Réforme des retraites : direction le Parlement... et la rue

le 13 juillet 2010 à 06h52 , mis à jour le 13 juillet 2010 à 21h25

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

La réforme a été présentée mardi en Conseil des ministres. Les syndicats, qui prévoient une large mobilisation à la rentrée, ont organisé dès mardi une réunion symbolique devant le ministère du Travail.

"C'est un grand jour, vous vous souviendrez de ce Conseil des ministres", a affirmé le chef de l'Etat à ses ministres lors de ce Conseil des ministres, ont rapporté plusieurs d'entre eux à l'AFP. La réforme des retraites, reléguée au second plan par l'affaire Bettencourt, est revenue mardi sur le devant de la scène. Elle a été présentée dans la matinée en Conseil des ministres, au lendemain d'une intervention d'un Nicolas Sarkozy inflexible sur les mesures phares du projet de loi. Le chef de l'Etat avait réaffirmé lundi soir que ce serait bien le ministre du Travail, Eric Woerth, qui continuerait à porter la réforme (Lire notre article). Le texte doit désormais être soumis aux commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat, avant d'être discuté par le Parlement en séance plénière à partir du 6 septembre, pour une adoption espérée "à la fin du mois d'octobre", a réaffirmé lundi soir Nicolas Sarkozy.
  • Le volet controversé de la pénibilité sur la table jeudi à l'Assemblée

    La Commission des affaires sociales achève jeudi l'examen de la Réforme des retraites, en abordant la pénibilité, son volet le plus controversé. L'exécutif, qui ne veut pas dévoiler son jeu avant la mobilisation syndicale de septembre, le fera peu évoluer.

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  • Les retraites en Commission : twitter ou pas ?

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    Voici les principaux extraits de l'intervention du chef de l'Etat sur les dossiers économiques et sociaux du moment, notamment les retraites.

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  • "Un président qui parlait d'abord de lui-même"

    Réagissant à l'intervention de plus d'heure de Nicolas Sarkozy sur France 2, l'opposition a dénoncé une émission pour rien et critiqué des déclarations peu convaincantes, particulièrement sur l'affaire Bettencourt/Woerth.

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  • "Les calomnies, j'y étais préparé"

    Le chef de l'Etat a affirmé lundi sur France 2 que c'était "une honte" de l'avoir accusé d'avoir "ramassé des enveloppes" d'argent chez Liliane Bettencourt. Il a renouvelé sa confiance à Eric Woerth, "un homme honnête".

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  • "Habile", "coup de maître"... mais pas forcément convaincant

    La presse estime mardi matin que l'intervention du chef de l'Etat lundi soir sur France 2 a été plutôt réussie, mais beaucoup attendaient de plus amples explications.

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  • Sarkozy dénonce les "calomnies", Fillon une "chasse à l'homme"

    Mardi, le président a évoqué à mots couverts les accusations lancées contre son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt. De son côté, le Premier ministre a contre-attaqué depuis Strasbourg.

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  • "Woerth est lavé de tout soupçon"

    Invité de France 2, Nicolas Sarkozy a confirmé qu'Eric Woerth défendrait le projet de réforme des retraites "selon le calendrier prévu". Il a en revanche conseillé au ministre de quitter ses fonctions de trésorier de l'UMP.

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  • Réforme des retraites : toutes les réponses à vos questions

    Le ministre du Travail Eric Woerth a présenté la réforme des retraites ce mercredi en Conseil des ministres. Les explications sur cette réforme.

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  • La France mauvais élève pour l'emploi des seniors

    En France, le taux d'emploi des seniors est un des plus bas d'Europe. Seuls 38,9% des 55-64 ans sont dans la vie active. Reportage en région parisienne.

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Plus d'infos

Quant au contenu du projet de loi, il n'a pas bougé depuis son dévoilement à la mi-juin : il prévoit notamment un recul de l'âge légal de départ à 62 ans, un alignement du taux de cotisation des fonctionnaires sur celui du privé et de nouvelles recettes à hauteur de 4 milliards d'euros par an. Sur les deux premières mesures, Nicolas Sarkozy a prévenu: "les 62 ans, nous n'y toucherons pas" et "l'équilibre des cotisations public/privé, c'est une question de justice, on ne peut pas y toucher".

Le projet de loi qui n'est "ni une réforme de droite, ni une réforme de gauche", a plaidé le ministre du Travail Eric Woerth devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, juste après avoir présenté le texte au Conseil des ministres. "La reforme est juste, fondée sur la solidarité entre les générations et à l'intérieur des générations", a-t-il poursuivi avant de détailler les mesures de la réforme, "une réforme de bon sens, liée à l'augmentation de la durée de vie". "La plupart des pays européens y ont répondu de la même manière", a-t-il ajouté, assurant qu'"au total, 100.000 personnes par an pourront partir plus tôt, soit parce qu'elles ont commencé plus tôt soit parce qu'elles ont eu une vie professionnelle plus dure". "Rien n'est acquis tant que ça n'a pas été discuté par le Parlement", a souligné le député PS Michel Sapin, tandis que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a dénoncé un "gigantesque bras d'honneur" aux Français.

Des protestations dans toute la France

Les organisations syndicales, elles, comptent rappeler leur vive opposition au projet du gouvernement : sept syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires et FO) ont appelé leurs adhérents à participer à des rassemblements. Déjà mardi à la mi-journée, des dirigeants nationaux ont participé à une réunion symbolique devant le ministère du Travail à Paris, qui a rassemblé plusieurs centaines de militants. Barbecues, vuvuzelas et drapeaux flottant au soleil : en province, comme à Paris, les syndicats ont organisé des rassemblements symboliques et festifs pour dire non au projet de réforme.

Et dès mardi matin, les principaux représentants syndicaux commençaient leurs déclarations. Analysant la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy de la veille, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a estimé sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy restait "sourd aux problèmes des Français" et  et décidé à ne "rien changer" à la réforme des retraites. De son côté, Jean-Claude Mailly a jugé sur RTL que l'un des objectifs de la réforme des retraites était de "répondre aux attentes des marchés financiers". Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a accusé quant à  lui le gouvernement de "mensonges" dans ce dossier, notamment sur le cas des femmes et des personnes ayant commencé à travailler très tôt. "Nous allons continuer à informer car il y a des mensonges diffusés, y compris dans la communication gouvernementale", a estimé M. Thibault sur France
Info.

Pour l'instant, malgré une contestation montée d'un cran -entre 797.000 et  2 millions de personnes ont manifesté le 24 juin contre la réforme -, Nicolas  Sarkozy est resté inflexible sur l'ossature de son texte et a prévenu que les  futures manifestations n'y changeront rien. Il n'a ouvert la porte qu'à des évolutions sur certains points précis, comme celui de la prise en compte de la pénibilité au moment du départ à la retraite. Au-delà de l'étape formelle du Conseil des ministres, c'est au Parlement que va se jouer le sort de la réforme. Le projet de loi sera examiné du 20 au 22 juillet en Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, avant le débat en séance plénière à l'Assemblée début septembre.

Bientôt des "propositions complémentaires"

Le gouvernement fera bien des "propositions complémentaires" dans le cadre de la réforme des retraites, destinées notamment à mieux recenser la pénibilité, a confirmé le ministre du Travail mardi. Eric Woerth redit dans un entretien à Capital.fr que la notion de pénibilité doit "rester individuelle" car "tous les salariés ne vivent pas de façon identique leur travail". "Pour autant, nous ferons des propositions complémentaires. Il faut notamment améliorer notre dispositif de recensement de la pénibilité subie par les salariés tout au long de leur vie active", ajoute le ministre. Mais, interrogé sur une éventuelle suppression du seuil de 20% d'incapacité permettant de partir à 60 ans, le ministre estime qu'il "constitue un bon équilibre". Au total, avec la prise en compte de la pénibilité et avec le dispositif "carrières longues" permettant à ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans de continuer à partir avant l'âge légal, "ce seront 100.000 départs à la retraite sur les 700.000 départs annuels qui se feront toujours à 60 ans", fait valoir M. Woerth. Il confirme aussi "travailler" sur les "carrières longues" et les "polypensionnés" qui dépendent de plusieurs régimes de retraite et peuvent de ce  fait être pénalisés dans les modalités de calcul de leur pension. Eric Woerth se dit également opposé à l'inscription dans la loi d'un nouveau  report de l'âge légal au-delà de 62 ans, estimant que "ce serait un signal  négatif envoyé aux Français". Il se dit également opposé à "appliquer une politique de quotas" pour obliger les entreprises à embaucher plus de seniors.

le 13 juillet 2010 à 06:52
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21 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 14/07/2010 à 07h03

    La France ressemble étrangement à son équipe nationale de football !

  • bernarceka, le 13/07/2010 à 22h17

    Encore un commentaire intelligent

  • matger, le 13/07/2010 à 21h34

    Pourquoi ? Ca n'est que la vérité,non ?

  • miloubruxelles, le 13/07/2010 à 21h31

    Il y a ceux qui ne travaillent pas , c'est la galère . Il y a ceux qui travaillent et c'est le bagne . Pauvre Dadeille !

  • pulpito21, le 13/07/2010 à 21h03

    Pamphlet,pamphlet...Il ne suffit pas de se regarder écrire !

  • dadeille, le 13/07/2010 à 19h45

    Pauvre triste !

  • matger, le 13/07/2010 à 17h44

    Dans la rue,mais....après les sacro-saintes vacances !

  • pilepoil13, le 13/07/2010 à 16h28

    J'ai compris en lisant lentement, et je suis d'accord.

  • dadeille, le 13/07/2010 à 15h52

    Les gens en bavent assez pendant 11 mois, les vacances ils les ont bien mérités, à moins que les vacances soient réservées à une certaine catégorie de personnes, je vous laisse deviner lesquelles.

  • jlub84, le 13/07/2010 à 15h52

    @nanardesbordes...et l'ironie dans tous ca et que chez nos voisins d'outre atlantique par exemple ou les syndicats ne font pas autant de tapage et ou les greves sont rares le salaire des ouvriers a presque double en moins de 3 decennies (MDR). Et, la cerise sur le gateau, ils restent neanmoins plus competitifs que nous.

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