Retraites: les députés PS mettent la pression

le 09 septembre 2010 à 06h44 , mis à jour le 09 septembre 2010 à 07h42

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

L'Assemblée s'attaque jeudi et vendredi à l'essence même de la réforme, à savoir le relèvement de l'âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans.

La nuit a été courte pour les députés. La séance a été levée à 1h du matin et les travaux devaient reprendre dès 9h30, pour entrer dans le vif des amendements de la réforme des retraites. Les députés abordent  jeudi et vendredi les points essentiels du texte, à commencer par le relèvement  de l'âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans. "On ne peut pas commencer l'examen de ce projet de loi sans un geste,  audacieux, courageux, honnête qui est de dire: on supprime le bouclier fiscal",  a lancé le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault, en défendant une demande de  suppression du bouclier naturellement rejetée (158 voix contre, 92 pour).

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M. Ayrault a rappelé au passage que le ministre du Travail Eric Woerth était  "l'homme qui a signé le chèque pour remettre à Mme Bettencourt 30 millions  d'euros". M. Ayrault faisait allusion aux sommes que le Trésor public a remboursées en  2008 à Liliane Bettencourt, quand Eric Woerth était ministre du Budget, au titre  de l'application du bouclier fiscal, qui plafonne l'impôt à 50% des revenus. M. Woerth s'est de nouveau opposé à la suppression du bouclier fiscal qu'il  a instauré en 2007. Le vice-président du groupe UMP Jean Leonetti a opposé "un projet socialiste  fiscal" à un projet du gouvernement financé par "la solidarité entre les générations".
 
"Une usine  à gaz"
 
Les nouvelles mesures annoncées par le chef de l'Etat sur la pénibilité ont aussi été précisées et adoptées mercredi soir en commission, sans calmer  l'opposition de gauche. "Ce sont des avancées très importantes sur la pénibilité. Il y a une réponse forte du gouvernement", a dit à la presse le ministre du Travail, Eric Woerth,  en sortant de la réunion de la commission des Affaires sociales, qui s'est réunie pendant plus de deux heures. Les députés PS ont parlé "d'amendements écrits à la va-vite, arrivés tardivement pour essayer de désamorcer la force du mouvement social d'hier(mardi)".  Dans un premier temps, le gouvernement voulait maintenir la retraite à 60 ans pour les seuls salariés justifiant d'un taux d'incapacité de 20% en raison de la pénibilité au travail. L'exécutif a décidé d'étendre la disposition "aux personnes justifiant d'un  taux d'incapacité permanente compris entre 10 et 20%". Dans ce cas, le départ à 60 ans sera surbordonné "au fait que l'assuré  puisse apporter la preuve qu'il a bien été exposé à des facteurs de risques  professionnels" et à "l'aval d'une commission". "C'est une avancée historique qui permettra à 30.000 personnes de partir  plus tôt, et notamment aux caissières victimes de troubles  musculo-squelettiques", a dit la députée UMP Valérie Rosso-Debord.  Alain Vidalies (PS) a dénoncé "des textes écrits à la va-vite" et "une usine  à gaz". "Le gouvernement invente un système où il faudra que le salarié aille  devant une commission... j'ai presque envie de dire que cela me paraît relever  de l'amateurisme que de la réponse" au mouvement social, a-t-il déclaré.
 
Dans la nuit, les députés ont approuvé un amendement du gouvernement sur la médecine du travail, qui prévoit que "les missions des services de santé au travail sont  assurées par une équipe pluridisciplinaire". "L'employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s'occuper des  activités de protection et de prévention des risques professionnels de l'entreprise", ajoute cet amendement, adopté avec d'autres  mesures sur la pénibilité, après les annonces dans la matinée du chef de  l'Etat. "Il est important que les missions des services de santé au travail soient clairement définies par la loi", a estimé le gouvernement représenté par le ministre du Travail Eric Woerth. Le gouvernement veut aussi "rétablir une égalité de traitement entre les  différents salariés en uniformisant leur suivi médical sur le droit commun  défini par décret". La députée PS Marisol Touraine a estimé que le gouvernement entreprenait "la refonte complète de la médecine du travail qui s'apparente en réalité à son  démantèlement". "Maintenant, elle dépendra de l'autorité des employeurs", a-t-elle ajouté. L'examen de l'amendement en séance publique devrait avoir lieu vendredi ou  lundi.

55% des Français pensent que le gouvernement doit céder sur l'âge

Plus d'un Français sur deux (55%) estiment que le gouvernement doit céder sur le report de l'âge légal de départ à la retraite, après la journée d'action syndicale de mardi, selon un sondage BVA diffusé jeudi pour Canal +. La journée de grèves et manifestations contre le projet de réforme des retraites, qui prévoit le recul de l'âge légal de 60 à 62 ans, a été "plutôt un succès" pour les syndicats et l'opposition selon 80% des sondés, tandis que 19%  y voient "plutôt un échec" (1% ne se prononce pas). Pour une majorité de Français (62%), "il faut qu'il y ait des suites" avec d'autres journées d'action. Quelque 37% jugent en revanche qu'"il faut s'arrêter là" (1% ne se prononce pas). A la question de savoir si le gouvernement doit céder, après la journée de grèves de mardi, sur sa décision de repousser l'âge légal de départ, 55% des personnes interrogées répondent par l'affirmative, 43% étant d'un avis contraire (2% ne se prononcent pas). Sondage réalisé du 7 septembre 20h00 au 8 septembre 17h00 auprès d'un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

le 09 septembre 2010 à 06:44
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10 Commentaires

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  • michalowice, le 09/09/2010 à 23h44

    Ils ont raison !

  • kangooroux1, le 09/09/2010 à 18h13

    C'est bien vrai ça. Autant instaurer immédiatement une dictature et interdire purement et simplement aux opposants de s'exprimer. La démocratie, c'est tellement surcotée...

  • boulogne-b, le 09/09/2010 à 17h16

    Et à part la pression ..............

  • alain-paris, le 09/09/2010 à 17h03

    Seulement du PS ? Rappelez nous donc qui nous promettait la sécurité, le pouvoir d'achat, la diplomatie morale... lors de la campagne de 2007

  • michelfan, le 09/09/2010 à 17h02

    Nous sommes entrés dans la prochaine élection présidentielle ! Tout est bon pour empoisonner le climat en France !

  • bikbikbikette, le 09/09/2010 à 15h30

    Ils peuvent mettre la pression, ça ne changera rien.

  • roro03000, le 09/09/2010 à 15h01

    Le P S ils ne vont pas faire aujourd'hui ce qu'ils n'ont pas fait avant trop facile de critiquer quand on est dans l'opposition .

  • halluzen, le 09/09/2010 à 12h12

    Qu'ils mettent la pression sur les niveau des retraites qu'ils s'appliquent à eux-mêmes : députés et sénateurs, pourquoi tant de privilèges alors que vous faites preuve de tant d'incompétence ?

  • resyl77, le 09/09/2010 à 11h40

    Demagogie et populisme sont les deux mamelles du ps......

  • monacfrance, le 09/09/2010 à 10h19

    C'est tellement simple de n'avoir que la pression à mettre .....

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