Nucléaire : Sarkozy attaque la gauche, elle le traite de "menteur"

le 25 novembre 2011 à 13h08 , mis à jour le 01 décembre 2011 à 17h10

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Le nucléaire

Nicolas Sarkozy a assuré vendredi, lors d'un déplacement dans le Vaucluse et dans la Drôme, que l'accord signé entre le PS et les écologistes, qui prévoit de réduire la part du nucléaire en France, risque de susciter "un mouvement massif de délocalisation".

Nicolas Sarkozy lors d'un discours sur le nucléaire à Pierrelatte (25/11/2011)Nicolas Sarkozy lors d'un discours sur le nucléaire à Pierrelatte (25/11/2011) © TF1/LCI

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Plus d'infos

L'avenir du nucléaire s'est imposé comme l'un des principaux thèmes du début de la campagne pour la présidentielle de 2012, après la signature la semaine dernière d'un accord entre le PS et les écologistes d'EELV qui prévoit, en cas de victoire de la gauche en 2012, la réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire dans le "mix" énergétique français.

En pointe dans la défense de l'industrie nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima, un secteur qu'il considère comme stratégique pour la France, Nicolas Sarkozy a saisi l'occasion de cet accord controversé pour tenter d'en faire aussi un argument électoral. "Augmenter le prix de l'énergie que paient les usines, c'est prendre le risque d'un mouvement massif de délocalisation", a déclaré le chef de l'Etat devant les salariés de cette entreprise. "Grâce (au nucléaire), les Français, vous-mêmes, vous payez l'électricité deux fois moins cher que les Allemands. Pour une usine comme la vôtre, l'accès à une énergie peu chère, c'est absolument nécessaire pour la compétitivité de vos produits", a-t-il souligné.

Le chef de l'Etat s'est alors lancé dans un démontage en règle des arguments anti-nucléaires : "Mettre en cause la filière nucléaire, c'est mettre en cause la pérennité des usines dans le secteur électro-intensif (...), on ne peut pas dire : je défends l'industrie, et : je remets en cause la filière nucléaire", a-t-il ajouté, "le jour où le prix de l'énergie sera multiplié par deux, posez-vous la question : est-ce que Saint-Gobain pourra garder son usine ici en France ? On n'a pas le droit de rompre un consensus politique de soixante-cinq ans au risque de détruire les emplois de l'industrie française, c'est une folie", a insisté le chef de l'Etat, "quand l'intérêt national est à ce point mis en cause, ma responsabilité c'est de dire : on n'a pas le droit".

L'argument du prix du kilowatt/heure

Après un entretien à huis clos avec des syndicalistes à la centrale EDF du Tricastin, le président a enfoncé le clou devant un parterre d'ouvriers, ingénieurs et responsables de la filière, sur le chantier de la nouvelle usine d'enrichissement d'Areva à Pierrelatte. D'entrée, Nicolas Sarkozy a recadré la portée de l'accord PS-EELV, qui prévoit la fermeture d'ici 2025 de 24 des 58 réacteurs français pour faire passer de 74% à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité. Il s'agit, a-t-il jugé, de préparer "purement et simplement une sortie" du nucléaire. Cette "destruction de la filière" porterait "un coup très dur à l'activité et à l'emploi dans notre pays (...) en période de crise", a argué Nicolas Sarkozy. D'abord aux salariés et sous-traitants du nucléaire, évalués à 240.000. "Un cataclysme" pour les 7000 employés du site du Tricastin et un "coup fatal" à la compétitivité de toute l'économie, a-t-il illustré.

Puis le chef de l'Etat a insisté sur la hausse des prix du kilowatt/heure qui résulterait de l'abandon du nucléaire. "Je n'accepterai pas de laisser supporter par des millions de foyers, surtout les plus modestes, le poids financier d'une décision purement idéologique". L'énergie solaire ? Remplacer les 4 réacteurs du seul Tricastin coûterait "près de 5 milliards d'euros par an". Implanter 30.000 éoliennes ? Ce serait "la France et ses paysages définitivement défigurés". Revenir au gaz ? Il faudrait en importer "à hauteur de 5 milliards d'euros par an".

"Caricature"

Après ce discours, les réactions à gauche ont fusé. François Hollande a estimé que la vision de Nicolas Sarkozy sur le nucléaire était une "espèce de caricature" repliée sur "un schéma ancien". "Je suis pour la diversification des sources d'énergie pour produire de l'électricité. Pour les 15 à 20 ans à venir, j'ai fixé la perspective de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% (dans la production d'électricité-NDLR) tout en faisant monter les énergies renouvelables", a rappelé François Hollande devant les journalistes. Pour le candidat PS, c'est avec cette diversification des sources d'énergie "que nous aurons une mutation industrielle qui se fera toujours autour du nucléaire qui restera la source principale de production électrique en même temps qu'on y ajoutera des énergies renouvelables". François Hollande a opposé cette "vision équilibrée et responsable" à celle de Nicolas Sarkozy "qui est une espèce de caricature sur l'affirmation d'un modèle qui parait aujourd'hui dépassé".

Avant, Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche, a accusé le président Nicolas Sarkozy de se livrer "à un odieux chantage à l'emploi" et de travestir les propositions de François Hollande en accusant la gauche de vouloir la "destruction" de la filière nucléaire. "En l'accusant de vouloir +détruire la filière nucléaire+, le président de la République travestit les propos et l'engagement de François Hollande, et recourt à un odieux chantage à l'emploi à des fins politiciennes", écrit-il dans un communiqué.

le 25 novembre 2011 à 13:08
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124 Commentaires

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  • fred505, le 12/12/2011 à 11h03

    Moi aussi j'ai constaté le phénomène, il y a aussi des chiffres étonnant par rapport aux commentaires ?

  • alkira200, le 26/11/2011 à 12h23

    @etonio : lke nucléaire non plus ne peut pas s'adapter à la demande à tout moment (temps de réaction trop long) , c'est pour cela qu'il y a encore des centrales thermiques, plus réactives ... Concernant le CO2 vous me faites rigoler! Primo, le principal gaz à effet de serre est ... la vapeur d'eau, secundo la quantité de CO2 émise par l'homme est minime par rapport à celle émise naturellement (décomposition des végétaux par exemple ) Tertio : comment expliquez-vous que dans les décennies 1940-1970, la température moyenne de la planète baissait légèrement, alors que la production de CO2 par l'industrie est en croissance continue depuis le début du 20ème siècle ?

  • bebert59560, le 26/11/2011 à 10h32

    @davric vous devez être bien jeune car vous oubliez de nous dire que le démantèlement de la sidérurgie lourde française en Lorraine et dans le Nord a commencé en 1981 sous le règne de tonton 1er et de son premier ministre "Rougeot de Lille"" !... Par quoi ont été remplacées les industries textiles écrivez vous ! par des friches industrielles et le désert et par un superbe musée pour les charbonnages! Venez chez nous on vous fera une visite guidée!..

  • lhom35, le 26/11/2011 à 09h56

    Et si le nucléaire n'existait pas , vous ne pensez pas qu'on aurait trouvé autre chose?

  • lhom35, le 26/11/2011 à 09h53

    Sabyne001 - Quand on sait qu'il y a un risque , on fait ce qu'il faut pour l'éviter. Non?

  • lhom35, le 26/11/2011 à 09h50

    @phil_17 - tous les français riches........

  • escotr250, le 26/11/2011 à 09h44

    Il va peut etre permettre de reformer le couple hollande-royal dans la défaite

  • sambrest, le 26/11/2011 à 09h00

    Voulez vous que l'on fasse ici le résumé des tambouilles électorales de l'UMP? c'est le jeu politique qui veut ça! vous serez mort depuis des lustres que ce sera encore comme ça!

  • sambrest, le 26/11/2011 à 08h59

    Vous ne nous sortez pas l'argument de la fameuse bougie? ;-)

  • kosotto1, le 26/11/2011 à 08h52

    Sirfabel : Ségolène Royal est intervenue pour défendre les emplois des salariés chez Montupet ou encore chez Freescale et surtout pour ceux des Fonderies du Poitou. Baroin s'est certes déplacé chez Aréva mais pour l'instant nous en sommes au stade des moulinets et je crains que nous y restions !

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