Droit de vote des étrangers : les Français sont plutôt pour
Plus d'un Français sur deux se dit favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, révèle un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche.
Publié le 10/12/2011
Vote des étrangers : le Sénat dit oui
Le Sénat a adopté jeudi soir la proposition de loi sur le droit de vote et d'éligibilité des étrangers hors UE aux élections municipales présentée par la gauche. Le gouvernement y est hostile et le texte constitutionnel n'a aucune chance d'être voté sous cette législature.
Publié le 09/12/2011
Droit de vote, fraude sociale : Guéant cible les étrangers
Pour le ministre de l'Intérieur, la France accueille trop d'étrangers - un point sur lequel il ne renie pas sa convergence de vues avec Marine Le Pen. Il se dit opposé à des élections de maires étrangers, et veut croiser les fichiers pour lutter contre les fraudes sociales des étrangers.
Publié le 27/11/2011
Le vote des étrangers sous haute tension au Sénat
Ce jeudi, le Sénat s'engage pleinement sur le terrain du clivage gauche-droite avec l'examen d'une proposition de loi autorisant les étrangers hors UE à voter aux municipales. François Fillon sera présent lors de ce débat à haute tension. Le FN manifeste.
Publié le 08/12/2011
Sarkozy : le droit de vote des étrangers est une proposition "hasardeuse"
Le droit de vote des étrangers extra-européens, débattu au Sénat début décembre est une "proposition hasardeuse", a estimé Nicolas Sarkozy mercredi devant les maires de France réunis à l'Elysée. "Elle risque de diviser les Français au moment où (...) nous avons besoin de les rassembler", a ajouté le chef de l'Etat.
Publié le 23/11/2011
Elections locales : 3 Français sur 5 pour le droit de vote des étrangers
59% des Français se déclarent favorables à l'extension du droit de vote aux élections municipales et européennes aux étrangers non-européens vivant en France, selon un sondage de Harris Interactive publié vendredi. C'est 9 point de plus qu'en 2009.
Publié le 04/11/2011
Droit de vote des étrangers : le Sénat dit non
Plusieurs amendements demandant ce droit de vote déposés par les sénateurs socialistes, verts, communistes et radicaux de gauche ont tous été repoussés par la majorité de droite.
Publié le 19/06/2008
Droit de vote étranger : Sarkozy rouvre le débat
Alors qu'il se déplace lundi à Calais, le ministre de l'Intérieur explique au Monde qu'il ne serait "pas anormal" qu'un étranger résidant depuis dix ans en France puisse voter aux municipales.
Publié le 24/10/2005
Au préalable, François Fillon avait dit "réprouver" la méthode utilisée, en référence à l'inscription à l'ordre du jour par la nouvelle majorité de gauche du texte qui avait été voté par l'Assemblée nationale en mai 2000, sous le gouvernement de Lionel Jospin. Celui-ci avait alors été bloqué par le Sénat de droite. "Je la réprouve car elle crée un brouillage démocratique qui affaiblit la cohérence politique de nos institutions", et le Sénat n'est "certainement pas conçu pour exhumer une proposition de loi vieille de dix ans", a ajouté François Fillon, qui avait récemment promis de s'opposer "de toutes ses forces" à cette initiative, lancée par François Mitterrand en 1981 et plusieurs fois enterrée.
"J'ai été moi-même une étrangère"
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a rappelé la position de la majorité : "On vote parce que l'on est citoyen, on est citoyen parce que l'on est Français, on n'est pas citoyen parce que l'on habite en France". Esther Benbassa (EELV), rapporteure, a répliqué en lisant à la tribune des déclarations passées en faveur de ce droit, prononcées jadis par Nicolas Sarkozy, Eric Besson, l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ou encore Brice Hortefeux. "Ce sont d'autres discours que nous entendons désormais" a déploré cette universitaire, qui possède la triple nationalité franco-turque-israélienne. "J'ai ai été moi-même une étrangère, une immigrée", a-t-elle noté
Dehors, défenseurs et opposants au texte donnaient de la voix, séparés par un important dispositif policier. Une centaine de militants FN se sont rassemblés avec Marine Le Pen à quelques mètres du Sénat, avec pour slogan : "Etrangers, seule Marine Le Pen s'y oppose". "Nicolas Sarkozy était d'accord avec le droit de vote des étrangers, il a dit qu'il considérait ça juste, il l'a dit avant et après son élection", a dit Marine Le Pen devant un écran géant où l'on pouvait lire "Sarkozy vous ment". Le chef de l'Etat "dit aujourd'hui qu'il a changé d'avis, mais comment peut-on changer d'avis sur un sujet aussi important ?", a demandé la présidente du Front national. Marine Le Pen n'a pas été plus tendre avec la gauche, jugeant très symbolique que le "premier acte" de la nouvelle majorité PS au Sénat porte non pas sur l'emploi ou la crise de l'euro mais sur le droit de vote des étrangers. Sur l'écran géant installé devant le Sénat, le FN a diffusé les déclarations de Nicolas Sarkozy et du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, sur la question. La formation d'extrême droite a également lancé sur ce thème une pétition sur son site internet et une vaste campagne de distribution d'un dépliant imprimé à 1,4 millions d'exemplaires et appuyé par 120.000 affiches.
A l'inverse de Marine Le Pen, le collectif "Votation citoyenne" a appelé à un rassemblement pour soutenir l'initiative des sénateurs socialistes dans une "période de tensions et de stigmatisation des étrangers et de leurs enfants" par la droite et l'extrême droite. Entre 100 et 200 sympathisants se sont donc réunis à quelques centaines de mètres de ceux du FN, de l'autre côté du Sénat, pour dire leur impatience de voir le sujet avancer. Des étudiants de l'Unef portait un badge proclamant : "Oui". "Nous sommes pressés de voir satisfaite cette revendication. Ca fait trente ans qu'on attend, il y a urgence", a expliqué Vincent Ribérioux, vice-président de la Ligue des droits de l'homme. L'initiative des sénateurs PS, a-t-il estimé, montre que le sujet progresse, même si la droite aura le dernier mot à l'Assemblée nationale, ce qui lui permettra de le bloquer jusqu'à l'élection présidentielle de 2012. "Les deux derniers sondages montrent que l'opinion soutient majoritairement le droit de vote des étrangers", a ajouté Vincent Ribérioux.
Aucune chance de passer sous cette législature
Eva Joly a de son côté estimé que ce droit de vote faisait partie "d'une conception de la société française qui est beaucoup plus égalitaire, beaucoup plus inclusive et beaucoup plus respectueuse de la dignité". "Il faut savoir qu'en Europe la plupart des grands pays leur ont accordé ce droit" que l'ancienne magistrate a qualifié de "fondamental".
Le Sénat a adopté jeudi soir le texte par 173 contre 166. "En adoptant aujourd'hui la proposition de loi la majorité sénatoriale de gauche s'honore et fait ce pour quoi elle a été désignée: faire entendre au Parlement la voix du progrès, de la solidarité et de la République", a déclaré vendredi la première secrétaire du PS, Martine Aubry. Mais il n'a aucune chance d'être voté sous cette législature. Il ne pourra être adopté conforme (définitivement) et reviendra donc devant l'Assemblée nationale. S'il est un jour adopté par le parlement, il devra ensuite être transféré au chef de l'Etat qui le soumettra à referendum ou le gardera dans un tiroir.
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