Image d'archives © ABACAMartine Aubry a brisé un tabou sur l'âge plancher de la retraite. C'était dimanche en penchant pour un âge légal de départ à 61 ou 62 ans. Plusieurs dirigeants socialistes ont confirmé ce mardi. Aucun débat n'est tabou et le parti veut trouver un compromis avec le gouvernement ont assuré les députés PS, alors que le chef de l'Etat doit rencontrer le 15 février les partenaires sociaux pour fixer le calendrier de la réforme des retraites.
Retraite à 60 ou 61 ans ? Aubry précise la position du PS
Après la polémique sur ses propos au Grand Jury, la n°1 du PS a affirmé mardi soir sur TF1 que la retraite à 60 ans était "un droit" et devait le "rester"... rappelant que de fait ce n'est pas toujours le cas.
Publié le 26/01/2010
Emploi, retraites... Sarkozy esquisse son agenda social
Le président de la République a rappelé sa priorité à l'emploi et donné vendredi rendez-vous aux partenaires sociaux le 15 février pour fixer l'agenda social 2010.
Publié le 15/01/2010
Plus de 7 Français sur 10 inquiets pour leur retraite
76% des Français ne croient pas qu'ils toucheront une retraite satisfaisante, selon un sondage Ifop pour le JDD. Et, parmi les actifs, 38% pensent que l'âge légal de départ à la retraite sera pour eux entre 65 et 69 ans.
Publié le 09/01/2010
Fillon se réjouit de l'évolution du PS sur les retraites
"J'entends dire que le PS pourrait participer à la recherche d'une solution consensuelle: franchement je m'en réjouis", a déclaré le Premier ministre lors de ses voeux aux parlementaires.
Publié le 20/01/2010
Réforme des retraites, vers un allongement des durées de cotisations ?
Claude Guéant a laissé entendre que l'allongement de la durée de cotisation effective était le levier privilégié par l'Etat pour assurer l'avenir des retraites.
Publié le 18/01/2010
Travailler pendant sa retraite
De plus en plus de retraités veulent reprendre une activité, certains pour des raisons financières, d'autres par envie. Pour certains, le cumul emploi-retraite est une seconde carrière.
Publié le 22/10/2009
Baisse du pouvoir d'argent : les retraités en colère
Des retraités ont manifesté aux côtés des agriculteurs. Ils s'inquiètent de voir leur pension stagner alors que le coût de vie ne cesse d'augmenter.
Publié le 16/10/2009
La Première secrétaire Martine Aubry s'était dite dimanche ouverte à un débat "si le président de la République est prêt à travailler véritablement sur la base de principes justes". Le départ à la retraite peut aller au-delà de 60 ans, à "61 ou 62 ans" ("Je n'imagine pas qu'on aille plus loin", avait-elle dit), mais "à condition qu'on traite le problème de la pénibilité et le problème de l'activité des seniors". Estimant que l'âge légal n'existe plus dans les faits, Martine Aubry a réitéré ses positions de dimanche lors du Bureau national du PS mardi soir. Elle a souhaité qu'"on puisse partir avant 60 ans quand on a commencé à 14 ou 15 ans" et à 61 ans "quand on a commencé à 21 ans". Elle propose aussi la mise à contribution des revenus du capital, pour financer les retraites. L'ancien Premier ministre Michel Rocard a salué "le courage" de son "amie et camarade Martine Aubry".
Pour le PS, il s'agit d'éviter un passage en force du gouvernement sur un sujet majeur qu'il traîne comme un boulet pour ne l'avoir pas réglé sous le gouvernement de Lionel Jospin. Depuis, le vieillissement de la population rend le dossier plus explosif. Les dernières statistiques de l'INSEE révèlent pour 2009 une progression de l'espérance de vie de deux mois. Le seul dogme pour le Parti socialiste est le maintien du "système de retraite par répartition", comme l'a réitéré sa n°1, alors que la présidente du Medef Laurence Parisot jugeait possible lundi l'instauration parallèle de systèmes par capitalisation.
L'aile gauche grince des dents
Mais rue de Solférino, le sujet n'est pas mûr pour tous. "Il n'y a pas encore de position officielle du PS, nous y travaillons", a affirmé à l'AFP Marisol Touraine, secrétaire nationale chargée du dossier des retraites. Mais, ajoute la députée d'Indre-et-Loire, "il n'y a pas de tabou : ni sur l'âge de la retraite, ni sur la durée des cotisations, tout est sur la table". Le député Bruno Le Roux, proche de François Hollande, abonde dans le même sens : "aucun débat n'est tabou, surtout quand, pour beaucoup de Français, l'âge de départ légal a dépassé 60 ans".
Manuel Valls, député de l'Essonne, se prononce pour "un pacte national" entre pouvoir et opposition, et son collègue Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire) se dit favorable à "un compromis national". Claude Bartolone, proche de Mme Aubry, précise qu'il faut raisonner en termes de durée de cotisation, l'âge légal apparaissant comme "un verrou". Il défend deux impératifs: le niveau des retraites et la pénibilité. Le député Jean-Marie le Guen, expert PS des questions de santé, favorable à un "compromis social" sur les retraites, devait rencontrer le ministre du Travail Xavier Darcos le 3 février, selon le ministère. Mais cette rencontre a été démentie par le socialiste.
Le débat au PS risque d'être houleux : l'aile gauche du parti reste arc-boutée sur les 60 ans. "La position du PS avait été arrêtée en février 2008, axée sur le maintien de l'âge légal à 60 ans, et rien ne justifie sa remise en cause", affirme à l'AFP Razzy Hammadi, membre de la direction et proche du porte-parole Benoît Hamon. "Ce n'est pas la position du PS que de reculer l'âge du départ à la retraite", insistait de son côté Benoît Hamon. Il met l'accent sur la "diversification" des recettes.
La nouvelle position n'est en revanche pas pour déplaire au gouvernement. François Fillon s'en est "réjoui". "J'entends dire que le PS pourrait participer à la recherche d'une solution consensuelle : franchement je m'en réjouis", a déclaré le Premier ministre dans un discours prononcé à l'occasion des voeux aux parlementaires. "Si le PS persévère dans cette voie, ce sera le signe que notre démocratie progresse et se modernise", a-t-il insisté.
| Le rapport qu'attend Sarkozy |
Selon le Canard Enchaîné de mercredi, Nicolas Sarkozy compte sur ce rapport pour faire passer la pilule de la nouvelle réforme des retraites. Selon une version provisoire d'un rapport du Conseil d'Orientation des retraites (COR), que s'est procurée l'AFP, en plus de se préparer à des déficits abyssaux,le système français de retraite est "atypique", du fait notamment du morcellement de ses régimes de base et de la faible part de l'épargne retraite individuelle. En premier lieu, "le système de retraite français se caractérise par une multiplicité de régimes structurés en fonction de critères d'appartenance professionnelle", qui rendent "complexes" son organisation et son fonctionnement. La France compte "un peu plus de vingt régimes de retraite de base", que l'on peut répartir en trois grands ensembles: ceux couvrant les salariés du privé (Cnav, MSA), ceux couvrant les non-salariés (RSI, CNAVPL, etc.) et enfin les régimes spéciaux (fonctionnaires, SNCF, RATP, etc.).Le rapport relève aussi que "dans la plupart des systèmes étrangers", les régimes complémentaires fonctionnent par capitalisation, alors qu'en France, les régimes complémentaires (Agirc, Arrco, Ircantec) fonctionnent "en répartition", avec des pensions financées par les cotisations des actifs. Troisième spécificité: en France, la part des diverses formes d'épargne retraite individuelle est "relativement faible", et ce "malgré le développement récent encouragé par la réforme de 2003" des retraites. Ce document est extrait d'une version provisoire et partielle d'un rapport, que doit rendre le COR, sur les modalités d'une éventuelle transformation du régime français, dit "par annuités", en un régime par points ou "de comptes notionnels". Le COR est notamment composé de chercheurs, de syndicalistes, de parlementaires et de représentants de l'Etat. |
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Retraite à 60 ou 61 ans ? Aubry précise la position du PS
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