Sarkozy fait revenir la règle d'or dans le débat avec Hollande

le 05 décembre 2011 à 21h25 , mis à jour le 05 décembre 2011 à 21h40

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Crise financière

En voulant dès mars la conclusion d'un traité comportant l'adoption d'une "règle d'or budgétaire", le chef de l'Etat veut remettre dans le débat politique une question-piège pour le candidat socialiste François Hollande.

Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la crise à Toulon le 1er décembre 2011Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la crise à Toulon le 1er décembre 2011 © TF1-LCI

Recevant Angela Merkel à Paris, le chef de l'Etat et la chancelière ont annoncé une "règle d'or renforcée et harmonisée au niveau européen" pour s'assurer que les budgets des pays de la zone euro iront "vers le retour à l'équilibre". Pendant que François Hollande était lui à Berlin devant les sociaux-démocrates allemands, Nicolas Sarkozy en a profité pour attaquer le candidat PS: "comme apparemment il a passé un moment avec les socialistes allemands, je n'aurai pas besoin de le convaincre, puisque les socialistes allemands (...) ont voté la règle d'or en Allemagne". "Vérité d'un côté du Rhin, vérité de l'autre", a ajouté le président, qui devrait annoncer sa candidature à la présidentielle début 2012.
  • Rigueur : Fillon évoque de possibles "ajustements" budgétaires en 2012

    François Fillon a écarté mardi un troisième plan de rigueur tout en n'excluant de possibles ajustements en fonction de la croissance de 2012. Le Premier ministre a par ailleurs déclaré qu'il souhaitait que la hausse du prix du gaz, qui doit intervenir en janvier, soit inférieure à 5%.

    Publié le 06/12/2011 Rigueur : Fillon évoque de possibles "ajustements" budgétaires en 2012
  • La gauche impute à Sarkozy les menaces sur le "triple A" français

    REACTIONS. L'opposition accuse le chef de l'Etat d'être responsable du risque de dégradation de la note souveraine de la France. Elle juge que les appels de Nicolas Sarkozy à l'adoption d'une "règle d'or" budgétaire ne sont pas à la hauteur de la situation.

    Publié le 06/12/2011 La gauche impute à Sarkozy les menaces sur le "triple A" français
  • Traité UE : pour Hollande, le projet Sarkozy-Merkel est "une illusion"

    Plutôt que ce nouveau traité, il faudrait "faire intervenir davantage la Banque centrale européenne" et favoriser les euro-obligations.

    Publié le 06/12/2011 Traité UE : pour Hollande, le projet Sarkozy-Merkel est "une illusion"
  • Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars

    Lors d'une conférence de presse à l'Elysée lundi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé s'être mis d'accord sur un nouveau traité européen, si possible à 27, mais si besoin à 17.

    Publié le 05/12/2011 Paris et Berlin d'accord pour un nouveau traité européen en mars
  • Hollande plaide pour "un couple franco-allemand équilibre"

    Invité au congrès du SPD, le candidat PS a affirmé lundi depuis Berlin vouloir "un fédéralisme de projets" et non de marchés.

    Publié le 05/12/2011 Hollande plaide pour "un couple franco-allemand équilibre"
  • "Germanophobie" : la gauche contre-attaque

    De François Hollande à Benoît Hamon en passant par Pierre Moscovici, des voix s'élèvent au sein du PS pour dénoncer le procès en "germanophobie" qui lui est fait par la droite.

    Publié le 05/12/2011 "Germanophobie" : la gauche contre-attaque
  • Hollande à Berlin, déplacement délicat

    Le candidat socialiste passe deux jours au congrès du SPD où il s'exprime lundi matin. Sa parole est très attendue alors que la relation franco-allemande est cruciale pour sauver l'euro.

    Publié le 04/12/2011 Hollande à Berlin, déplacement délicat
  • Mélenchon appelle à "ne pas s'enfermer" dans un "tête à tête" avec Merkel

    En pleine polémique sur un retour de la germanophobie sur fond de crise de la dette, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, appelle "à ne pas s'enfermer" dans un "tête à tête" avec la chancelière Allemande Angela Merkel, estimant qu'"il y a des progressistes en Allemagne".

    Publié le 04/12/2011 Mélenchon appelle à "ne pas s'enfermer" dans un "tête à tête" avec Merkel
  • Crise de la zone euro : pour Delors, le ver était dans le fruit

    L'euro était sur de mauvaises bases dès son lancement, analyse Jacques Delors, l'un des "pères" de la monnaie unique européenne, dans les colonnes du Daily Telegraph, alors que la crise des dettes souveraines continue à agiter de remous toute la zone euro.

    Publié le 03/12/2011 Crise de la zone euro : pour Delors, le ver était dans le fruit
  • Crise : après Sarkozy, Merkel répète sa ligne

    Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy et à trois jours d'un déplacement à Paris sur le dossier brûlant de la crise européenne, la chanclière allemande s'est exprimé vendredi devant le Bundestag. Au menu : fermeté contre une crise "marathon".

    Publié le 02/12/2011 Crise : après Sarkozy, Merkel répète sa ligne
  • Zone euro : sur quoi portent les négociations au juste ?

    Traités, rigueur budgétaire, pacte de stabilité... De nouveaux enjeux sont débattus avant le prochain sommet européen "de la dernière chance", les 8 et 9 décembre. De quoi parle-t-on ?

    Publié le 02/12/2011 Zone euro : sur quoi portent les négociations au juste ?
  • Les pompiers dans la ligne de mire de la Cour des comptes

    La Cour des comptes écorne l'image des pompiers dans un rapport, qui relève de nombreuses anomalies et un accroissement "mal maîtrisé" des dépenses dans la gestion de leurs effectifs. Les dépenses ont progressé de 4,8% par an entre 2002 et 2010 alors qu'en huit ans, le nombre d'intervention a augmenté de 17%.

    Publié le 01/12/2011 Les pompiers dans la ligne de mire de la Cour des comptes
  • Malgré les efforts, Standard & Poor's menace

    Standard and Poor's a lancé lundi un nouvel avertissement aux 15 pays de la zone euro, mais particulièrement la France dont la note pourrait baisser de deux crans. L'agence s'inquiète notamment pour la croissance qui ne devrait pas dépasser les 0.5% selon elle l'an prochain.

    Publié le 06/12/2011 Malgré les efforts, Standard & Poor's menace
Plus d'infos

 
En relançant ainsi le débat, cherche-t-il à coincer le PS ?  "Ce qu'il n'a pas été en capacité d'obtenir au niveau national au mois de septembre, il cherche à l'obtenir au niveau européen", a affirmé à l'AFP Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande. Le chef de l'Etat avait voulu réunir le Congrès en septembre pour inscrire dans la Constitution la règle d'or d'équilibre budgétaire, mais y a renoncé de crainte de ne pas obtenir les 3/5e des voix nécessaires pour son adoption."Je vois bien qu'il fait de tout cela une question électorale, ça ne le grandit pas", note M. Sapin, ajoutant: "Mais nous communiquerons en sens inverse en disant que ce sont ceux qui ont creusé les plus gros déficits de la France qui veulent s'acheter une vertu européenne, ça ne marchera pas"."Il ne nous coincera pas plus qu'il n'a réussi à nous coincer au niveau national en septembre", a-t-il ajouté, relevant que Mme Merkel et M. Sarkozy ont prévu une signature du traité en mars mais une ratification "après la présidentielle et les législatives".
 
Quels effets sur 2012 ?

Pour le politologue Gaël Sliman (BVA), remettre le sujet sur la place publique à un mois de l'élection présidentielle peut avoir deux effets opposés. Un effet positif pour le chef de l'Etat: "la règle d'or est un des rares sujets où Sarkozy puisse pousser un avantage face à Hollande puisque les Français, à chaque fois qu'on les sonde, sont à une très nette majorité favorables (à environ 70%) à la règle d'or. Il va avancer l'argument selon lequel les socialistes ne seraient pas respectueux des finances publiques". D'autant que selon lui, les sondés "ne comprennent pas trop la position du PS sur le sujet".
 
Le candidat socialiste est favorable à une "loi de programmation" sur la réduction des déficits après la présidentielle. Pour lui, la règle d'or, c'est la réduction des déficits. Il s'est prononcé pour un retour du déficit à 3% du PIB dès 2013 et à zéro d'ici 2017. François Hollande "veut le retour à l'équilibre des comptes sans qu'il soit besoin de se dissimuler derrière une règle de papier", a résumé M. Sapin Deuxième effet possible, cette fois plus "dangereux pour le chef de l'Etat", selon M. Sliman: "l'argument selon lequel Nicolas Sarkozy aurait perdu son bras de fer face à une Angela Merkel qui dicterait ses positions peut fonctionner et peser sur l'opinion".
 

le 05 décembre 2011 à 21:25
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

38 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • kosotto1, le 06/12/2011 à 23h54

    Drimup : alors on n'assume même pas ses propos (en plus des mensonges ça fait lourd) ? C'est pitoyable ! et pour en revenir à la gauche, ce sera tellement facile d'arriver après Nicolas Sarkozy ! il a mis la barre si bas !!!

  • sambrest, le 06/12/2011 à 14h42

    Pour l'instant c'est Monsieur Sarkozy qui pourrait donner des cours en la matière... des cours magistraux...

  • sambrest, le 06/12/2011 à 14h41

    Si la règle d'or réglait tout, pourquoi ne pas en instaurer une en matière d'emploi par exemple? la règle d'or existe déjà. personne ne la respecte ou presque!

  • sambrest, le 06/12/2011 à 14h40

    Et vous avez vu l'allusion de Monsieur Obama au physique de Monsieur Sarkozy, avec la petite Giulia? heureusement qu'il le respecte, qu'est ce que ce serait sinon! ;-)

  • sambrest, le 06/12/2011 à 14h38

    Quelle poudre aux yeux! mon amie et moi avons adopté une règle d'or, le mois suivant on était à découvert le 20 du mois, comme d'habitude! en plus elle existe cette règle : ce sont les 3% du PIB de déficit public. c'est le traité de Maastricht et ça a 20 ans! et Monsieur Sarkozy a allègrement passé outre cette règle, comme tout le monde!

  • clementine1218, le 06/12/2011 à 14h33

    Syberya kosotto c'est sur le mot solidarité pour vous , c'est la fabrique a pauvres mais cherchez bien vous risquez de trouver une autre signification a la solidarité par exemple donner du boulot , un logement et une vie décente a tout nos pauvres en France plutôt que d'en fabriquer de nouveau pour pouvoir dire nous nous sommes humain avec du coeur . Moi aussi je me marre ! Quant a la politique j'ai baigner dedans depuis la naissance mais bon c'est vrai qu'il ni a qu'a gauche qu'on comprend la politique et les politiciens et tous ces rouages et qu'on a la vérité absolu. Amen !

  • syberya, le 06/12/2011 à 13h22

    @cyrlire-- Gnangnangnan nanére, je suis tellement d'accord avec vous clementine, et patati et patata...Ben ils sont mal barrés au FN avec des pimpins comme vous !!! Je comprends que Sarko ait été élu, et surtout par qui, pauvre France...Ben allez au FN et bon vent, pfffitttt ce qu'il faut pas lire, c'est pathétique :o(

  • syberya, le 06/12/2011 à 13h17

    Je vous cite:" Alors cette stupidité de dire nous on fera que quand on sera au pouvoir c'est d'un nul .Hollande ne sera jamais a la hauteur vous vous êtes trompé de candidat mais si il passe et bien tant mieux au moins il ce fera jeté et on sera tranquille ",. Il est vrai que vos propos quant à eux, en sont totalement dépourvus de" stupidité " Ce qui me plaît chez vous Clementine, c'est que vous êtes sans cesse dans la contradiction la plus totale, et à vous lire je ne suis pas persuadée que vous même sachiez, où vous en êtes. Vous nous dites que la gauche est " pitoyable " et une droite exceptionnelle ( mouahhihouhou, onomatopée qui signifie: JE ME MARRE..), alors qu'en temps de crise, ces deux partis se devraient d'être unis, alors là laissez-moi vous dire, que de deux choses l'une, ou, comme je le pense depuis toujours, vous n'y entendez que tchi en politique, ou nous n'avons pas le même dictionnaire s'agissant de : ridicule, solidarité, et tous ces mots qui peinent à étayer votre laïus à deux balles. Merci de publier.

  • bebert59560, le 06/12/2011 à 12h54

    @janexx Vous ne le saviez pas!?

  • drimup, le 06/12/2011 à 11h25

    @kosotto : je rectifie votre commentaire : vous dites que Mr Sarkozy a dépensé à outrance, en faisant référence aux niches fiscales. Il n'a pas dépensé, il a juste évité de piquer de l'argent, à ceux que vous appelez les "riches", les "privilégiés", c'est à dire essentiellement des patrons et des entreprises qui font marcher l'économie de la France. Ne confondez pas dépenser et ne pas prendre, c'est totalement différent. Mais en même temps, comme la politique de la gauche a toujours été fondée sur le même modèle, c'est à dire taxer à outrance les gens qui bossent, qui créent, qui innovent, pour distribuer aux autres, je comprends votre erreur de langage. Et si le PS refuse cet héritage, c'est pas compliqué : qu'ils déclarent forfait, personne ne les oblige à postuler pour le job. Et évitez de déformer mes propos et surtout de les sortir du contexte, c'est un peu dommage que vous soyez obligé d'aller rechercher des commentaires dans vos archives personnelles pour vous rendre intéressant.

Lire tous les commentaires

      logAudience