Sarkozy à Nouméa : "N'attendez pas 2014 comme une peine"

le 28 août 2011 à 12h36 , mis à jour le 28 août 2011 à 12h41

Prônant "l'apaisement" en Nouvelle-Calédonie, théâtre de récents affrontements, le chef de l'Etat a abordé, au dernier jour de sa visite, le processus de décolonisation par étapes de l'archipel, mis en place par l'accord de 1998 : entre 2014 et 2018, les Calédoniens seront appelés à se prononcer.

[Expiré] Nicolas Sarkozy à Nouméa au dernier jour de sa visite en Nouvelle-Calédonie (28 août 2011) © AFP / M. Le Chelard

Nicolas Sarkozy a exhorté dimanche les Calédoniens à rejeter la violence et à réfléchir à leur maintien ou non au sein de la France de manière "apaisée", au troisième et dernier jour de la visite qu'il a effectuée en Nouvelle-Calédonie, théâtre de récents affrontements meurtriers. Le 6 août, un conflit social a ainsi dégénéré, sur l'île de Maré, en affrontements qui ont causé la mort par balles de quatre jeunes Kanaks. "Le cancer de la violence peut resurgir à chaque instant si on n'est pas vigilant", a mis plusieurs fois en garde Nicolas Sarkozy. Pour lui, il est d'autant plus urgent de contenir cette violence que des échéances politiques capitales se préparent sur l'archipel : entre 2014 et 2018, les Calédoniens seront appelés à se prononcer lors d'un référendum pour ou contre leur maintien au sein de la République française.

  • Dernier jour de visite en Nouvelle-Calédonie pour Nicolas Sarkozy

    Au cours de cette visite, la première depuis son élection en 2007, le chef de l'Etat a multiplié les appels au compromis entre les communautés. Et pour clôturer son voyage, il a tenu à réaffirmer son attachement au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, tout en assurant qu'il revient aux peuples de décider de leur avenir.

    Publié le 28/08/2011 Dernier jour de visite en Nouvelle-Calédonie pour Nicolas Sarkozy
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"Apaisement", "dialogue des communautés", "paix et justice": pendant deux jours et demi, le président de la République, en visite pour la première fois dans le territoire qui l'avait le mieux élu en 2007 (62,8%), s'est efforcé de désamorcer les tensions politiques et sociales des derniers mois. Et au dernier jour de sa visite, il a affirmé que "tout (le) pousse à croire au maintien de la Calédonie dans la France". Mais "si les Calédoniens font un autre choix, je le respecterai et l'accompagnerai". Le président de la République s'exprimait devant quelque 3000 invités, dans une salle omnisport de la périphérie de Nouméa.

"La France gardera le contrôle du capital d'Eramet"

"L'Etat s'attache à vous accompagner pour préparer l'avenir, en toute impartialité", a-t-il ajouté. Il a invité la droite et les Kanaks indépendantistes à "ne pas attendre 2014 comme une peine" mais à "s'y préparer" dès maintenant. "La France gardera de façon certaine le contrôle du capital d'Eramet", le principal opérateur du nickel calédonien, a-t-il par ailleurs affirmé, en mettant en avant les convoitises que les richesses calédoniennes en nickel (un quart des ressources mondiales) pourraient attirer.

"Nous regardons en face la période de la colonisation, qui fut une période de négation de l'identité kanak", a également assuré le président Sarkozy, fidèle à l'esprit de l'accord de Nouméa, qui a instauré en 1998 un processus de décolonisation par étapes de l'archipel. Il a en outre réitéré son soutien au choix de deux drapeaux, kanak et tricolore - comme emblème de la Nouvelle-Calédonie, ce qui illustre selon lui "la reconnaissance mutuelle des deux légitimités qui fondent la Nouvelle-Calédonie".

Sans évoquer de repentance, une notion qu'il a toujours rejetée, Nicolas Sarkozy a ainsi donné, tout au long de ses deux jours et demi de visite, beaucoup de signes d'ouverture en direction des indépendantistes. Il a notamment été le premier président français à se rendre au Sénat coutumier à Nouméa. Dans le nord, il a également visité le chantier de la gigantesque usine de nickel Koniambo, majoritairement détenue par les Kanaks.

le 28 août 2011 à 12:36
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8 Commentaires

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  • cocoti509, le 28/08/2011 à 23h55

    La Calédonie est un P.O.M., Pas d'Outre-Mer qui ne perçoit pas plus de subventions qu'un département Français. La sécu (CAFAT) est autogérée comme toutes les administrations calédoniennes. Les problèmes sont les monopoles commerciaux, l'indexation des fonctionnaires et la défiscalisation. L'indépendance? Oui mais sans la France alors. On peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Les locaux ont tout, la terre, l'emploi prioritaire, des aides à n'en plus finir et pour nous métros c'est la galère, et encore ils ne sont pas contents.

  • bourail8, le 28/08/2011 à 23h45

    Je me marre bien de vous lire ,parler de choses que vous connaissez pas, comme quoi certains ouvrent la bouche pour dire n'importe quoi. Mieux vaut donner des indexations à des personnes qui bossent que donner des aides à des fainéants.

  • vigouden, le 28/08/2011 à 23h09

    Sans compter le remboursement de la dette: Infrastructures routières, hôpitaux...

  • trentesix36v4, le 28/08/2011 à 21h45

    Eh oui contrairement à ce que d'autre ont bêtement écrit la Calédonie est un T.O.M avec son propre gouvernement sa sécu et sa caf , ses cotisations etc. et quand on regarde la balance des échanges entre le territoire et la métropole elle est égalitaire !! et quand on regardes où va l'argent de l'état français et bien c'est à ses fonctionnaires et à leurs indexation !! à bonne entendeur salut !

  • moodzy, le 28/08/2011 à 20h41

    Contrairement aux commentaires des internautes, il faut noter que si les DOM TOM en général coutent de l'argent aux Français, la Nouvelle Calédonie en rapporte grâce aux revenus du nickel (et à la participation de l'État français dans les entreprises qui l'extraient de là-bas)

  • safka, le 28/08/2011 à 18h03

    Plus de France donc ils se débrouillent a 100% pas certain que la majorité du pays veule se retrouver indépendant

  • eliot1949, le 28/08/2011 à 16h47

    J'espere que s'ils choisissent l'independance que ce sera à 100% et non pas qu'on devra encore les soutenir financierement: secu, Europe et autres avantages. Voilà comment reduir notre deficit pour ceux qui ne veulent plus faire parti de la France.

  • chicagoland, le 28/08/2011 à 16h36

    A larguer tout ca DOM TOM y compris , gouffre a fric.

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