Bernard Tapie le 8 février 2008. Image d'archives. © Abacapress.comBernard Tapie estime "absolument impossible", vendredi dans Libération, que la sentence arbitrale soldant son différend avec le Crédit Lyonnais puisse "être remise en cause", après la décision de la Cour de justice de la République (CJR) d'enquêter sur le rôle de Christine Lagarde.
Affaire Tapie-Lagarde : des "anomalies" et "irrégularités" relevées dans la procédure
La Cour de Justice de la République (CJR) qui a ouvert une enquête sur Christine Lagarde dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais, estime que l'ex-ministre s'est impliquée "personnellement" dans un processus comportant "de nombreuses anomalies et irrégularités", a révélé mercredi Mediapart.
Publié le 18/08/2011
Affaire Tapie/Lagarde : "Ni insistance, ni feu vert de l'Elysée"
"Il n'y a eu ni insistance particulière ni feu vert de l'Elysée" pour un arbitrage favorable à Bernard Tapie, déclare Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, dans un entretien à paraître dans Le Journal du Dimanche.
Publié le 06/08/2011
Affaire Tapie/Lagarde : "l'arbitrage était la décision du gouvernement"
Bernard Scemama, haut fonctionnaire qui est intervenu en 2007 pour déclencher l'arbitrage en faveur de Bernard Tapie, affirme avoir agi sur "des consignes claires" émanant du gouvernement, et plus particulièrement de Christine Lagarde, alors ministre de l'Economie.
Publié le 05/08/2011
Ces investigations ne "me concernent pas ... ce n'est pas mon problème", affirme Bernard Tapie, qui estime toutefois qu'il "vaut mieux qu'une enquête approfondie soit menée par la CJR, elle aboutira, j'en suis absolument convaincu, à la même conclusion que le tribunal administratif: aucune faute n'a
été commise", affirme-t-il.
"Les socialistes ont la mémoire courte"
Evoquant les réactions socialistes se félicitant de l'ouverture de cette enquête, notamment celle du patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, qui a estimé jeudi que l'avis de la CJR montrait la "confusion d'intérêts" au sommet de l'Etat, Bernard Tapie juge que "les socialistes ont la mémoire courte". "Ils oublient que la même procédure arbitrale a été engagée à de très nombreuses reprises par le CDR (ndlr : le Consortium de Réalisation, structure publique qui gérait le passif du Crédit Lyonnais) sous la tutelle de ministres socialistes", dit-il.
La CJR a ouvert jeudi une enquête sur l'actuelle directrice générale du Fonds monétaire International (FMI), pour son rôle dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais quand elle était ministre de l'Economie. Cela concerne l'arbitrage ayant mis fin en juillet 2008 au conflit entre Bernard Tapie et l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais, au sujet de la vente d'Adidas en 1993.
En mai, le procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal avait saisi la commission des requêtes de la CJR, comme l'avaient demandé des députés socialistes. Il reprochait à Christine Lagarde d'avoir recouru à un arbitrage privé alors qu'il s'agissait de deniers publics, d'avoir eu connaissance de la partialité de certains juges arbitres et de ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage controversé alors que plusieurs spécialistes l'y avaient encouragée. Le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné le CDR à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions d'euros avec les intérêts).
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