Sarkozy face à la crise : ce qu'il a dit

Par , le 27 octobre 2011 à 20h13 , mis à jour le 28 octobre 2011 à 10h41

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Crise financière

Quelques heures après l'annonce du plan de sauvetage de la zone euro, dont il s'est longuement félicité, le président s'est exprimé jeudi soir durant 1h15 à la TV pour préparer les Français aux efforts à venir, car en effet, a-t-il annoncé, la prévision de croissance 2012 est ramenée à 1%.

Nicolas Sarkozy en direct sur TF1 et France 2 depuis l'Elysée, interrogé par Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi, le 27 octobre 2011Nicolas Sarkozy en direct sur TF1 et France 2 depuis l'Elysée, interrogé par Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi, le 27 octobre 2011 © TF1-LCI

La question

Nicolas Sarkozy en direct sur TF1 et France 2 depuis l'Elysée, interrogé par Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi, le 27 octobre 2011

Sarkozy s'explique à la télévision sur la crise : l'avez-vous trouvé

Convaincant
Pas convaincant

 
Après 8 mois de diète télévisée et à 6 mois de la présidentielle, le président était ce jeudi soir en direct sur TF1 et France 2, depuis le "bureau d'été" du rez-de-chaussée de l'Elysée, aménagé dans l'ancien cabinet de travail de Napoléon III. Une séance télévisée, qui a duré 1h15 sous les questions de Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi, de "pédagogie et décryptage", résumait dans la journée un proche, sur le plan de sauvetage de la zone euro en crise, arraché dans la nuit à Bruxelles, et pour préparer les Français aux efforts à venir. Car, a confirmé le président, la prévision de croissance pour 2012 est ramenée de 1,75% à 1%, ce qui entraînera "6 à 8 milliards" d'euros d'économies ou de recettes fiscales supplémentaires. Florilège de ses déclarations.
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    Si la majorité dans son ensemble applaudit l'accord trouvé à Bruxelles et souligne le rôle de Nicolas Sarkozy, l'opposition est beaucoup plus mesurée et s'inquiète notamment de l'aide de la Chine.

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  • Crise de la dette : intenses tractations pour sauver l'Europe

    Effacement de la dette grecque, recapitalisation des banques et augmentation du Fonds européen de stabilité. Retour sur une longue nuit de négociations pour enrayer la crise de la dette en Europe.

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  • Sarkozy revoit la croissance à la baisse

    Nicolas Sarkozy a laissé entrevoir jeudi soir sur TF1 et France 2de nouvelles mesures de rigueur en annonçant l'abaissement à 1% de la prévision de croissance de la France pour 2012.

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  • Sarkozy s'attaque au programme Education de Hollande

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Plus d'infos

- Sur l'accord passé à Bruxelles : l'Europe a évité une "catastrophe". "S'il n'y avait pas eu d'accord hier soir, ce n'est pas simplement l'Europe qui sombrait dans la catastrophe, c'est le monde entier". L'échec du sommet de Bruxelles aurait entraîné selon lui "l'inimaginable", à savoir "la faillite de la Grèce". "L'euro, c'est le cœur de l'Europe, si l'euro explosait, c'est toute l'Europe qui explosait.

- Sur la Grèce : si l'entrée de la Grèce dans l'euro fut selon lui "une erreur", Nicolas Sarkozy, interrogé pour savoir s'il faisait confiance à Athènes après les décisions du sommet de la zone euro, a répondu : "Oui", "la Grèce peut se sauver grâce aux décisions" du sommet. Et si les prêts à la Grèce "fonctionnent", "si la Grèce fait les efforts qui lui sont demandés, ça ne coûtera rien à la France, ça ne coûtera rien à l'Europe. Ça a coûté pour l'instant 100 milliards aux banques". "A la minute où je parle la France a prêté à la Grèce 11,5 milliards (...) Aujourd'hui, les prêts de la France à la Grèce, non seulement n'ont rien coûté mais ont rapporté 200 millions d'intérêts, et à la suite des décisions d'hier soir, nous allons garantir par l'intermédiaire des fonds européens, 25 milliards supplémentaires."

- Sur les banques françaises : "Je dis aux épargnants français, vous pouvez avoir confiance en la solidité de vos banques." "Il n'y a aucune raison de mobiliser le contribuable pour réparer les erreurs des marchés", a aussi assuré le chef de l'Etat. Les banques françaises doivent se recapitaliser sur leurs fonds propres, a redit Nicolas Sarkozy, qui s'est dit "sceptique" quant à une séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement.
Nicolas Sarkozy a annoncé que "la Banque de France aura pouvoir de sanction et de contrôle sur les banques", en commentant le plan anticrise pour la zone euro prévoyant une recapitalisation des banques. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, va recevoir "la totalité des banquiers français dans les jours qui viennent" a-t-il ajouté. Ainsi "le gouverneur veillera à ce que la pratique des bonus et des rémunérations rentre enfin dans une pratique normale", a-t-il détaillé. "Le gouvernement de la Banque de France et le gouvernement veilleront à ce que les pratiques du passé s'arrêtent pour le mois d'avril prochain", période de versement des bonus et dividendes par les banques, a promis le chef de l'Etat. "Il est temps de penser aux clients, moins aux actionnaires", a-t-il assuré.

- Sur les agences de notation : Le président a estimé que "le problème, ce ne sont pas les agences de notation, c'est que nous dépensons trop". Pour lui, "ce qui a donné du pouvoir aux agences de notation, c'est la dette". "Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, mais les 49,5 milliards d'intérêts que nous devons rembourser."

- Sur l'aide de la Chine à la zone euro : "non" nous n'avions pas besoin de Pékin pour sauver l'euro, mais "s'ils veulent investir", qu'ils le fassent, car "notre indépendance ne sera en rien remise en cause par cela", a assuré le président qui a eu en milieu de journée une conversation téléphonique avec son homologue chinois, Hu Jintao. "Pourquoi n'accepterait-on pas que les Chinois fassent confiance à la zone euro et déposent une partie de leurs excédents dans notre fonds ou dans nos banques. Vous voudriez qu'ils les déposent aux Etats-Unis ?".

- Sur un nouveau plan de rigueur : "Rigueur" à venir et non "austérité", un mot que le chef de l'Etat a de nouveau refusé d'utiliser tout en assurant qu'il n'y a "pas de mot tabou". Mais il y a encore "entre 6 et 8 milliards d'économies à trouver pour 2012", a confirmé le président, annonçant une prévision de croissance ramenée de 1,75% à 1% pour 2012. Sans rentrer dans le détail des pistes envisagées par le gouvernement, il a exclu une hausse générale de la TVA. "Pour une raison assez simple : c'est que ça pèserait sur le pouvoir d'achat des Français, sur la consommation des Français", ce qui serait "injuste". Les décisions seront prises "dans les dix jours", a-t-il ajouté : "nous annoncerons ces mesures après le G20" (les 3 et 4 novembre à Cannes). Sans rentrer dans le détail des mesures envisagées, le président de la République a indiqué qu'il n'entendait pas "multiplier les mesures" mais "privilégier les mesures qui renforceront (la) compétitivité" de l'économie française. "La clé, c'est la croissance et le travail", a-t-il fait valoir.

- Sur le protectionnisme : il va "falloir changer notre politique commerciale vis-à-vis d'autres parties du monde". "L'Europe ne peut plus être la grande naïve" des échanges commerciaux. "Il faudra sans doute faire participer les importations" au financement de la protection sociale, sous la forme d'un dispositif de taxation de certains produits importés.

- Sur le modèle social français : "Ça fait 30 ans qu'on dépense un argent que l'on n'a pas." Nicolas Sarkozy a estimé qu'il fallait "investir dans la formation, la recherche, l'innovation et le travail" si on veut "sauver notre modèle social" en imputant notamment aux 35 heures, mises en place par le Parti socialiste, "les délocalisations d'entreprises". "Qu'est-ce-que nous essayons de faire depuis que je suis président de la République ? C'est de sortir d'un modèle d'assistanat qui consiste à mettre les gens en pré-retraite, à les condamner à rester chez eux en attendant l'allocation pour survivre, alors qu'il faut investir dans la formation, dans la recherche, dans l'innovation et dans le travail." "Le travail n'est pas un gros mot."

- Sur le programme Education de Hollande et les 35h d'Aubry : Nicolas Sarkozy a pris pour cible le projet du candidat socialiste François Hollande de créer 60.000 postes dans l'Education nationale s'il entre à l'Elysée en 2012. Pour le chef de l'Etat, la France ne peut se permettre de créer de nouveaux postes de fonctionnaires.  "Depuis que je suis élu président de la République, nous avons supprimé 150.000 postes de fonctionnaires et il faudra continuer." "Quand j'entends dire qu'il faudra embaucher 60.000 enseignants de plus, mais où est-ce qu'on va trouver l'argent ?", s'est-il interrogé. "Sans demander une réforme, simplement pour faire plaisir à des organisations syndicales qui le demandent".
Nicolas Sarkozy a par ailleurs attaqué la de 35 heures mises en place sous le gouvernement de Lionel Jospin par la ministre du Travail d'alors, devenue première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui "ont mis la pagaille", "une folie, une catastrophe sociale".

- Sur un partenariat privilégié Allemagne/France : Paris et Berlin veulent être le "poids lourd" de l'économie en Europe au coeur de l'Europe en faisant "converger l'économie allemande et l'économie française".

- Sur les affaires : Sur l'affaire Karachi, "s'il y avait quoi que ce soit à reprocher à Edouard Balladur, vous ne croyez pas qu'on l'aurait trouvé en 17 ans ?" Et "il ne sortira rien" de la mise en cause de Nicolas Bazire, proche du président, a affirmé ce dernier. Quant à l'enquête sur les fadettes du Monde, le président, dont Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI), mis en examen, est un proche, a rappelé le principe de la présomption d'innocence.

- Sur les sondages qui le donnent autour de 31% de popularité : "S'il y a une personne qui ne pas en tenir compte, c'est moi." "Tous les candidats du système, y compris lorsque je les ai soutenus, ont été battus. Tous", dans une allusion à la défaite d'Edouard Balladur en 1995 alors qu'il planait dans les sondages fin 1994.

- Sur 2012 : "Non ce n'est pas possible !" d'être président et candidat. Le président a donc refusé une fois encore, sans surprise, de dire s'il serait candidat à la présidentielle, refusant même de dire s'il avait décidé de l'être (avec cette phrase qui a fait croire que... mais non : "j'ai fait mon choix... celui d'être président de la République jusqu'à la dernière minute et de faire mon devoir") Une question qui sera tranchée "fin janvier-début février", a-t-il assuré.

- Sur Carla et Giulia Bruni-Sarkozy : "Heureusement, elles vont merveilleusement bien."

 

Par Diane Heurtaut le 27 octobre 2011 à 20:13
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297 Commentaires

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  • paulaime85, le 01/11/2011 à 10h50

    La France a l'image de ses habitants vit au-dessus de ses moyens. Ce constat ne date pas d'aujourd'hui et malheureusement si l'esprit des français à tout niveau ne change pas, Sarko peut pédaler, il ne s'en sortira pas. Je me souviens d'avoir attiré l'attention des responsbles syndicaux dans les années 80 sur notre régime d'assurance complémentaire qui permettait à l'époque, après quelques mois de retraite, d'avoir une retraite plus élevée que le salaire d'activité. Quand je m'en offusquais, les leaders du syndicat me disaient "Popaul, ferme la tant qu'on peut en profiter, il faut y aller". Irresponsables, je propose une solution radicale bloquer le niveau des retraites pour tout ceux qui ont bénéficié d'un calcul exhorbitant. Voilà une première mesure qui pourrait s'envisager pour équilibrer les régimes. Il faut savoir que malheureusement, beaucoup d'ouvriers ne sont pas concernés par ces régimes dispendieux. Depuis, la CPOSS, la CCPMA ont fait faillite!!!!!

  • isrsri, le 29/10/2011 à 18h51

    Dette de la france : réglée en 24h ? la dette c'est 1600 Mds euros. Le patrimoine des Français c'est 35000 milliards euros. Le seul patrimoine immobilier 8000 Mds euros (source INSEE) dont les prix ont doublé en 10 ans et multipliée par 13 depuis 1978 ... la crise de la dette est une crise du partage ! Il faut purger l'excès de dette. Un prelevement de 1% sur le patrimoine = 350 Mds euros permettrait de réduire de 20% environ le stock de dettes et de ramener la charge de la dette de 58 à 46 Mds. Au lieu de cela, on laisse enfler la bulle qui s'auto-alimente !! Tout le monde veut bien profiter de la gabegie mais personne ne veut payer ! La crise pourrait s'arrêter en 24h avec des décisions courageuses. Au lieu de cela, on va plonger les Français dans 10 ans de sinistrose. On a les dirigeants qu'on mérite. La crise de la dette est une crise du partage !

  • alkira200, le 29/10/2011 à 13h51

    @negadis : c'est surtout que vous n'avez pas d'argument sérieux à opposer au commentaire de metalsand54!

  • alkira200, le 29/10/2011 à 02h48

    Vous l'avez expliqué mieux que moi, je pensais naïvement que cette loi était connue (je me contentais de la citer en exemple ) il semble que ce ne soit pas le cas ...

  • alkira200, le 29/10/2011 à 02h38

    Justement, on pourrait bouffer les doigts de pied en éventail! la nouvelle mode , ce n'est plus le capitalisme, mais le consumérisme ! Toujours plus consommer! Ah oui mon Iphone5 il est dépassé, il faut que j'achète le 6 ! ben quoi, le 5 il ne fonctionne plus ? Si, mais il y a le 6, je vais l'acheter! Bande de moutons ...

  • kilian0611, le 28/10/2011 à 22h55

    Vous n'avez pas dit que vous venez d'avoir gagné beaucoup d'argent avec votre entreprise vous allez donc nous redistribuez vos benefices

  • erleg71, le 28/10/2011 à 20h12

    On fait voter un budget par le parlement en septembre, avec une hypothèse de croissance à 1.75 %... Et moins d'un mois plus tard, on découvre soudain que la croissance en question ne sera que 1 % (et même certainement moins), ce que tous les économistes (et les français !) savaient depuis longtemps : venez donc me parler de crédibilité après ça !

  • lajoconde31, le 28/10/2011 à 20h05

    Pour Modigliani, Pernaud ne doit son fauteuil qu'à Sarkozy, vous le savez bien, à la sienne quand même.

  • levemo47, le 28/10/2011 à 18h05

    ON PEUT TOUJOURS REVER.

  • Hanafi Youssouf Ahmat, le 28/10/2011 à 17h07

    C'est de la folie pour le contraire

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