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DOSSIER : Crise financière

Sommet européen : les réactions politiques


le 29 juin 2012 à 12h01 , mis à jour le 29 juin 2012 à 13h54.
Temps de lecture
5min
Près de la Commission européenne à Bruxelles/Image d'archives

Près de la Commission européenne à Bruxelles/Image d'archives / Crédits : ABACA

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PolitiqueREACTIONS. Alain Juppé a jugé vendredi que l'accord au sommet de Bruxelles pour relancer l'économie européenne était "un petit pas en avant", en regrettant que la France soit "très en recul par rapport aux initiatives" prises. Marine Le Pen a dénoncé un "coup d'Etat européen".

Le sommet de la zone euro vendredi à Bruxelles s'est mis d'accord sur des mesures censées relâcher la pression des marchés sur l'Italie et l'Espagne (lire notre article >Sommet : Merkel justifie le compromis, Hollande se félicite). Qu'en pense l'opposition française ?
 
Juppé : "Un petit pas en avant", la France "en recul"
Je pense que c'est un petit pas en avant", a déclaré Alain Juppé sur France Info. "Le pacte de croissance était déjà dans les tuyaux depuis longtemps, il consiste à réutiliser des fonds qui étaient disponibles mais enfin cela va dans la bonne direction. De même que la décision de faire intervenir le fonds de secours pour recapitaliser les banques en difficulté des pays qui sont vraiment dans la tourmente aujourd'hui" comme l'Espagne et l'Italie, a dit l'ancien ministre des Affaires étrangères. "En revanche, il y a encore beaucoup à faire pour progresser vers une véritable union bancaire, une véritable union budgétaire, politique", a-t-il dit déplorant que la France soit "très en recul par rapport aux initiatives que prennent soit le président de l'eurogroupe, le président de la commission (européenne) ou l'Allemagne". "Nous serions bien inspirés de ratifier très rapidement, en tout cas, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qui a été signé au mois de janvier dernier et que la France est un des pays qui refuse encore de ratifier", a-t-il dit. Alain Juppé a aussi estimé que l'Allemagne n'avait "pas fait beaucoup de concessions" par rapport aux demandes françaises. "Elle est restée totalement ferme sur ce qui était la demande majeure de la France, à savoir la mutualisation de la dette et la création de véritables eurobonds".

Désir : "une première victoire pour François Hollande"
L'ex-ministre des Affaires étrangères "devrait se faire plus modeste et ne pas jouer contre l'intérêt général européen ni freiner la dynamique portée par la France au moment où elle retrouve tout son poids dans le concert européen", a affirmé à l'AFP Harlem Désir depuis Florence, où il participait à une réunion de socialistes européens. Selon lui, contrairement à ce qu'Alain Juppé affirme, "les résultats de ce sommet sont un grand pas pour l'Europe et une première victoire pour François Hollande". C'est notamment "un grand pas vers plus de solidarité avec la mise en place des fondements d'une union bancaire, un grand pas vers plus de croissance avec l'adoption de propositions défendues par François Hollande, c'est aussi un pas vers plus d'union politique", a-t-il détaillé. "Le chemin sera long et il faudra franchir d'autres pas", a-t-il admis, mais "alors que sous Nicolas Sarkozy, la France était à la remorque des conservateurs et de Mme Merkel, dans ce sommet la France a été la locomotive et a su trouver des alliés".
 
Morin : "il faut faire l'union politique avant l'union budgétaire"
"Il est temps que nos dirigeants tirent les leçons des différentes crises qui ébranlent notre continent depuis près de 4 ans et aient le courage de mettre en place des réformes politiques", écrit Hervé Morin vendredi dans un communiqué. Pour le leader centriste, si le dernier sommet européen qui s'est achevé vendredi au petit matin "a permis la recapitalisation des banques espagnoles et le rachat de la dette italienne (...) ces mesures ne sont que des rustines destinées à cacher une nouvelle fois que le bateau prend l'eau". Le président du Nouveau centre demande en conséquence aux dirigeants européens de lancer une réflexion sur la construction d'une Europe politique et propose pour cela un certain nombre de réformes. Il faut "un président et un gouvernement de l'Union pour doter l'Europe d'un vrai leadership", "un traité de la zone euro", "une politique migratoire européenne", "la création d'une communauté européenne de l'énergie" et "une politique industrielle européenne", suggère notamment le député centriste.

Marine Le Pen : un "coup d'Etat européen"
"Ca ne marchera pas", a déclaré Marine Le Pen sur RTL, notant "un comique de répétition" avec "ce 20e sommet pour sauver l'euro en l'espace d'un an et demi". Pour elle, l'euro a été "une expérience désastreuse", c'est une "monnaie malade, elle n'est pas soignable". Par conséquent, il aurait fallu "commencer à organiser, à préparer dans la concertation le retour aux monnaies nationales qui, de toutes façons, s'imposeront à un moment donné ou à un autre, probablement dans le chaos et la brutalité". Les responsables européens "injectent des milliards dont on voit bien que c'est de l'eau sur le sable car ces milliards sont aspirés par les banques sans aucun bénéfice d'ailleurs pour les peuples et on est en train d'arriver au bout de cette logique", a aussi affirmé Mme Le Pen. "On est face à une caste qui est quasiment fanatisée par rapport à l'euro", a lancé la présidente du parti d'extrême droite, dénonçant "un projet de coup d'Etat européen".
 
Dupont-Aignan : les électeurs de Hollande "les cocus de l'histoire"
L'ancien candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, a estimé vendredi sur LCI que le sommet de l'UE "s'apparent(ait) à une manipulation politique et médiatique de grande ampleur". Le président de Debout la République juge que les dirigeants européens étendant ce qu'ils ont fait à la Grèce à d'autres pays.


 
Barnier : "c'est l'Europe qui a gagné"
Interrogé sur Radio France Internationale (RFI) pour savoir si c'était l'Allemagne ou la France qui avait gagné à Bruxelles à l'issue d'une longue nuit de négociations, Michel Barnier a rejeté cette vision des débats. "C'est l'Europe qui a gagné. Moi qui suis dans les questions européennes depuis assez longtemps, j'ai du mal à comprendre pourquoi on présente toujours ces réunions de dirigeants européens, comme des sommets de la dernière chance, et pourquoi on essaierait de distribuer des bons et des mauvais points", a déclaré le commissaire au marché intérieur. "Chacun autour de la table a des problèmes, a des questions, a des idées, a des ambitions aussi. Et la discussion se fait longuement, (...) et finalement, c'est l'Europe qui gagne. C'est le projet européen qui s'améliore", a expliqué le commissaire français, également en charge des services financiers.

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  • hz_6000 : Il manque 100 milliards pour aider un tel ou un tel.. Pas de soucis, on emprunte 100 milliards pour les mettre à disposition.. C'est limite du business par effet de levier mixé dans un système pyramidal l'Europe.. Comment peut n avoir une unité monétaire quand le niveau de vie et le type d'économie entre plusieurs pays est totalement déséquilibré ??? A part générer à chaque fois de nouveaux jeux de chaise musicale pour les délocalisations et de nouvelles pertes de compétitivité, on y gagne pas grand chose.. Et on est qu'en 2012, voyons dans quel état la France et les états membres seront das 5 ans...

    Le 29/06/2012 à 13h53
  • froggyb : Nous étions dans le couple de tete, pour tirer l'Europe vers le haut avec Merkel et Sarkozy. Nous sommes maintenant dans le groupe de queue, avec l'Italie, l'Espagne, la Grece et, dans la continuité de la mentalité Socialiste, le nivellement par le bas se met doucement en place. Nous avions le choix entre rester allié au premier de la classe ou de rejoindre les cancres pres du radiateur...le choix est fait..oui...oui...le radiateur.....

    Le 29/06/2012 à 13h50
  • olivier52--52 : A quand le prochain sommet pour trouver de nouveau une centaine de milliards?

    Le 29/06/2012 à 13h09
  • ouvrirloeil : Trop bien cette phrase de Dupont Aignan: les electeurs de Hollande sont les cocus de l'histoire de la politique française , n'est ce pas Kosotto ?

    Le 29/06/2012 à 13h02
  • kosotto1 : A souligner : la pertinence de la réaction de Michel Barnier.

    Le 29/06/2012 à 12h53
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