Un dîner du Crif sous haute actualité

Par D.H. (avec agences), le 03 février 2010 à 22h55 , mis à jour le 03 février 2010 à 22h58

Voile intégral pour l'un, dérapage de Georges Frêche pour l'autre : François Fillon et Laurent Fabius ont profité mercredi de la soirée annuelle du Crif pour évoquer les dossiers chauds. Nicolas Sarkozy y a fait un passage éclair.

Sarkozy CrifNicolas Sarkozy à la soirée du Crif le 3 février 2010 © TF1-LCI

Il y avait foule mercredi soir au 25e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France à Paris. Brice Hortefeux, Eric Besson, Roselyne Bachelot, Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet, Henri Guaino, Laurent Fabius, qui avait inauguré le premier dîner du Crif en 1985, Martine Aubry, Julien Dray, qui lui était là pour la première fois, ou encore l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, favorable à une loi interdisant le voile intégral et acteur du dialogue judéo-musulman, le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, Mgr Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, le cinéaste Claude Lanzmann...

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Mais c'est d'abord Nicolas Sarkozy qui est arrivé, faisant un bref passage d'une vingtaine de minutes. Il a salué les principales personnalités religieuses du pays. Mais aucun commentaire. Laissant le soin à son Premier ministre de le faire. Invité d'honneur de cette 25e soirée annuelle du Crif, il devait prononcer, comme il l'avait déjà fait l'an dernier, un discours. Un discours lors duquel, en plein débat sur la burqa, François Fillon a dénoncé ceux "qui cachent derrière le paravent d'une soi disant liberté un militantisme extrémiste". "Que serait la liberté sans la fraternité, que serait l'égalité sans la liberté, et quelle égalité sans la laïcité? (...) Nous devons défendre ces valeurs contre ceux qui cachent derrière le paravent d'une soi disant liberté un militantisme extrémiste", a déclaré le Premier ministre. "Le communautarisme refuse l'égalité et se moque de la fraternité. A nous de défendre cette France à laquelle nous croyons", a-t-il ajouté.
 
Fabius : "Le socialisme, c'est d'abord une morale"
 
Quelques jours après la profanation du carré juif d'un cimetière près de Strasbourg, il a également dénoncé avec vigueur "la violence à caractère antisémite profondément révoltante, insupportable". Répondant à une inquiétude du président du Crif, Richard Prasquier, le chef du gouvernement a affirmé qu'il "accorderait une attention très sévère au développement du racisme sur internet". Il a également dénoncé le "scandaleux mouvement de boycott de produits cachers ou israéliens". Le Premier ministre a aussi déclaré que la France allait demander à l'ONU "l'adoption d'une nouvelle résolution" contre l'Iran "comprenant des sanctions fortes".
 
Autre dossier chaud du moment, celui du dernier dérapage verbal dévoilé de Georges Frêche. Celui qui visait Laurent Fabius et sa "tronche pas catholique". Ce ernier a répondu lors du dîner du Crif. "Le socialisme, c'est d'abord une morale", a-t-il déclaré, invoquant la mémoire de Jean Jaurès. "On ne peut pas accepter les mots, les actes antisémites ou xénophobes", a-t-il souligné. Etait d'ailleurs présente non loin Hélène Mandroux, qui présentera une liste contre l'ex-socialiste Georges Frêche aux élections régionales. La n°1 du PS a chargé mardi Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier (Hérault), de constituer une liste contre celle du président sortant du conseil régional de Languedoc-Roussillon. Richard Prasquier avait téléphoné mardi à Laurent Fabius pour lui faire part de son soutien, jugeant "inacceptables" les propos de Georges Frêche.

Par D.H. (avec agences) le 03 février 2010 à 22:55
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