© INTERNEGeorge W. Bush a donné raison à tous ceux qui doutaient de son engagement en faveur de la lutte contre la pollution. Il n’empêche, sa décision de ne pas réglementer les émissions de dioxyde de carbone (CO2) aux Etats-Unis et, surtout, son opposition déclarée au protocole de Kyoto suscitent déception et consternation dans le monde entier.
Les associations écologistes, qui étaient les plus méfiantes, étaient préparées à une telle annonce. "George Bush s’était engagé à prendre des mesures, même très restreintes, contre la pollution pendant l’élection présidentielle américaine mais tout le monde savait que sa campagne avait été financée par les groupes pétroliers américains. Il prouve qu’il est bien le fils de son père, lequel avait déclaré à la conférence de Rio que le mode de vie des Américains n’était pas négociable", a indiqué Bruno Rebelle, directeur de Greenpeace France, contacté par la rédaction de tf1.fr.
Un "retour en arrière inquiétant"
Le président des négociations internationales sur le climat, par ailleurs ministre de l'Environnement des Pays-Bas, Jan Pronk, a estimé mercredi soir que la prise de position du président Bush "posait quelques questions" mais ne marquait pas nécessairement un tournant définitif de la position américaine. Le ministre a rappelé que la reprise des négociations climatiques sur les règles d'application du protocole de Kyoto avait été repoussée à juillet à la demande des Etats-Unis pour permettre à la nouvelle administration de définir ses positions. "Il convient d'attendre que le gouvernement américain achève de passer en revue" ses options, a estimé Jan Pronk.
Une analyse prudente dont ne s’embarrasse pas Klaus Toepfer, directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Selon lui, l’annonce faite par le président américain constitue un "retour en arrière inquiétant". "Un pays comme les Etats-Unis, avec un haut niveau technologique, n'a pas le droit de renoncer à une solution au problème" des émissions de gaz à "(...) Une grave
effet de serre, a-t-il affirmé avant d’ajouter qu’il fallait convaincre les Etats-Unis que le développement de technologies énergétiques propres a également des avantages économiques.
remise
en cause
du protocole
de Kyoto",
Dominique
Voynet.
La fermeté française
En France, Dominique Voynet a fait part de sa "très vive préoccupation" à Christie Whitman, responsable de l’Agence américaine de protection de l’environnement. "La lettre du président Bush constitue une grave remise en cause du protocole de Kyoto (…) Les Etats-Unis, principal pays émetteur de gaz à effet de serre, prendraient une très lourde responsabilité en remettant en cause un accord approuvé unanimement par la communauté internationale", a prévenu la ministre de l’Environnement, appelant l’Union européenne à "réagir rapidement et vigoureusement".
George W. Bush devra désormais compter avec la pression de la communauté internationale et celle de l’opinion publique, y compris dans son propre pays. De longues et difficiles négociations devraient se multiplier d’ici la conférence de l’Onu sur le réchauffement climatique, qui se déroulera à Bonn du 16 au 27 juillet prochains.
Sur ce même thème, lisez également l’article sur le dernier rapport de l’Onu consacré au réchauffement climatique.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




