Réactions : une victoire de la gauche reconnue par tous

Par Laurent DESCHAMPS (Avec agences), le 21 mars 2010 à 21h31 , mis à jour le 21 mars 2010 à 23h03

L'union de la gauche sorte grande vainqueur de ces régionales mais ne réussit pas le grand chelem. Dimanche soir, les ténors des deux bords se sont succédés pour donner leur analyse du scrutin. Florilège de déclarations.

[Expiré] [Expiré] compo © AFP/TF1-LCI

Les résultats sont sans appel. Dimanche à 21 heures, la gauche était en tête au niveau national avec 54,3% des votes selon les estimations d'Opinionway. Suivent la droite avec 36,1% et le Front national avec 8,7%. Le MoDem obtient 0,9% des voix. Deux bémols pour l'union à gauche toutefois, l'Alsace qui reste à droite et la Réunion qui passe à l'UMP. La Corse bascule de son côté à gauche. Malgré cela, à gauche, on savoure sa victoire. Chacun à sa manière.

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Ainsi, pour Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste,  le succès est national. "Les Français ont exprimé leur rejet de la politique du président et du gouvernement",lors d'une allocution au siège du PS. Martine Aubry, a affirmé que les Français avaient "parlé" et devaient être "entendus", ce qui impliquait de
"changer profondément de politique". "Dans ce moment d'inquiétude, de souffrance et d'une crise qui dure, les Français ont fait le choix de régions de gauche qui à la fois les protègent et préparent l'avenir. Dès demain, nous serons au travail dans nos régions et nous tiendrons les engagements", a affirmé la maire de Lille. Pour la première secrétaire du PS, "en votant mais aussi beaucoup en s'abstenant, les Français ont également exprimé leur rejet de la politique du président de la République et du gouvernement".
 
L'ex-premier secrétaire du PS François Hollande a estimé quant à lui, que "la victoire est nette" aux régionales et qu'elle constitue "un vote de défiance à l'égard du chef de l'Etat". Il a appelé la gauche et les écologistes à "travailler ensemble". "Il faut qu'il y ait une gauche et des écologistes rassemblés, on ne peut pas en rester sur le seul schéma d'un Parti socialiste qui pense être avec des partenaires qu'il vassalise", a-t-il ajouté. Il faut "réfléchir à comment on se prépare à une candidature à l'élection présidentielle et quelles propositions nous faisons ensemble devant le pays" a-t-il dit. "
 
Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a déclaré que la victoire de la gauche aux élections régionales dans cette région est "aussi le rejet du Grand Paris du président de la République".  "Une autre vision existe: concertée, respectueuse de l'équilibre entre les territoires, solidaire. C'est celle que nous portons", a affirmé M. Huchon. "Je missionnerai, dès les premiers jours de mon mandat, un élu délégué à mes côtés sur ce sujet", a-t-il annoncé.
 
Largement réélue en Poitou-Charentes, la présidente PS sortante Ségolène Royal prend, elle, des accents plus "locaux". Elle a appelé dimanche à ce que la victoire de la gauche aux élections régionales "ne soit pas celle d'un camp mais de tout le pays", dans une déclaration. "C'est une belle victoire des présidents de gauche à travers toute la France", a déclaré l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle. "Les régions ont tenu avec autant de force qu'elles le pouvaient leur rôle de rempart contre les effets d'une politique inefficace et injuste, et le vote d'aujourd'hui montre que notre capacité de résistance a été reconnu", a-t-elle dit. "Il nous appartient désormais de faire en sorte que cette victoire ne soit pas la victoire d'un camp mais qu'elle soit la victoire pour tout le pays", a déclaré Mme Royal.
 
Plus au sud, c'est le même discours entre les vieux amis Gérard Collomb (PS) et Georges Frêche (ex-PS). Ainsi quand le sénateur-maire PS de Lyon, opposant notoire à Aubry, estime que le résultat du second tour des régionales "est une belle victoire pour l'ensemble des présidents de région", Georges Frêche, réélu à la tête du Languedoc Roussillon, déclare lui, sur TF1, que le résultat de dimanche ne constitue "pas une victoire des partis" mais "une victoire des présidents de région". "Ce que je note, c'est que le Parti socialiste n'a pas regagné l'Alsace, et c'était là
qu'était le symbole d'une véritable victoire", a surenchéri M. Frêche sur TF1.
 
Du côté des "gagnants", un homme semble faire la fine bouche, c'est Arnaud Montebourg. Le député PS a ainsi déclaré sur France 3 que "la gauche n'a aucune raison de tirer gloire de ce scrutin, car la moitié des électeurs qui ne viennent pas aux urnes se posent la question de savoir à quoi sert la politique".
 
Du côté des alliés des socialistes, Cécile Duflot semble satisfaite puisqu'elle veut "continuer la dialogue avec la gauche" dans la perspective des prochaines élections présidentielle et législatives de 2012. Avec le Parti socialiste et le Front de gauche, "nous avons fait les choses dans la clarté, dans la transparence pour les électeurs", a jugé La secrétaire nationale des Verts pour qui "ces accords ont conquis les électeurs". "La gauche et les écologistes ont progressé depuis les régionales de 2004, c'est une réalité factuelle", a ajouté Mme Duflot, candidate en Ile-de-France.
 
Pour la droite, des "élections locales" 
 
A droite, évidemment, on adopte un profil bas, à commencer par François Fillon qui "assume (sa) part de responsabilités". "Le résultat de ce soir confirme le succès des listes de gauche. Nous n'avons pas su convaincre", a-t-il déclaré dans une allocution radio-télédiffusée. Toutefois, le Premier ministre minimise la portée de ces "élections locales" et assure que le cap fixé par les élections nationales serait maintenu. "On ne gouverne pas un grand pays comme la France au rythme des élections locales mais en gardant le cap fixé par les élections nationales", a-t-il cependant poursuivi. Il a ajouté que le combat pour l'emploi et la croissance serait la "priorité absolue" pour le gouvernement.
 
De son côté, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertand, a reconnu dimanche sur TF1 qu'"objectivement ce soir la gauche a remporté ces élections", et "c'est une déception", mais "nous progressons visiblement". Revenant sur un possible remaniement en profondeur du gouvernement après un scrutin qui sanctionne plusieurs ministres, Xavier Bertrand a également minimisé la portée du vote, assurant qu'il n'était vraiment pas certain que la question d'une démission du Premier ministre François Fillon se posait au vu de la nature régionale des élections perdues par la droite. "C'est une élection régionale, ça n'est pas une élection législative, donc je ne suis vraiment pas certain que la question d'une démission soit à l'ordre du jour", a dit le secrétaire général de l'UMP sur TF1.
 
Pour la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, l'essentiel au soir de cette défaite, est de ne surtout pas sacrifier les réformes entamées : "Qu'on réfléchisse à la sortie de crise, qu'on l'analyse, c'est un impératif, pour autant, il faut impérativement poursuivre les réformes pour mettre notre pays en mesure de continuer à virer en tête devant les pays de l'Union européenne", a-t-elle déclaré. "J'espère que les régions vont s'engager en particulier dans le domaine de la formation professionnelle, de l'apprentissage", a ajouté Mme Lagarde. "Il faut qu'on puisse arriver à faire ce travail au service des Français".

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a estimé dimanche sur RTL qu'il avait "(sa) part de responsabilité" en tant que membre du gouvernement et comme secrétaire général adjoint de l'UMP dans l'échec de la majorité. "J'ai mené un certain nombre de débats et certains pensent que ces débats ont contribué à l'affaiblissement de la majorité (...). Ce n'est pas ce que je ressens mais je l'entend", a expliqué M. Besson.

La vice-présidente du Front National, Marine Le Pen, a estimé dimanche à TF1 que les résultats des élections régionales constituaient un "très grand succès pour le Front national" et étaient la marque d'un "vote de conviction" pour le FN. "C'est un très grand succès pour le Front national ce soir puisque nous augmentons de façon très significative notre score dans les 12 régions où nous étions présents, de deux à quatre points", a jugé Mme Le Pen, tête de liste FN dans le Nord/Pas-de-Calais, où elle est arrivée en troisième position avec 22,1% selon l'institut OpinionWay.

Par Laurent DESCHAMPS (Avec agences) le 21 mars 2010 à 21:31
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34 Commentaires

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  • robert51, le 22/03/2010 à 18h32

    Sans compter ceux qui préfèrent ne rien voter !!!! Donc la victoire est vraiment loin d'en être une !!!

  • robert51, le 22/03/2010 à 18h30

    Tout à fait mais ça on ne le cite pas , c'est quand même presque 50% de français qui n'ont pas voté !!! et qui donc ne veulent ni de cette droite ni de cette gauche mais qui payent comme tout le monde leurs impots , faudrait peut être pas les ignorer !!!

  • pirate636, le 22/03/2010 à 13h44

    Vous avez raison laissons les fêter la victoire, c'est tellement rare qu'ils remportent une élection, et dans quelques mois, l' entente cordiale va bientôt voler en éclats. tout le monde en à pris l' habitude.!

  • ludovic77100, le 22/03/2010 à 13h23

    Pour ma part il n'est pas question de mauvaise foi, il est question de constat : sans les communistes et les écolos le ps aurait été inexistant , ce sont les chiffres et les faits qui le disent pas moi !

  • riendutoutiste, le 22/03/2010 à 11h37

    Il n'y a qu'un vainqueur : l'abstention.............................

  • ludovic77100, le 22/03/2010 à 11h35

    Que monsieur Copé s'occupe de notre belle ville de Meaux comme il le fait déjà si bien c'est tout ce qu'on lui demande !

  • a1n2n2e3, le 22/03/2010 à 10h56

    Que de mauvaise foi dans certains commentaires !!! Vive le P.S. !

  • safka, le 22/03/2010 à 10h34

    ENFIN MR Coppe semble entendre les électeurs de droite et va transmettre stop a l'ouverture

  • roscath78, le 22/03/2010 à 09h50

    Faute de grive, on mange du merle! dit le dicton. Cette victoire devrait être relativisée et la gauche doit ouvrir les yeux, la moitié des Français n'ont rien choisi du tout, les verts ont participé à cette"victoire", et le Front national se revigore. La droit sarkosienne est sanctionnée, mais le PS n'est plébiscité. C'est ce système droite/ gauche entretenu qui fausse tout, et qui n'est peut-être pas aussi démocratique que ça, et surtout qui laisse peu de marge aux Français pour donner des chances à d'autres façons de concevoir les choses: la politique, la vie sociale, le travail, etc.... D'où la forte abstention qui sanctionne cette façon de penser et de faire.

  • sky_92, le 22/03/2010 à 09h28

    Euzenot-furiga: Ils peuvent voter par procuration à condition d'etre domicilié en France !! Ce qui est rare pour un Français qui vit à l'étranger, vous en conviendrez...

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