Retraite : 61 ou 62 ans ? Le PS brise un tabou

Par D.H. (d'après agence), le 19 janvier 2010 à 22h50 , mis à jour le 20 janvier 2010 à 14h11

Suivant les déclarations de Martine Aubry, la direction du PS a affiché sa volonté d'un compromis avec le gouvernement sur l'épineux dossier des retraites, à un mois de la rencontre Sarkozy/partenaires sociaux. L'aile gauche du parti reste rétive.

Martine Aubry PSImage d'archives © ABACA

Martine Aubry a brisé un tabou sur l'âge plancher de la retraite. C'était dimanche en penchant pour un âge légal de départ à 61 ou 62 ans. Plusieurs dirigeants socialistes ont confirmé ce mardi. Aucun débat n'est tabou et le parti veut trouver un compromis avec le gouvernement ont assuré les députés PS, alors que le chef de l'Etat doit rencontrer le 15 février les partenaires sociaux pour fixer le calendrier de la réforme des retraites.

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La Première secrétaire Martine Aubry s'était dite dimanche ouverte à un débat "si le président de la République est prêt à travailler véritablement sur la base de principes justes". Le départ à la retraite peut aller au-delà de 60 ans, à "61 ou 62 ans" ("Je n'imagine pas qu'on aille plus loin", avait-elle dit), mais "à condition qu'on traite le problème de la pénibilité et le problème de l'activité des seniors". Estimant que l'âge légal n'existe plus dans les faits, Martine Aubry a réitéré ses positions de dimanche lors du Bureau national du PS mardi soir. Elle a souhaité qu'"on puisse partir avant 60 ans quand on a commencé à 14 ou 15 ans" et à 61 ans "quand on a commencé à 21 ans". Elle propose aussi la mise à contribution des revenus du capital, pour financer les retraites. L'ancien Premier ministre Michel Rocard a salué "le courage" de son "amie et camarade Martine Aubry".
 
Pour le PS, il s'agit d'éviter un passage en force du gouvernement sur un sujet majeur qu'il traîne comme un boulet pour ne l'avoir pas réglé sous le gouvernement de Lionel Jospin. Depuis, le vieillissement de la population rend le dossier plus explosif. Les dernières statistiques de l'INSEE révèlent pour 2009 une progression de l'espérance de vie de deux mois. Le seul dogme pour le Parti socialiste est le maintien du "système de retraite par répartition", comme l'a réitéré sa n°1, alors que la présidente du Medef Laurence Parisot jugeait possible lundi l'instauration parallèle de systèmes par capitalisation.
 
L'aile gauche grince des dents
 
Mais rue de Solférino, le sujet n'est pas mûr pour tous. "Il n'y a pas encore de position officielle du PS, nous y travaillons", a affirmé à l'AFP Marisol Touraine, secrétaire nationale chargée du dossier des retraites. Mais, ajoute la députée d'Indre-et-Loire, "il n'y a pas de tabou : ni sur l'âge de la retraite, ni sur la durée des cotisations, tout est sur la table". Le député Bruno Le Roux, proche de François Hollande, abonde dans le même sens : "aucun débat n'est tabou, surtout quand, pour beaucoup de Français, l'âge de départ légal a dépassé 60 ans".

Manuel Valls, député de l'Essonne, se prononce pour "un pacte national" entre pouvoir et opposition, et son collègue Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire) se dit favorable à "un compromis national". Claude Bartolone, proche de Mme Aubry, précise qu'il faut raisonner en termes de durée de cotisation, l'âge légal apparaissant comme "un verrou". Il défend deux impératifs: le niveau des retraites et la pénibilité. Le député Jean-Marie le Guen, expert PS des questions de santé, favorable à un "compromis social" sur les retraites, devait rencontrer le ministre du Travail Xavier Darcos le 3 février, selon le ministère. Mais cette rencontre a été démentie par le socialiste.
 
Le débat au PS risque d'être houleux : l'aile gauche du parti reste arc-boutée sur les 60 ans. "La position du PS avait été arrêtée en février 2008, axée sur le maintien de l'âge légal à 60 ans, et rien ne justifie sa remise en cause", affirme à l'AFP Razzy Hammadi, membre de la direction et proche du porte-parole Benoît Hamon. "Ce n'est pas la position du PS que de reculer l'âge du départ à la retraite", insistait de son côté Benoît Hamon. Il met l'accent sur la "diversification" des recettes.

La nouvelle position n'est en revanche pas pour déplaire au gouvernement. François Fillon s'en est "réjoui". "J'entends dire que le PS pourrait participer à la recherche d'une solution consensuelle : franchement je m'en réjouis", a déclaré le Premier ministre dans un discours prononcé à l'occasion des voeux aux parlementaires. "Si le PS persévère dans cette voie, ce sera le signe que notre démocratie progresse et se modernise", a-t-il insisté.

Le rapport qu'attend Sarkozy

Selon le Canard Enchaîné de mercredi, Nicolas Sarkozy compte sur ce rapport pour faire passer la pilule de la nouvelle réforme des retraites. Selon une version provisoire d'un rapport du Conseil d'Orientation des retraites (COR), que s'est procurée l'AFP, en plus de se préparer à des déficits abyssaux,le système français de retraite est "atypique", du fait notamment du morcellement de ses régimes de base et de la faible part de l'épargne retraite individuelle.  En premier lieu, "le système de retraite français se caractérise par une multiplicité de régimes structurés en fonction de critères d'appartenance professionnelle", qui rendent "complexes" son organisation et son fonctionnement. La France compte "un peu plus de vingt régimes de retraite de base", que l'on peut répartir en trois grands ensembles: ceux couvrant les salariés du privé (Cnav, MSA), ceux couvrant les non-salariés (RSI, CNAVPL, etc.) et enfin les régimes spéciaux (fonctionnaires, SNCF, RATP, etc.).Le rapport relève aussi que "dans la plupart des systèmes étrangers", les régimes complémentaires fonctionnent par capitalisation, alors qu'en France, les régimes complémentaires (Agirc, Arrco, Ircantec) fonctionnent "en répartition", avec des pensions financées par les cotisations des actifs. Troisième spécificité: en France, la part des diverses formes d'épargne retraite individuelle est "relativement faible", et ce "malgré le développement récent encouragé par la réforme de 2003" des retraites. Ce document est extrait d'une version provisoire et partielle d'un rapport, que doit rendre le COR, sur les modalités d'une éventuelle transformation du régime français, dit "par annuités", en un régime par points ou "de comptes notionnels". Le COR est notamment composé de chercheurs, de syndicalistes, de parlementaires et de représentants de l'Etat.

 

Par D.H. (d'après agence) le 19 janvier 2010 à 22:50
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62 Commentaires

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  • yann-87, le 21/01/2010 à 22h17

    Elle sera longue si seulement on aura la chance d'avoir les moyens financiers pour s'en payer une...

  • joel8052, le 21/01/2010 à 18h37

    Je crois que nos politiciens de droite et de gauche , Président de la république Ministres Sénateurs Députés doivent réformer leurs propres retraites avant d'appliquer une nouvelle loi des retraites ! Justice!... connaissent ils encore ce mot , pourquoi mettre un âge du droit à la retraite plutôt qu'un nombre de trimestres travaillés par souci d'égalité . Liberté , égalité , fraternité ... Messieurs , Mesdames ne faites plus de la politique politicienne en vous réservant que tout les bons avantages .

  • peralte, le 20/01/2010 à 19h11

    Ces politiques de gauche et de droite -qui enfoncent des portes ouvertes sur l'âge plancher de la retraite- pourraient voter des lois s'appliquant à eux-mêmes fixant pour eux aussi des plafonds d'âge d'exercice de leurs mandats, punissant les cumuls et les abus d'avantages en tous genres. Et par dessus tout qu'ils s'obligent à cotiser à des régimes de retraite pas plus avantageux que ceux des français moyens et à payer des impôts proportionnels à tous leurs avantages. Ainsi nous, français moyens (les plus nombreux) aurions moins de déficit pour nos caisses d'assurances, de retraites, etc... et, cerise sur le gâteau, aurions de nos politiques une meilleure image ! Pour ma part, quel que soit son bord, je n'hésiterais pas à voter pour celle ou celui qui se déclenchera sur ces sujets.

  • bearnais64, le 20/01/2010 à 18h06

    Pascalcaen:je ne savais pas que l'absenteisme etait une maladie professionnelle,pour moi c'est une maladie de tire au...!CAPITO?

  • legaulois560, le 20/01/2010 à 17h27

    Effectivement je comprends mieux et disons que votre commentaire m'avait quelque peu désorienté compte tenu de ce que je savais de la situation de mon frère au moment de son départ à la retraite.Cordialement.

  • syberya, le 20/01/2010 à 16h57

    Et vlam..Encore un qui à séché les cours de maths!!! après on dira que l'absentéisme est le propre des enseignants...mdr..:o))

  • syberya, le 20/01/2010 à 16h45

    Mais non justement c'est le contraire legaulois, ce pourquoi au vu de certains retraités moins bien lotis, je n'aurais pas l'outrecuidance d'en donner le montant!! qui est à cinq chiffres...et ce par respect pour les défavorisés...ouf, ça va mieux comme ça?...Cordialement syberya :o)

  • legaulois560, le 20/01/2010 à 15h31

    @syberya pour répondre à sa contribution couleur provoc..... Donc 31 ans de baudrier comme dit mon frère.Si la retraite de votre ex est maigre ça veut dire qu'il n'a pas beaucoup d'annuités autrement dit qu'il a peu de campagnes à son actif et c'est là qu'est le blème probablement!!.Pour les internautes qui ne connaissent pas le mécanisme on peut partir à la retraite avec 31 ans de services actifs et n'avoir que 31 annuités comptant pour la retraite mais si on a fait de nombreuses campagnes on partira par exemple avec 31 ans de service et au moins 40 annuités et plus le cas échéant ce qui change tout!! Mais au fait votre ex était-il officier ou sous-officier?Enfin je termine en disant que mon frangin,vieux briscard et baroudeur n'a jamais eu l'outrecuidance de dire qu'il était à plaindre!!.....Merci de publier si vous le voulez bien.

  • syberya, le 20/01/2010 à 15h26

    @clementine1218-- Désolée (.....) mais vous me tendez la perche :o))) c'est vrai que le débat sur les retraites est un choix facile...elle en aurait pu faire un autre pourtant, mais ce matin là elle était d'humeur à choisir celui-là.. d'ailleurs je vais vous confier un secret, mais ceci entre vous et moi, approchez chuttt...M. Aubry à une petite panière remplie de petits papiers ou sont inscrits tous les sujets faciles, et elle en tire un par ci par là histoire de faire son petit effet..c'est amusant vous ne trouvez pas? :o((

  • humanoide56, le 20/01/2010 à 14h59

    Les politiques, c'est comme les produits alimentaires ils devraient avoir une date de péremption. Notre histoire de France est éloquente sur le sujet

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