centaines de policiers. Soyons réalistes: nous devenons la civilisation de Big Brother, celle de l'inégalité, de la surveillance permanente des citoyens, du rideau de fer entre peuple et élus et du manque d'humanité. Triste monde!

    Le 12/02/2012 à 00h30
  • zolgy : Oui et la France a aboli l'esclavage le 27 avril 1848 et a légitimé le statut des Antilles et territoires d'outre-mer comme faisant partie intégrante de l'état Français; A l'heure actuelle, c'est comme si Hollande décidait que Guéant n'était pas le bienvenu en Corrèze, il n' y a rien qui vous choque ? Par ce geste, vous cultivez le rejet et la non-appartenance que vos/nos ancêtres ont mis tant d'années a subir et combattre.

    Le 12/02/2012 à 00h20
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