© INTERNEUn groupe d'experts, réunissant psychiatres, médecins généralistes et du travail et épidémiologistes, a publié un rapport intitulé "Itinéraires de déprimés". Philippe-Jean Parquet, professeur de psychiatrie et chef de service au CHU de Lille, qui a supervisé ce travail, a répondu aux questions de la rédaction de tf1.fr.
tf1.fr : Qu’est-ce que la dépression ?
Philippe-Jean Parquet :
La dépression n’est pas la déprime ou la morosité, comme le pense le public. La dépression est une vraie maladie qui regroupe des symptômes à la fois corporels et somatiques (troubles de l’alimentation, du sommeil et de la sexualité), psychologiques (souffrance morale, ralentissement intellectuel, apathie, irritabilité), et, enfin, sociaux (perte des rôles familial et professionnel).tf1.fr : Combien y a-t-il de "vrais" dépressifs en France ?
P.-J. P. :
4,7% de la population française souffre d’un état dépressif, ce qui représente 3 millions de personnes. Au total, 25% des Français ont été, sont ou seront atteints d’une dépression. Et"Au total, |
tf1.fr : A quoi tient cette insuffisance des soins ?
P.-J. P. :
Les dépressifs n’ont pas forcément conscience de l’être ou n’osent pas en parler à leur médecin. Les maladies mentales leur font peur, de même que les médecins qui les soignent. Les antidépresseurs ont également mauvaise réputation alors qu’ils sont tout à fait légitimes dans le cadre d’une prescription. Par ailleurs, il faut savoir que le traitement d’une dépression dure six mois. Or, 70% des patients l’abandonnent avant son terme, soit parce qu’ils se sentent aller mieux, soit à cause de certains effets secondaires -somnolence, bouche sèche, troubles digestifs- ou de ce qu’ils pensent être des effets secondaires, comme les troubles de la sexualité, mais qui sont en fait un symptôme de leur maladie. Ces abandons précoces expliquent qu’un patient sur deux retombe dans la dépression.tf1.fr : Quelles sont vos propositions ?
P.-J. P. :
Mieux informer le public sur les symptômes de la dépression et lui expliquer que c’est une maladie qui se guérit au bout d’un traitement long, nécessitant une prise en charge globale, y compris psychologique. Le patient doit aussi plus s’impliquer dans son traitement et le médecin être plus ouvert à ses attentes. Il faut enfin favoriser les échanges entre les psychiatres et les médecins généralistes, qui traitent 75% des cas de dépression. Cette maladie représente d’ailleurs 10 à 15% du total de leurs consultations."La dépression
tf1.fr : Le traitement de la dépression est donc une véritable question de santé publique…
coûte
globalement
30 milliards de F
par an
à la collectivité."
P.-J. P. :
Cette maladie représente un enjeu à la fois humain et économique. Chaque année, la dépression coûte globalement 30 milliards de francs à la collectivité, soit environ 15.000 F par patient. Ce coût tient autant aux traitements engagés qu’à une prise en charge inefficace de la maladie.Les omegas 3, arme anti-blues : c'est prouvé !
Selon Le Parisien, deux chercheurs français viennent de démontrer les bienfaits des Omégas 3 pour lutter contre la dépression et les troubles de l'humeur.
Publié le 27/01/2010
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