© AFP / M. Le ChelardNicolas Sarkozy a exhorté dimanche les Calédoniens à rejeter la violence et à réfléchir à leur maintien ou non au sein de la France de manière "apaisée", au troisième et dernier jour de la visite qu'il a effectuée en Nouvelle-Calédonie, théâtre de récents affrontements meurtriers. Le 6 août, un conflit social a ainsi dégénéré, sur l'île de Maré, en affrontements qui ont causé la mort par balles de quatre jeunes Kanaks. "Le cancer de la violence peut resurgir à chaque instant si on n'est pas vigilant", a mis plusieurs fois en garde Nicolas Sarkozy. Pour lui, il est d'autant plus urgent de contenir cette violence que des échéances politiques capitales se préparent sur l'archipel : entre 2014 et 2018, les Calédoniens seront appelés à se prononcer lors d'un référendum pour ou contre leur maintien au sein de la République française.
Dernier jour de visite en Nouvelle-Calédonie pour Nicolas Sarkozy
Au cours de cette visite, la première depuis son élection en 2007, le chef de l'Etat a multiplié les appels au compromis entre les communautés. Et pour clôturer son voyage, il a tenu à réaffirmer son attachement au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, tout en assurant qu'il revient aux peuples de décider de leur avenir.
Publié le 28/08/2011
"Apaisement", "dialogue des communautés", "paix et justice": pendant deux jours et demi, le président de la République, en visite pour la première fois dans le territoire qui l'avait le mieux élu en 2007 (62,8%), s'est efforcé de désamorcer les tensions politiques et sociales des derniers mois. Et au dernier jour de sa visite, il a affirmé que "tout (le) pousse à croire au maintien de la Calédonie dans la France". Mais "si les Calédoniens font un autre choix, je le respecterai et l'accompagnerai". Le président de la République s'exprimait devant quelque 3000 invités, dans une salle omnisport de la périphérie de Nouméa.
"La France gardera le contrôle du capital d'Eramet"
"L'Etat s'attache à vous accompagner pour préparer l'avenir, en toute impartialité", a-t-il ajouté. Il a invité la droite et les Kanaks indépendantistes à "ne pas attendre 2014 comme une peine" mais à "s'y préparer" dès maintenant. "La France gardera de façon certaine le contrôle du capital d'Eramet", le principal opérateur du nickel calédonien, a-t-il par ailleurs affirmé, en mettant en avant les convoitises que les richesses calédoniennes en nickel (un quart des ressources mondiales) pourraient attirer.
"Nous regardons en face la période de la colonisation, qui fut une période de négation de l'identité kanak", a également assuré le président Sarkozy, fidèle à l'esprit de l'accord de Nouméa, qui a instauré en 1998 un processus de décolonisation par étapes de l'archipel. Il a en outre réitéré son soutien au choix de deux drapeaux, kanak et tricolore - comme emblème de la Nouvelle-Calédonie, ce qui illustre selon lui "la reconnaissance mutuelle des deux légitimités qui fondent la Nouvelle-Calédonie".
Sans évoquer de repentance, une notion qu'il a toujours rejetée, Nicolas Sarkozy a ainsi donné, tout au long de ses deux jours et demi de visite, beaucoup de signes d'ouverture en direction des indépendantistes. Il a notamment été le premier président français à se rendre au Sénat coutumier à Nouméa. Dans le nord, il a également visité le chantier de la gigantesque usine de nickel Koniambo, majoritairement détenue par les Kanaks.
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