Un projet de loi sur l'instauration par la France d'une taxe sur les transactions financières pourrait être présenté au Parlement dès février, a annoncé dimanche Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement (lire notre article > Taxe Tobin : une loi dès février ? ). Le gouvernement veut aller vite, malgré l'hostilité de ses partenaires européens, la colère des marchés financiers et les réserves de la classe politique. Même si, au PS, les positions sont nuancées.
Une taxe sur les transactions financières a minima
La loi des finances rectificative est présentée aujourd'hui en conseil des ministres. Elle reprend les annonces du 29 janvier de Nicolas Sarkozy, dont la mise en place d'une taxe sur les transactions financières. Décryptages de cette mesure.
Publié le 07/02/2012
Le gouvernement prépare une réforme du marché du travail
Le gouvernement présentera une réforme du droit du travail après le sommet social du 18 janvier, a déclaré mardi le Premier ministre François Fillon, selon plusieurs députés UMP.
Publié le 10/01/2012
Taxe Tobin : le couple franco-allemand de nouveau mis à l'épreuve ?
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouvent lundi pour un déjeuner à Berlin dans une ambiance troublée par le cavalier seul de Paris sur un projet de taxation des transactions financières.
Publié le 09/01/2012
"Taxe Tobin" : une loi en février ?
Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, a affirmé, dimanche sur Radio J, qu'il y aurait un "texte financier en conseil des ministres probablement en février" pour mettre en oeuvre la taxation sur les transactions financières.
Publié le 08/01/2012
Taxes sur les transactions financières : pour Borloo, "il ne faut pas attendre"
Le président du Parti radical a estimé samedi qu'il ne "fallait pas attendre" pour instaurer une taxe sur les transactions financières, demandant au gouvernement de l'inscrire "en urgence" à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
Publié le 07/01/2012
Taxe sur les transactions financières (taxe Tobin)
La taxe sur les transactions financières (ou taxe Tobin) que Paris est déterminé à instaurer en dépit de l'opposition de ses professionnels de la finance, est un mécanisme destiné à la fois à décourager la spéculation et à apporter de nouvelles ressources fiscales.
Publié le 08/01/2012
Ségolène Royal. Sur France 2, la présidente de Poitou-Charentes et ex-candidate PS à la présidentielle a lancé, à propos de ce projet de taxation des transactions financières que la France mettrait en oeuvre seule: "Est-ce que c'est possible ?", "est-ce que c'est crédible qu'un pays seul puisse mettre la taxe Tobin ?" "Si son coup de bluff réussit, tant mieux. Si sa détermination - au moins en paroles - arrive à entraîner les autres pays européens pour faire ensemble la taxe Tobin, c'est bon", a-t-elle dit. "Faisons-la, elle est très utile, elle permettrait aussi par exemple de mettre des fonds sur le développement et mettre fin aux migrations de la misère". Mais "c'est impossible à faire tout seul, puisque la finance est mondialisée", a observé Ségolène Royal.
Harlem Désir. Le numéro 2 du PS, Harlem Désir, a jugé, lundi, Nicolas Sarkozy "tellement dévalué auprès de ses partenaires européens" qu'il ne peut que "gâcher" toute idée qu'il avance, comme la taxe Tobin. "Nicolas Sarkozy a un tel problème de crédibilité qu'à chaque fois qu'il avance une proposition, on le voit dans ses déjeuners avec Mme Merkel, c'est un 'non' : non aux eurobonds, non au renforcement de la Banque centrale" et "maintenant non à la taxe Tobin", a-t-il déclaré sur Europe 1.
Manuel Valls, chargé de la communication de François Hollande, a estimé sur Radio J que ce projet était un acte de campagne de Nicolas Sarkozy. Il a refusé de dire si le PS voterait ou non le projet de loi. "Nous attendons la capacité de Nicolas Sarkozy à convaincre ses partenaires européens, puisque tout le monde sait que c'est évidemment au niveau européen qu'il faut mettre en oeuvre cette taxe", a-t-il dit.
Benoît Hamon, porte-parole du PS, n'a pas répondu, sur le plateau du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, à la question de savoir si le PS voterait le texte (voir la vidéo). Il a précisé qu'il souhaitait attendre d'en connaître le montant. "Il faut qu'elle soit utile économiquement", a estimé le porte-parole du PS. Lundi, le porte-parole du PS a redit que le PS voulait connaître "le montant et les conditions" de la taxe Tobin avant de dire s'ils la voteraient. Il a rappelé que le PS voulait "une taxe d'un montant de 0,005 % sur les transactions financières, au diapason de ce qu'est la proposition des socialistes européens". L'objectif étant de "dégager une recette supplémentaire de 200 milliards d'euros à l'échelle de l'Union européenne". Le porte-parole a souligné que jusqu'à présent le gouvernement avait "toujours combattu" cette taxe alors que "les socialistes l'ont toujours votée". "Donc ne renversons pas les choses, ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy est pétri de la foi du néoconverti qu'il est devenu du jour au lendemain altermondialiste", a-t-il dit.
Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, a affirmé dimanche qu'il voterait la taxe. "Je m'en félicite. Je la demande depuis 10 ans. On nous a dit qu'on ne pouvait pas la faire si le monde entier ne la faisait pas, puis si l'Europe ne la faisait pas, puis l'Allemagne. Aujourd'hui, finalement, on la fait seuls. On a perdu 10 ans", a déclaré Arnaud Montebourg lors de "12/13 Dimanche" sur France 3. "Cette taxe, je vais la voter et je le (Nicolas Sarkozy) prends au mot", a-t-il dit. Comme on lui demandait si tout le PS suivrait, il a répondu: "je ne sais pas, on verra cela. Mais on ne peut pas faire payer la facture et l'ardoise du surendettement de la France aux classes moyennes et populaires". "Il faut la faire payer au système financier et aux banques", a-t-il conclu.
Julien Dray, député PS, invité du "Grand entretien" de RCJ, a fait valoir que "le problème n'était pas d'être pour ou contre" mais de "savoir si (la taxe) sera, dans ses modalités, une véritable taxe sur les transactions financières et quelle sera son ampleur". "Après, il ne s'agit pas d'être sectaire. S'il y a aujourd'hui la possibilité d'aller de l'avant, tant mieux", a-t-il dit. Le député a fait remarquer toutefois que les socialistes avaient réclamé "cette taxe depuis plusieurs années" et que "le président de la République (ayant) changé d'avis, (ils) étaient amenés à être un peu prudents en voyant apparaître cette taxe en fin de parcours présidentiel". "Il ne faudrait pas qu'elle soit un gadget, quelque chose qui soit voté mais inapplicable, qui soit de l'ordre de la gesticulation", a-t-il relevé.
Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, s'est dite satisfaite que Nicolas Sarkozy se soit "rallié" à une taxation des transactions financières, idée défendue depuis longtemps par son camp. "Je vois avec plaisir qu'au bout de 10-15 ans, Nicolas Sarkozy s'est rallié à notre proposition, la nécessité de taxer les flux et les transactions financières", a dit la candidate à l'Elysée sur BFMTV2012-RMC-Le Point. "Je suis heureuse qu'il propose cette loi", a-t-elle insisté, y voyant "un grand pas pour Nicolas Sarkozy, mais un petit pas pour les banques". Si la France devait mettre en place cette "taxe Tobin" en pionnière, "on ne resterait pas seuls longtemps", a assuré l'eurodéputée. La France "n'attendra pas que tous les autres soient d'accord" pour mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières, a assuré vendredi Nicolas Sarkozy, sans toutefois donner de précision sur la date à laquelle elle pourrait être mise en vigueur.
François Bayrou, candidat Modem à la présidentielle, a proposé que la future taxe sur les transactions financières servent au financement de la protection sociale. "On dit qu'on va mettre en place une taxation sur les transactions financières. Si on disait qu'au fur et à mesure qu'elle va se mettre en place, on affectait les quelque dizaines de milliards qu'elle doit représenter au financement de la protection sociale pour financer le coût du travail", a proposé François Bayrou invité de "C' Politique" sur France 5. "C'est progressif, cela ne touche pas à la consommation des Français et cela ne fait pas baisser leur niveau de vie. Il y a là quelque chose d'intéressant", a fait valoir le candidat centriste qui avait exprimé "des réserves" sur la TVA sociale.
Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, s'est exprimé en ces termes : "Et vouloir (..) mettre en place une taxe sur les transactions financières seul, alors même que le gouvernement a dit pendant des mois que ce serait stupide, est une très mauvaise idée", a dit l'ancien premier ministre invité de Dimanche + sur Canal +. "Le faire seul maintenant handicaperait l'économie française et le secteur bancaire. Il faut agir avec l'ensemble des autres Européens", a-t-il dit. "Il ne faut pas mélanger la politique politicienne, le calendrier électoral et la politique nationale. Ce que fait aujourd'hui le gouvernement, c'est de mélanger les deux. Et là, on sacrifie l'économie française, c'est-à-dire que l'on va pénaliser notre économie et, dans le cas de la TVA sociale une bonne idée va être gâchée. Ne confondons pas hâte et précipitation", a lancé M. de Villepin.
Laurence Parisot, présidente du Medef, a estimé dimanche lors de l'émission "Internationale" de RFI/TV5Monde/Le Monde que la mise en place d'une taxe française sur les transactions financières serait un "mauvais coup" porté au financement de l'économie française. Estimant que ce dispositif ne permettrait pas de lutter contre la spéculation, elle a expliqué que, si la France était la seule à le mettre en place, cela aboutirait à "une délocalisation massive" des transactions. "Nous serions tous perdants", a-t-elle insisté. Elle a rappelé à ce titre l'exemple de la Suède qui avait elle-même mis en place une taxe similaire avant de la supprimer. "La Suède avait dû y renoncer au bout de deux ans car toute la gestion financière avait migré à Londres", a-t-elle dit.
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Taxe sur les transactions financières (taxe Tobin)
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