Sarkozy s'explique sur "ce qui a réussi" ou pas

le 10 février 2011 à 21h32 , mis à jour le 11 février 2011 à 10h51

Durant une émission plus longue que prévu, le chef de l'Etat s'est livré à un exercice d'écoute compassionnelle, avec un dialogue moins pugnace que l'an dernier.

[Expiré] [Expiré] Nicolas Sarkozy © AFP

L'exercice était difficile pour un président au pouvoir depuis  trois ans et demi : écouter les doléances des neuf Français sur le plateau tout en défendant son action et montrer qu'il a encore prise sur un réel complexe. Contrairement à l'an dernier où il s'était montré pugnace face à des invités énergiques, Nicolas Sarkozy a tenté jeudi soir de se montrer plus en retrait, une rupture d'image risquée. Bon candidat de conquête, il est moins à l'aise dans l'attitude du président compassionnel.    

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 Fatiha Djegaoud, 62 ans, célibataire, Alpes Maritimes                Fatiha Djegaoud, 62 ans, pharmacienne. Paroles de Français
 
Le chef de l'Etat a commencé son dialogue avec les Français en consacrant 30 longues minutes aux problèmes de délinquance et de justice. Répondant à une question de Fatiha Djegaoud, une pharmacienne de Nice, dont l'établissement a été attaqué à quatre reprises en l'espace d'un mois et demi, Nicolas Sarkozy a opté pour un ton populaire, avec la volonté de parler aux électeurs du FN. « C'est ce que vivent de nombreux Français.  Je ne vais pas fuir. Il y a ce qu'on a réussi et ce qui n'a pas marché, a affirmé Nicolas Sarkozy à propos de l'insécurité. On a obtenu des résultats mais il y a deux points où on n'a pas réussi : les mineurs et l'hyperviolence de gens qui n'ont pas de règles".   S'agissant de la première, il a déclaré que les sanctions des tribunaux pour enfants n'étaient pas  adaptées pour les les jeunes les plus violents. Quant aux jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, il a indiqué qu'il s'agissait d'éviter que les sanctions prononcées ne soient "pas à la hauteur de la sévérité qu'en attendent les Français". Si le chef de l'Etat a modifié un peu son ton vis-à-vis des magistrats,  il a nié sa responsabilité dans le conflit actuel avec le monde judiciaire. "Ce qui a fait déborder le vase, c'est cette jeune Laëtitia", a-t-il martelé.

Lionel Dauguet, 58 ans, soudeur

 Cet ouvrier des chantiers de St Nazaire a fait part de son émotion quant à la situation de l'emploi dans sa région. Il a interrogé le président sur la baisse du pouvoir d'achat. Avec toujours la volonté de faire preuve d'empathie, le chef de l'Etat a vanté « un savoir-faire exceptionnel » dans ces chantiers, indiquant qu'aimant cet endroit, il a « tout fait pour le sauver ». S'en est suivi ensuite un long développement sur le modèle allemand et la compétitivité, passage un peu symptomatique de ce type de dialogue.  Nicolas Sarkozy a donné l'impression d'être venu avec ses réponses sur la mondialisation tandis que cet ouvrier le relancait concrètement sur le prix de l'essence. Il y a le monde du président et le pays telle que les Français le vivent...  

Mickael Poillion, 33 ans, agriculteur

Seul interlocuteur à manifester ouvertement son opposition au discours présidentiel, le jeune agriculteur a du coup permis au chef de l'Etat de défendre becs et ongles sa politique agricole et son intérêt pour les zones rurales. S'excusant pour sa forme «maladroite », Mickael Poillion a finalement obligé Nicolas Sarkozy à s'excuser lui-aussi s'il a pu paraître « méprisant » pour cette profession en difficultés. Un moment de dialogue sincère qui tranchait avec des tunnels d'explications.

Sous le costume du président perçait très nettement jeudi soir le candidat déjà en campagne. Ainsi, sur les dossiers économiques et sociaux, Nicolas Sarkozy a voulu rassurer l'électorat UMP, tant sur la question de la taxation sur la plus-value des résidences principales que sur la dénonciation des 35 heures. Le dialogue avec une chef d'entreprise de Bretagne lui a permis de prendre la défense des PME et du "capitalisme familial". Oscillant comme toujours entre la droite libérale et le colbertisme, Nicolas Sarkozy a dégagé une enveloppe de 500 millions d'euros pour les chômeurs de longue durée et les jeunes.

Autre thème sur lequel le chef de l'Etat a voulu rassurer la droite traditionnelle, l'immigration et l'islam. Répondant à un internaute de TF1 News, il a pour la première fois repris l'argumentaire d'Angela Merkel et de David Cameron en affirmant que "le multiculturalisme était un échec". Avec les mêmes mots que le patron de l'UMP, Jean-François Copé, "on ne résout pas le problème en refusant d'en parler", Nicolas Sarkozy a insisté sur les devoirs d'intégration des immigrés. Regrettant que les imams ne parlent pas assez français, il a insisté sur l'importance "d'un islam de France et non pas un Islam en France".

Au terme d'une émission à la durée record, les neuf Français ont pu discuter avec Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse Carla, autour d'un verre. Ils ont confié l'avoir trouvé sympathique dans "un exercice difficile".  Que restera-t-il de cette deuxième édition de "Paroles de Français" ? A l'Elysée, comme chez les sondeurs, on sait bien que les effets de ce type d'émission sont très minces. Il s'agissait pour le président de la République de commencer à renouer le dialogue direct avec les Français pour préparer le terrain de sa reconquête. "Je suis aussi un être humain", a-t-il ainsi lancé au détour d'une réponse, plus candidat que chef d'Etat. Mais au delà de la forme de l'exercice, c'est pour l'instant le manque de résultats concrets en matière de chômage et de pouvoir d'achat qui minent la popularité de Nicolas Sarkozy et l'efficacité de ses interventions médiatiques. Et plus la candidature de Dominique Strauss-Kahn se profile, plus l'élection de 2012 risque de se jouer sur le terrain économique et social. Le chef de l'Etat voudra alors démontrer que les réformes permettant la survie du modèle français sont de son côté. La bataille ne fait que commencer.

 
  L'émission intégrale : première partie
  L'émission intégrale : deuxième partie
  Marine Le Pen : Sarkozy "ne devrait pas se représenter"
  Sarkozy "mortellement ennuyeux", juge Bayrou
  Sarkozy "à côté de la plaque" pour Pierre Laurent
  Elisabeth Guigou : "On n'attendait pas grand-chose"
  Dominique Paillé : Sarkozy était "plus que bon"
  Dans les coulisses de l'émission

 

le 10 février 2011 à 21:32
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157 Commentaires

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  • kosotto1, le 12/02/2011 à 22h49

    Syberia et matger : bravo, vous faites preuve d'intelligence et vous en avez toutes les deux. Je lis toujours vos commentaires avec plaisir.

  • matger, le 12/02/2011 à 15h37

    Désolée,syberya,ma réponse n'est pas parue,je réitère : je ne me suis nullement raccochée aux branches et je suppose que l'ironie dont j'ai usé ne vous a pas échappé car mes propos ne reflètent en aucun cas un narcissisme indécent et ridicule .Si j'ai souvent parlé de votre bibliothèque,c'est que vous-meme vous targuiez d'y faire référence.Reconnaissez que ,pour ce qui concerne les noises que je suis sensée vous chercher ,vous n'etes pas en reste.Continuez à me lire avec bienveillance et je tacherai de ne plus toucher à votre intégrité intellectuelle.

  • kosotto1, le 12/02/2011 à 10h46

    Syberia : tout à fait d'accord avec vous. Les attaques personnelles et le fait de préjuger de nos vies sont inacceptables. J'y ai aussi toujours vivement réagi. Il s'agit d'un débat d'idées et non de querelles de personnes. Que chacun s'en tienne à cela !

  • syberya, le 12/02/2011 à 09h33

    @matger--Que nenni Madame, vous vous rattrapez aux branches !!! J'espère que vous aurez compris cette fois-ci, qu'il se faudrait dorénavant vous contenter de juste commenter le contenu de mes commentaires, plutôt que me chercher querelle, pour je ne sais quelle raison?? Jamais avant que vous ne commenciez je n'ai porté atteinte à votre intégrité intellectuelle, ni à vos sources, vous cependant passez votre temps à référer à ma bibliothèque, mes livres et me conseillez même de faire du coloriage, c'est me manquer de respect que d'insulter et ce sans me connaitre mon intelligence, car quoique nous n'ayons pas toujours la même opinion, je vous ai toujours lue avec bienveillance. Je vous propose donc, de faire une trêve, et si cela est trop vous demander, rien ne vous oblige matger à vous arrêter sur mes commentaires. Bonne journée, et cordiales salutations.

  • totodsk, le 12/02/2011 à 08h12

    C'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin !

  • meurz, le 12/02/2011 à 03h26

    Mais c'est celà le problème de la dépendance, le gouvernement prépare une loi à ce sujet que bien sur la gauche ne votera pas

  • puffin88, le 12/02/2011 à 01h37

    Merci TF1 pour mettre une excellente emission sur place. On en apprend bien plus quand il y a une discussion avec des vrais personnes, que quand les journalistes demande des questions qui sert que a pieger le President. Aussi vivant en amerique j'ai bien apprecie de voir cette emission plus tard en HD sur mon ordinateur. Et dans mon opinion Nicolas Sarkozy fait un excellent job.

  • stelmaria0, le 12/02/2011 à 01h05

    Il me fait penser au marchand de sable...bonne nuit les petits....

  • kosotto1, le 12/02/2011 à 00h24

    Matger : c'était une page difficile et en toute objectivité vous vous êtes bien défendue.

  • matger, le 12/02/2011 à 00h13

    Syberya,je n'ai pas très bien compris votre dernière phrase un tantinet "fouillis" .

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