La demande risque de faire des vagues. Le député UMP de Haute-Saône Michel Raison a demandé mardi dans une question écrite au gouvernement quelles "mesures" il comptait prendre pour "censurer" des chansons appelant "à la haine" et "écrites par certains groupes de musique rap issus de l'immigration".
Dans sa question, Michel Raison "attire l'attention de M. le ministre de la Culture et de la Communication sur les chansons écrites par certains groupes de musique rap issus de l'immigration". "Sous couvert de liberté d'expression, ces groupes se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes. Les conséquences sont d'autant plus préoccupantes que ces groupes sont écoutés par des jeunes en pleine construction (...) Ils bafouent les valeurs fondamentales de respect et de liberté qui fondent notre démocratie", ajoute le texte. Le député-maire de Luxeuil (Haute-Saône) "demande donc les mesures qui ont été prises pour censurer ces chansons".
"Question bien peu digne"
Dans un communiqué diffusé mercredi, l'association SOS Racisme a exprimé sa "grande consternation" devant "cette question bien peu digne de notre Assemblée", jugeant qu'il s'agit d'une "façon sans doute policée de parler des groupes de rap composés de noirs et d'arabes". Pour l'association, "il est étonnant que M. Raison qualifie des formations musicales en fonction des origines des membres qui les composent, comme si les débordements éventuels -dont le périmètre n'est pas vraiment défini- de certains groupes de rap pouvaient être liés à ce facteur".
Interrogé, le député a reconnu qu'il avait peut-être été trop vite dans la rédaction de sa question : "Ce n'était peut-être pas comme ça qu'il fallait l'écrire", a-t-il admis. "Ceux qui me connaissent bien savent que je suis vraiment l'antiraciste-né", a-t-il affirmé. Selon l'élu, "on a beaucoup de remarques de citoyens là-dessus", sur certaines chansons rap qui "incitent à la haine ou à la remise en cause des institutions". "J'attire l'attention à cause de ça, sur le fait que la banalisation n'est pas forcément une bonne chose", car "ça renforce les extrémistes de droite, ce n'est jamais très bon", a-t-il dit. Il a précisé ne pas envisager de donner de suite législative à sa question.
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