Ministère de l'Economie et de Finances à BercyNouvelle accusation, nouveau démenti. Eric Woerth a nié, vendredi matin, avoir donné son aval au remboursement de 30 millions d'euros à Liliane Bettencourt au titre du bouclier fiscal, comme l'a fait valoir le site Médiapart jeudi. "Eric Woerth rappelle qu'un ministre du Budget n'a pas dans ses attributions de calculer lui-même l'impôt de chaque Français, du plus riche au plus modeste", précise son communiqué. "Si l'administration fiscale considère que les éléments déclaratifs fournis par un contribuable le rendent éligible au bouclier fiscal, elle procède, conformément à la loi TEPA, au versement correspondant", poursuit-il. "Un ministre du Budget n'intervient en aucun cas dans cette procédure. Contrairement à ce qui est dit, Eric Woerth, alors ministre du Budget, n'a donc pas 'donné son aval" pour le versement du bouclier fiscal de Madame Bettencourt", ajoute le communiqué.
Interview de Liliane Bettencourt au 20h vendredi
<b>EXCLUSIF - </b> L'héritière de L'Oréal répondra pour la première fois à la télévision aux questions de Claire Chazal.
Publié le 01/07/2010
Procès Bettencourt/Banier : aussitôt ouvert, aussitôt reporté ?
Le procès du photographe François-Marie Banier, soupçonné d'avoir abusé de la faiblesse psychologique de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, s'ouvre jeudi matin. Mais il pourrait être aussitôt reporté après les révélations d'enregistrements qui ont transformé l'affaire de famille en affaire d'Etat.
Publié le 01/07/2010
Affaire Woerth : Accoyer pas opposé à une commission d'enquête
Le président de l'Assemblée n'est pas opposé, sous certaines conditions, à la création d'une commission d'enquête sur l'affaire Woerth, comme le réclame le PS.
Publié le 01/07/2010
Selon Mediapart, qui a diffusé l'information jeudi sur la base de sources "au courant du dossier", le chèque de ristourne accordé en mars 2008 à l'héritière de L'Oréal n'a pu se faire sans l'aval d'Eric Woerth, alors ministre du Budget. Elément que François Baroin, successeur d'Eric Woerth au Budget, a également contredit vendredi. Selon une source fiscale "au courant du dossier" citée par Mediapart, le versement des 30 millions à Liliane Bettencourt a été opéré par le Trésor public sur un compte qu'elle détenait à la BNP. Ce remboursement a été effectué après une demande en ce sens faite par les conseils de l'héritière de L'Oréal et première fortune de France-, adressée entre la fin janvier et début février 2008. D'après le site d'information en ligne, qui cite un fonctionnaire des impôts ayant requis l'anonymat, "les remboursements opérés par l'administration fiscale, lorsqu'ils sont supérieurs à plusieurs millions d'euros, nécessitent l'aval du ministre de tutelle". "Eric Woerth, ministre du Budget au mois de mars 2008, a donc dû donner son accord pour le versement de cette somme colossale", ajoute Mediapart.
Interrogé sur France Info vendredi midi, Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat unifié des impôts, a néanmoins dit ignorer si Eric Woerth avait pu être informé du chèque signé au profit de Liliane Bettencourt, tout en rappelant que les chèques signés au titre de cette mesure faisaient l'objet d'une autorisation par un haut fonctionnaire.
"Secret professionnel"
Par ailleurs, Mediapart affirme, citant des sources concordantes, que "l'héritière n'a été l'objet depuis au moins quinze ans ni d'un examen de situation fiscale personnelle ni d'une vérification de comptabilité, susceptible de viser par exemple la holding mise en place pour gérer sa fortune". Dimanche, l'actuel ministre du Budget, François Baroin, interrogé par Europe 1, a refusé de dire si Mme Bettencourt avait fait l'objet d'un contrôle fiscal dans un passé proche, au nom du "secret professionnel". Il a simplement rappelé que "les patrimoines de plus de plus de 3 millions d'euros" (...) sont contrôlés tous les trois ans".
"Mme Bettencourt est bénéficiaire du bouclier fiscal", a indiqué la porte-parole de la milliardaire, sans toutefois confirmer le montant évoqué par Mediapart."Ma cliente m'a confirmé que ce chiffre était exact", a déclaré pour sa part Me Antoine Gillot, avocat de l'ex-comptable de Mme Bettencourt qui a cessé de travailler pour elle en novembre 2008. Vendredi, sur RMC, l'avocat a jeté un nouveau pavé dans la mare en affirmant que l'ancienne comptable de l'héritière pouvait retirer jusqu'à 50.000 euros en liquide chaque semaine.
Règlement de compte
Les révélations ne s'arrêtent pas là puisque selon La Tribune de Genève de vendredi, l'épouse du ministre du Travail Eric Woerth avait ses habitudes à Genève, où elle gérait les comptes bancaires de l'héritière de L'Oréal. Le quotidien cite un banquier suisse qui n'est pas nommé. Florence Woerth, qui travaillait chez Clymène, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, a récemment démissionné après la publication d'enregistrements clandestins laissant penser que Liliane Bettencourt pratiquait l'évasion fiscale.
L'entourage d'Eric Woerth a réagi vendredi en estimant que des banquiers suisses cherchaient à "régler leurs comptes" avec un ministre qui s'était illustré, lorsqu'il était au Budget précédemment, dans la lutte contre l'évasion fiscale. "Cela prouve que l'action qu'il a menée en matière de lutte contre l'évasion fiscale a largement perturbé des patiques aussi anciennes que contestables", ajoute-t-on. "Eric Woerth n'a pas à commenter des informations anonymes."
Soutien de Claude Guéant
Les réactions au conflit d'intérêt présumés, à gauche comme à droite, vont bon train. Dominique juge dans un entretien paru dans Libération vendredi que remplacer François Fillon à Matignon est vraisemblablement "une des dernières cartouches" dont Nicolas Sarkozy dispose pour regagner la confiance des Français. De son côté, Benoît Hamon a lancé dans un communiqué vendredi : "Quelle astuce, quel trucage, messieurs Fillon, Woerth ou Baroin vont-ils encore trouver pour justifier que l'on sacrifie 1.200 postes d'infirmières en un seul et unique chèque libellé à l'ordre de Madame Bettencourt ? "
Dans une interview à paraître samedi dans Le Figaro Magazine, le secrétaire général de la présidence de la République, Claude Guéant, intervient pour la première fois dans un feuilleton qui dure depuis deux semaines pour prendre la défense du ministre du Travail et exclure sa démission. Mais les marques répétées de soutien de l'exécutif - Nicolas Sarkozy a défendu mercredi Eric Woerth contre "un amalgame honteux" - ne dissipent pas le malaise qui s'instille dans l'opinion et la classe politique. Selon un sondage CSA publié jeudi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, l'"affaire" Woerth est jugée"grave" par 56% des Français.
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Interview de Liliane Bettencourt au 20h vendredi
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