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Les petits durs de San Benito

Diffusé le 03/04/2010

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LES PETITS DURS DE SAN BENITO

 
Créé il y a 10 ans, le Boot Camp Amador Rodriguez, à San Benito au Texas,  accueille 30 « cadets » de 13 à 17 ans. C'est l'un des plus répressifs des Etats-Unis. Pour ces délinquants, c'est aussi une dernière chance avant la prison. Un encadrement et une discipline militaires, retour à l'école,  treillis,  crâne rasé,  hurlements, une vie chronométrée et un numéro comme seule identité... c'est le prix à payer pour retrouver la liberté après plusieurs mois de rééducation.
 
 « Debout, vite... 10, 9.... 4,3,2,1 Vous avez 2 minutes pour faire votre lit !». 5 heures du matin au Centre Amador Rodriguez.  Hurlements et chronomètre rythment le réveil des « pensionnaires »... 2 minutes pour faire son lit, 1 minute pour se raser. A San Benito, au sud du Texas, tous les adolescents placés ici sont des délinquants, des chefs de gangs âgés de 13 à 17 ans. Pour leur éviter la prison ferme, la justice leur a offert une dernière chance : le « boot camp », un camp d'entraînement dont l'encadrement est assuré par des vétérans d'Irak ou d'Afghanistan.  
 
Arrêté pour vol de voiture avec violence, il y a deux jours, Felipe 14 ans vient d'y être transféré pour 6 mois. La porte à peine franchie, le sergent Trevino le prend en charge sans lui laisser le temps de respirer...   « Maintenant tu es le cadet numéro 13. C'est compris ? Quand tu as besoin de te gratter, de te frotter... quel que soit ce que tu dois faire, tu dois me demander la permission. Tu comprends ça ? Plus fort ! Maintenant tu vas bouger rapidement, suivre la ligne jaune » 20 minutes plus tard, le crâne rasé, Felipe n'est plus que le numéro 13. Depuis la création de ce programme en 1999, l'encadrement est militaire, seule méthode valable aux yeux de David Sanchez, le Directeur. « C'est un programme de type paramilitaire et le style de vie militaire. Nous voulons que nos élèves apprennent la discipline, le respect et qu'ils éprouvent  du regret pour leurs victimes. Le style militaire est une excellente base. Mais si vous offrez de la discipline et de la discipline seulement, ce n'est pas bon. Le but de notre programme n'est pas de les punir mais de les réhabiliter. »
 
Ici réhabilitation rime avec éducation. Au programme chaque jour pendant cinq heures, après le Serment d'allégeance au drapeau américain : mathématiques, physique ou histoire, toujours sous haute surveillance. Dans la classe voisine, des élèves attentifs suivent un cours de catéchisme. Parmi eux, le cadet numéro 16, 5 mois de boot camp derrière lui : « j'espère changer. Etre un modèle pour mes petits cousins, mes amis. Je ne vais pas refaire les bêtises que j'ai faites avec eux. Les mauvaises choses, je vais dire : ce n'est plus pour moi. Je crois que le monde réel est plus dur qu'ici parce qu'ici ils nous disent ce qu'il faut faire. C'est facile. A l'extérieur c'est plus difficile ce sera un vrai test. » Après les cours, le chrono se remet en marche : prière, déjeuner... « prêts ? Mangez ! »  15 minutes pour tout avaler et, à peine sortis de table : entretien des espaces verts. La plupart d'entre eux s'estime heureux « en détention dans une prison pour mineurs, vous êtes juste enfermés, vous n'apprenez rien. Quand vous ressortez vous êtes toujours la même personne. Ici on apprend à accepter les règles. »  Sur un chantier voisin, les cadets construisent une maison. En 6 mois ils vont apprendre tous les corps de métier « quand ils partent d'ici ils ont un diplôme. Ils pourront dire : je sais faire ça. Ils peuvent commencer à gagner leur vie. Certains peuvent même créer leur propre société. J'essaye d'être comme un père pour eux. Je les encourage. Il faut toujours positiver et aller de l'avant c'est ce que j'essaye de leur enseigner. »
 

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