© INTERNEBernard Toma enseigne les maladies contagieuses à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, en région parisienne. Joint par la rédaction de tf1.fr, il fait le point sur la fièvre aphteuse, son impact sur les cheptels européens et les risques encourus par l’homme.
tf1.fr : La fièvre aphteuse présente-elle un risque pour l’homme ?
Bernard Toma : La fièvre aphteuse frappe principalement quatre espèces d’animaux domestiques -les bovins, les ovins, les caprins et les porcins- ainsi que quelques espèces sauvages. Les animaux qui en sont atteints salivent abondamment, boitent et perdent leur appétit. C’est une maladie qui se transmet à l’homme très exceptionnellement et lorsque c’est le cas, les symptômes -apparition d’aphtes- sont peu graves.
tf1.fr : Consommer de la viande d’un animal atteint de fièvre aphteuse est donc sans danger ?
B. T. : Les symptômes de cette maladie sont tellement apparents qu’il est impossible qu’un
Mesure préventive : Le ministre de l'Agriculture a annoncé que la France abattra préventivement les ovins d'origine douteuse dans le cadre de son dispositif de prévention contre la fièvre aphteuse qui sévit au Royaume-Uni. "Tous les ovins qui proviennent d'échanges intra-communautaires et dont l'origine ne peut être certifiée seront, par mesure préventive, abattus sur places et détruits", a annoncé Jean Glavany sur France-nter. Il avait indiqué auparavant que 20.000 ovins provenant du Royaume-Uni seraient détruits. |
tf1.fr : C’est une maladie qui reste très contagieuse pour les animaux…
B. T. : Sa transmission s’effectue par contact direct, par des objets ou aliments souillés mais aussi par l’air, sur plusieurs kilomètres de distance. En 1981, une épizootie de fièvre aphteuse, la dernière en France, s’était déclarée dans les Côtes d’Armor et, sous l’effet du vent qui soufflait vers le Nord, un foyer était apparu dans l’île anglaise de Wight, à 150 kilomètres des côtes françaises.
tf1.fr : La fièvre aphteuse qui sévit en Grande-Bretagne pourrait donc facilement traverser la Manche ?
B. T. : Les exploitations agricoles du Nord-Ouest de la France, situées à proximité des côtes, encourent un risque de contamination non négligeable. Toutefois, la propagation de la maladie pourrait se développer plus vraisemblablement au contact d’animaux malades, importés de Grande-Bretagne. Depuis l’annonce de l’épizootie dans ce pays, les autorités sanitaires, les vétérinaires et les éleveurs européens sont en état d’alerte. Et chaque cas de fièvre aphteuse devrait pouvoir être traité très rapidement.
tf1.fr : Que se passe-t-il quand un animal malade est détecté ? "Depuis l’annonce
B. T. : Il faut abattre l’ensemble des troupeaux de l’exploitation : bovins, ovins, caprins et porcins. Les carcasses sont ensuite soit incinérées, soit enfouies sous terre. Puis il faut
désinfecter les bâtiments, matériels et objets qui ont été en contact avec les bêtes. L’éleveur peut alors reconstituer ses cheptels trois semaines plus tard.
de l’épizootie
dans ce pays,
les autorités sanitaires,
les vétérinaires
et les éleveurs
européens sont
en état d’alerte."
tf1.fr : Depuis 1991, l’Union Européenne a interdit l’utilisation du vaccin contre la fièvre aphteuse. Pour quelles raisons ?
B. T. : A l’époque, la maladie avait été vaincue en Europe. La vaccination semblait d’autant plus inutile qu’il existe plusieurs types de fièvre aphteuse, tout comme la grippe, et il aurait été trop coûteux de développer différents vaccins pour les inoculer à des millions d’animaux. Cela dit, l’Union Européenne a mis en place un système d’épidémio-surveillance qui fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
tf1.fr : Après la maladie de la vache folle, le Royaume-Uni est frappé par une nouvelle épizootie. Les structures agricoles et sanitaires du pays sont-elles en cause ?
B. T. : En 2000, la Grande-Bretagne avait également été touchée par la peste porcine classique. Pour autant, on ne peut pas accuser les autorités et les producteurs britanniques de négligence, les mesures prises contre la rage en témoignent. Ce qui leur est arrivé aurait pu se produire n’importe où en Europe. Finalement, ils ont réussi à maîtriser trois épizooties majeures. Je ne doute pas qu’ils viendront à bout de la fièvre aphteuse. La question reste : dans combien de temps ?
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