L'université d'été du FN a ouvert ses portes samedi à La Baule. Et dès son arrivée, la présidente du Front nationalMarine Le Pen a été assaillie de questions sur sa sortie médiatique dans le Monde de vendredi. Dans une interview, elle proposait d'interdire le voile et la kippa dans la rue. (Lire : Marine Le Pen veut faire interdire voile et kippa dans les lieux publics) "Je crois avoir toujours été extrêmement cohérente, ne m'être jamais contredite sur ce sujet. Et par conséquent il n'y a que ceux qui sont de mauvaise foi qui croient pouvoir tirer de mes propos autre chose que j'aie pu dire", a déclaré la patronne du parti d'extrême droite. "Je trouve étonnant que vous vous étonniez qu'on évoque ce genre de sujet alors que l'actualité du monde porte sur ces sujets", a-t-elle ajouté, réfutant tout coup de communication. "C'est vous qui en faites un coup de com'", a-t-elle répliqué aux journalistes.
Sur TF1, elle a précisé ses propos : "Il est évident que la kippa ne pose pas de problème dans notre pays, mais notre pays a changé et cet équilibre fragile que nous avions trouvé dans l'exercice des religions a été bouleversé par une immigration massive, depuis maintenant une vingtaine d'années, qui a changé la donne", a-t-elle déclaré. "Je demande à nos compatriotes juifs, ce petit effort, ce petit sacrifice sûrement, mais qui permet une égalité entre les exigences que l'on demande aux uns et aux autres. Je suis sûre qu'une grande partie d'entre-eux sont tout à fait prêts à faire ce petit sacrifice", a-t-elle dit.
La djellaba "participe des signes ostentatoires"
La présidente du FN a justifié sa demande: "Je pense que ce débat doit être ouvert au moment où une nouvelle fois la France est victime de demandes de fondamentalistes". Elle a expliqué avoir "toujours été en pointe" sur ces sujets, et "pour la laïcité quand le PS et l'UMP allaient de renoncements en reculades". Elle a fait valoir que si elle avait "demandé que cette interdiction ne frappe que le voile", alors "évidemment, immédiatement (elle) aurait été brûlée en place de Grèves pour islamophobie".
Au sujet de la djellaba sur laquelle elle était réinterrogée lors d'un point presse à l'université d'été de la Baule, Marine Le Pen indiqué que ce vêtement "participe des signes ostentatoires tels qu'ils ont été décrits dans la loi de 2004 qui a interdit le port des signes religieux ostentatoires à l'école et que je veux voir étendue à l'espace public dans sa généralité", a-t-elle précisé. "L'interdiction du voile dans l'espace public est à mon avis une demande de l'ensemble des Français, qui se sentent de plus en plus heurtés par sa multiplication", a-t-elle encore estimé. "Dans la République que je chéris, les règles sont égales et par conséquent elles doivent également s'appliquer à l'ensemble des réligions même si incontestablement, certaines posent plus de problèmes que d'autres", a-t-elle encore déclaré.
Jean-Marie Le Pen : "pas un sujet essentiel"
La présidente du FN a soulevé un tollé général vendredi. Dans son projet pour la présidentielle de 2012, elle se prononçait déjà pour l'interdiction du "port du voile ou de tout autre signe religieux ostentatoire", mais dans "les services publics administratifs dépendant de l'Etat ou des collectivités territoriales". Elle ajoutait qu'une réflexion serait engagée "pour étendre cette disposition aux transports publics". "C'est un programme présidentiel, mais encore une fois j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur cette interdiction dont vous savez qu'elle me tient à cœur", a expliqué Marine Le Pen. Elle s'est en tout cas félicitée qu'"une fois de plus, le FN est au centre des débats", en citant les thèmes du traité budgétaire européen, les "problématiques de laïcité" ou la sécurité.
Son père et ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, a estimé que la proposition n'était "pas un sujet essentiel". "Je sais que ces questions d'habillement vous intéressent passionnément mais moi ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus", a ajouté le président d'honneur du Front National. Il a néanmoins jugé que cette proposition était "assez raisonnable, oui, c'est normal, c'est la laïcité". "Je crois que ça serait sage oui, c'est ce qui pourrait maintenir l'homogénéité de notre communauté nationale", a-t-il ajouté. Sur les signes religieux catholiques qui pourraient être concernés, il a répondu: "Ils portent ni le voile ni la kippa, les catholiques".









