Une taxe Tobin en France : la position nuancée du PS

le 08 janvier 2012 à 22h19 , mis à jour le 09 janvier 2012 à 13h30

Dossier : Crise financière

REACTIONS. Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Julien Dray, Manuel Valls ou Benoît Hamon au PS, mais aussi François Bayrou, Eva Joly ou Dominique de Villepin réagissent à la taxe sur les transactions financières que veut instaurer le gouvernement.

Un projet de loi sur l'instauration par la France d'une taxe sur les transactions financières pourrait être présenté au Parlement dès février, a annoncé dimanche Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement (lire notre article > Taxe Tobin : une loi dès février ? ). Le gouvernement veut aller vite, malgré l'hostilité de ses partenaires européens, la colère des marchés financiers et les réserves de la classe politique. Même si, au PS, les positions sont nuancées. 

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    Le président du Parti radical a estimé samedi qu'il ne "fallait pas attendre" pour instaurer une taxe sur les transactions financières, demandant au gouvernement de l'inscrire "en urgence" à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

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  • Taxe sur les transactions financières (taxe Tobin)

    La taxe sur les transactions financières (ou taxe Tobin) que Paris est déterminé à instaurer en dépit de l'opposition de ses professionnels de la finance, est un mécanisme destiné à la fois à décourager la spéculation et à apporter de nouvelles ressources fiscales.

    Publié le 08/01/2012 Taxe sur les transactions financières (taxe Tobin)
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Ségolène Royal. Sur France 2, la présidente de Poitou-Charentes et ex-candidate PS à la présidentielle a lancé, à propos de ce projet de taxation des transactions financières que la France mettrait en oeuvre seule: "Est-ce que c'est possible ?", "est-ce que c'est crédible qu'un pays seul puisse mettre la taxe Tobin ?" "Si son coup de bluff réussit, tant mieux. Si sa détermination - au moins en paroles - arrive à entraîner les autres pays européens pour faire ensemble la taxe Tobin, c'est bon", a-t-elle dit. "Faisons-la, elle est très utile, elle permettrait aussi par exemple de mettre des fonds sur le développement et mettre fin aux migrations de la misère". Mais "c'est impossible à faire tout seul, puisque la finance est mondialisée", a observé Ségolène Royal.
 
Harlem Désir. Le numéro 2 du PS, Harlem Désir, a jugé, lundi, Nicolas Sarkozy "tellement dévalué auprès de ses partenaires européens" qu'il ne peut que "gâcher" toute idée qu'il avance, comme la taxe Tobin. "Nicolas Sarkozy a un tel problème de crédibilité qu'à chaque fois qu'il avance une proposition, on le voit dans ses déjeuners avec Mme Merkel, c'est un 'non' : non aux eurobonds, non au renforcement de la Banque centrale" et "maintenant non à la taxe Tobin", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Manuel Valls, chargé de la communication de François Hollande, a estimé sur Radio J que ce projet était un acte de campagne de Nicolas Sarkozy. Il a refusé de dire si le PS voterait ou non le projet de loi. "Nous attendons la capacité de Nicolas Sarkozy à convaincre ses partenaires européens, puisque tout le monde sait que c'est évidemment au niveau européen qu'il faut mettre en oeuvre cette taxe", a-t-il dit.
 
Benoît Hamon, porte-parole du PS, n'a pas répondu, sur le plateau du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, à la question de savoir si le PS voterait le texte (voir la vidéo). Il a précisé qu'il souhaitait attendre d'en connaître le montant. "Il faut qu'elle soit utile économiquement", a estimé le porte-parole du PS. Lundi, le porte-parole du PS a redit que le PS voulait connaître "le montant et les conditions" de la taxe Tobin avant de dire s'ils la voteraient. Il a rappelé que le PS voulait "une taxe d'un montant de 0,005 % sur les transactions financières, au diapason de ce qu'est la proposition des socialistes européens". L'objectif étant de "dégager une recette supplémentaire de 200 milliards d'euros à l'échelle de l'Union européenne". Le porte-parole a souligné que jusqu'à présent le gouvernement avait "toujours combattu" cette taxe alors que "les socialistes l'ont toujours votée". "Donc ne renversons pas les choses, ce n'est pas parce que Nicolas Sarkozy est pétri de la foi du néoconverti qu'il est devenu du jour au lendemain altermondialiste", a-t-il dit.
 
Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, a affirmé dimanche qu'il voterait la taxe. "Je m'en félicite. Je la demande depuis 10 ans. On nous a dit qu'on ne pouvait pas la faire si le monde entier ne la faisait pas, puis si l'Europe ne la faisait pas, puis l'Allemagne. Aujourd'hui, finalement, on la fait seuls. On a perdu 10 ans", a déclaré Arnaud Montebourg lors de "12/13 Dimanche" sur France 3. "Cette taxe, je vais la voter et je le (Nicolas Sarkozy) prends au mot", a-t-il dit. Comme on lui demandait si tout le PS suivrait, il a répondu: "je ne sais pas, on verra cela. Mais on ne peut pas faire payer la facture et l'ardoise du surendettement de la France aux classes moyennes et populaires". "Il faut la faire payer au système financier et aux banques", a-t-il conclu.
 
Julien Dray, député PS, invité du "Grand entretien" de RCJ, a fait valoir que "le problème n'était pas d'être pour ou contre" mais de "savoir si (la taxe) sera, dans ses modalités, une véritable taxe sur les transactions financières et quelle sera son ampleur". "Après, il ne s'agit pas d'être sectaire. S'il y a aujourd'hui la possibilité d'aller de l'avant, tant mieux", a-t-il dit. Le député a fait remarquer toutefois que les socialistes avaient réclamé "cette taxe depuis plusieurs années" et que "le président de la République (ayant) changé d'avis, (ils) étaient amenés à être un peu prudents en voyant apparaître cette taxe en fin de parcours présidentiel". "Il ne faudrait pas qu'elle soit un gadget, quelque chose qui soit voté mais inapplicable, qui soit de l'ordre de la gesticulation", a-t-il relevé.
 
Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, s'est dite satisfaite que Nicolas Sarkozy se soit "rallié" à une taxation des transactions financières, idée défendue depuis longtemps par son camp. "Je vois avec plaisir qu'au bout de 10-15 ans, Nicolas Sarkozy s'est rallié  à notre proposition, la nécessité de taxer les flux et les transactions financières", a dit la candidate à l'Elysée sur BFMTV2012-RMC-Le Point. "Je suis heureuse qu'il propose cette loi", a-t-elle insisté, y voyant "un grand pas pour Nicolas Sarkozy, mais un petit pas pour les banques". Si la France devait mettre en place cette "taxe Tobin" en pionnière, "on ne resterait pas seuls longtemps", a assuré l'eurodéputée. La France "n'attendra pas que tous les autres soient d'accord" pour mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières, a assuré vendredi Nicolas Sarkozy, sans toutefois donner de précision sur la date à laquelle elle pourrait être mise en vigueur.
 
François Bayrou, candidat Modem à la présidentielle, a proposé que la future taxe sur les transactions financières servent au financement de la protection sociale. "On dit qu'on va mettre en place une taxation sur les transactions financières. Si on disait qu'au fur et à mesure qu'elle va se mettre en place, on affectait les quelque dizaines de milliards qu'elle doit représenter au financement de la protection sociale pour financer le coût du travail", a proposé François Bayrou invité de "C' Politique" sur France 5. "C'est progressif, cela ne touche pas à la consommation des Français et cela ne fait pas baisser leur niveau de vie. Il y a là quelque chose d'intéressant", a fait valoir le candidat centriste qui avait exprimé "des réserves" sur la TVA sociale.

Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, s'est exprimé en ces termes : "Et vouloir (..) mettre en place une taxe sur les transactions financières seul, alors même que le gouvernement a dit pendant des mois que ce serait stupide, est une très mauvaise idée", a dit l'ancien premier ministre invité de Dimanche + sur Canal +. "Le faire seul maintenant handicaperait l'économie française et le secteur bancaire. Il faut agir avec l'ensemble des autres Européens", a-t-il dit. "Il ne faut pas mélanger la politique politicienne, le calendrier électoral et la politique nationale. Ce que fait aujourd'hui le gouvernement, c'est de mélanger les deux. Et là, on sacrifie l'économie française, c'est-à-dire que l'on va pénaliser notre économie et, dans le cas de la TVA sociale une bonne idée va être gâchée. Ne confondons pas hâte et précipitation", a lancé M. de Villepin.
 
Laurence Parisot, présidente du Medef, a estimé dimanche lors de l'émission "Internationale" de RFI/TV5Monde/Le Monde que la mise en place d'une taxe française sur les transactions  financières serait un "mauvais coup" porté au financement de l'économie française. Estimant que ce dispositif ne permettrait pas de lutter contre la spéculation, elle a expliqué que, si la France était la seule à le mettre en place, cela aboutirait à "une délocalisation massive" des transactions. "Nous serions tous perdants", a-t-elle insisté. Elle a rappelé à ce titre l'exemple de la Suède qui avait elle-même mis en place une taxe similaire avant de la supprimer. "La Suède avait dû y renoncer au bout de deux ans car toute la gestion financière avait migré à Londres", a-t-elle dit.

le 08 janvier 2012 à 22:19
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31 Commentaires

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  • clementine1218, le 10/01/2012 à 00h11

    Rt07 , je parlais de la reprise des salariés pas de l'entreprise.

  • 732..poitier, le 09/01/2012 à 17h56

    Allez en corrèze.....et laissez les autres choisir...

  • tryffon, le 09/01/2012 à 15h33

    Le bonheur n'est pas une denrée que l'on achète au super marché.... Si c'était le cas NS l'aurait déjà taxé de 33% minimum

  • kosotto1, le 09/01/2012 à 15h29

    732 : relisez personne ne râle mais tout le monde s'accorde à dire que cette mesure sera efficace que si elle est prise au niveau européen.

  • qualia, le 09/01/2012 à 14h28

    MICHALOWICE : J'ai connu 7 Présidents de la République c'est pour celà que je vous dis attention aux surprises ! Vous avez vos opinions moi j'ai les miennes et c'est très bien comme ça. Mais très honnêtement pour les quelques années qui me restent et ayant connu le Socialisme moi perso je ne tiens pas à ce qu'il revienne au pouvoir.

  • just67, le 09/01/2012 à 14h08

    La France a bien mis en oeuvre toute seule les 35 heures

  • samain87, le 09/01/2012 à 13h51

    Ne vous poser pas de questions, par principe, le PS est contre, alors, c'est comme les syndicats, seulement on attend encore ce qu'ils proposent pour nous sortir de la crise (mondiale en plus) - attendons !

  • michalowice, le 09/01/2012 à 13h41

    QUALIA j'aime vos commentaires qui n'ont rien de commun avec la méchanceté, pas hors sujet !! j'aimerais mourir sur cette terre qui m'a donné le jour, mais qu'elle soit SOCIALISTE ! ce sera la plus belle surprise.

  • jghttc1, le 09/01/2012 à 13h23

    En fait, une fois de plus on semble s'attaquer au mauvais problème: Ce ne sont pas les transactions financières, ni leurs montants qui sont néfastes à l'économie, mais le fait que l'on puisse " délocaliser" facilement des fortunes entières dans les multiples paradis fiscaux de cette planète, dans le but de se soustraire illégalement à des impôts et charges sociales, légitimement dus à un état et donc de provoquer d'énormes manques à gagner pour les budgets de ces pays . En réalité la taxe "Tobin" risque, à l'échelle de la France, d'avoir peu d'incidences: l'essentiel des grandes fortunes semblant déjà "investit" dans lesdits pardis fiscaux et la mise en place d'une telle taxe ne pouvant qu'accélerer le mouvement de ces transferts. De fait,il faudrait, au niveau mondial, réguler les marchés financiers, afin de moraliser sérieusement leurs pratiques et lutter plus efficacemnt contre les états qui pratiquent des "régles " anti-concurentielles dans ce dommaine. Malheureusement, faute de consensus planètaire, impossible à obtenir ( les paradis fiscaux étant les premiers pays à refuser, sans doute,à se soumettre à quelques règles !) cette proposition risque bien de rester au stade de voeux pieux !

  • matger, le 09/01/2012 à 13h02

    Et monsieur Hollande demande conseil aux syndicats .....

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