François Hollande et Jean-Marc Ayrault se sont efforcés de maintenir le suspense : pas question d'une annonce officielle avant le retour du chef de l'Etat du Brésil, où il était présent au sommet Rio+20. C'est donc ce jeudi, en fin de journée, que doit être dévoilée la composition du "gouvernement Ayrault 2". Commerce extérieur, Formation professionnelle ou encore Santé sont les portefeuilles les plus fréquemment cités pour accueillir de nouvelles personnalités. Le ministre du Travail Michel Sapin, qui doit mener de front une multitude de chantiers sociaux, pourrait ainsi être rejoint parun ministre délégué.
"Cela ne devrait pas être un remaniement spectaculaire, les discussions se poursuivent", dit une source gouvernementale. Ce remaniement ne devrait donc pas entraîner les chamboulements de l'équipe gouvernementale auxquels avaient procédé Nicolas Sarkozy et François Fillon le 19 juin 2007, peu après les législatives qui avaient consacré la victoire de l'UMP il y a cinq ans. L'ancien couple exécutif avait alors dû tirer les conséquences de l'échec d'Alain Juppé aux législatives à Bordeaux et le remplacer par Jean-Louis Borloo au rang de numéro 2 du gouvernement. Il avait aussi accentué la stratégie d'ouverture à des personnalités venues de la gauche comme Fadela Amara ou Jean-Marie Bockel. Cette fois, le remodelage de l'équipe gouvernementale, qui restera paritaire, et dont l'équilibre politique sera respecté, pourrait au final ne concerner que "deux noms" et ne pas comporter de "surprises", selon cette source gouvernementale.
Marylise Lebranchu reste, malgré les appels du pied
Tous élus ou réélus aux dernières législatives, les 24 des 34 ministres du gouvernement qui briguaient un poste de député ont rempli en effet la condition de victoire imposée par Jean-Marc Ayrault pour prolonger leur bail dans son équipe. Il n'y a donc pas besoin de leur trouver de remplaçant. Signe du faible enjeu de ce remaniement, la bataille pour la présidence de l'Assemblée nationale, dont l'issue est également attendue jeudi, devrait lui voler la vedette. La ministre de la Réforme de l'Etat Marylise Lebranchu, qui était pressentie pour ce poste par l'exécutif, a maintenu sa décision de rester au gouvernement malgré les pressions et n'a pas présenté sa candidature dans les délais (lire notre article : " Assemblée : quatre candidats pour un perchoir").
Mise à part une possible entrée de l'ancien secrétaire national du Parti communiste Robert Hue, aujourd'hui isolé à la gauche du Parti socialiste, aucune autre nouvelle formation politique ne devrait rejoindre le gouvernement. Si le président français reste favorable à un large rassemblement à gauche, le refus du Parti communiste et du Parti de gauche de participer au gouvernement met fin à la perspective de reformer la majorité plurielle de 1997. De l'autre côté de l'échiquier politique, l'appel du sénateur socialiste François Rebsamen à faire entrer un membre du MoDem au gouvernement n'a guère de chance d'être entendu.
Pour le reste, le remaniement peut être l'occasion de corriger certains problèmes déjà apparus dans l'actuelle équipe. La ministre déléguée à la Justice, Delphine Batho, s'accommoderait ainsi très mal de la tutelle de la garde des Sceaux Christiane Taubira. La ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, est elle l'objet de critiques de certains de ses collègues. Et après ces ajustements, le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe devrait se tenir vendredi.
Invitée de LCI, Marie-George Buffet a confirmé que le PCF n'entrerait pas au gouvernement à la faveur du remaniement : Ecoutez-la










