"Veut-on continuer la politique menée depuis 5 ans ou veut-on en changer? Veut-on poursuivre avec le candidat sortant ou veut-on changer de président? Veut-on prolonger le présent, ou changer d'avenir? Eh bien, vous voterez à la prochaine élection présidentielle pour répondre à ces trois questions", a poursuivi le candidat socialiste.
"Mettre le pays à feu et à sang"
La proposition présidentielle n'a pas non plus été du goût de François Bayrou. En marge d'un déplacement dans l'Orne, le candidat Modem a qualifié cette proposition d'"idée pernicieuse qui montre à quel point le pouvoir est aujourd'hui dans le désarroi". "Cibler les chômeurs, en faire un sujet d'affrontement au sein de la société française, comme s'ils étaient le problème et pas l'absence d'emploi, c'est une perte inacceptable du sens des responsabilités", a dénoncé François Bayrou. Pour le leader centriste, "le rôle d'un président doit être d'unir son pays, d'apaiser les tensions et pas de jeter de l'essence sur le feu".
"Si on veut mettre le pays à feu et à sang en faisant des chômeurs des ennemis publics, en leur faisant porter scandaleusement le poids des difficultés du pays, on fait courir les plus grands risques à la solidarité qui seule fait les pays en bonne santé", a-t-il fait valoir. "C'est une dérive de plus en plus inquiétante. Et, ce qui apparaît de plus en plus aujourd'hui, c'est que la droite républicaine française et les modérés qui se réclament du Centre ne peuvent pas soutenir plus longtemps une démarche politique qui fait courir de si grands risques à la société française et à l'unité du pays", a-t-il estimé. "Bien sûr, il y a des problèmes sur un certain nombre de chômeurs qui se sont peu à peu éloignés de la réalité du travail mais cela ne se traite pas sur le mode du référendum", a insisté le leader centriste pour qui le chef de l'Etat se perd aujourd'hui "dans la quête éperdue d'un électorat dont il croit que l'extrémisme est la clef".
"La présidentielle, la meilleure antidote à ces mesures"
De son côté, le porte-parole du PS Benoît Hamon a estimé que Nicolas Sarkozy était "champion quand il s'agit de brandir le glaive face aux plus vulnérables". "On est vraiment dans la stigmatisation des chômeurs", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat entend "faire reculer le chômage en supprimant les chômeurs des listes", a accusé le porte-parole du PS, jugeant "particulièrement cruelle" cette proposition au moment de l'annonce de la délocalisation d'une usine de Renault au Maroc. Benoît Hamon a aussi dénoncé la réforme envisagée du droit des étrangers visant à confier à un juge administratif les décisions d'expulsions, qui pourrait également être soumise à référendum. Il a jugé que la France risquait de se retrouver "en contradiction" avec la Cour européenne de justice et la Cour européenne des droits de l'Homme. "Heureusement, la présidentielle agira comme le meilleur antidote à ces mesures", a déclaré le socialiste.
Eva Joly, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a estimé vendredi que Nicolas Sarkozy cherchait à "faire passer les chômeurs pour des fainéants", ce qui est "scandaleux". "Plus personne ne le croit, a-t-elle estimé. Donc, il (Nicolas Sarkozy) ne peut plus s'exprimer banalement. Il doit avoir des idées de plus en plus fortes. Donc là, c'est le référendum".











