© INTERNELa France vieillit. Cette évolution démographique majeure affecte profondément la société et le système de santé français. Afin de prévenir et d’accompagner ces bouleversements, le ministère de la Recherche s’est associé à des scientifiques et des médecins pour œuvrer à la création d’un institut de la longévité. "Nous souhaitons favoriser le mieux-être des personnes du 3e et 4e âges" et "concilier durée de la vie et qualité de la vie", a indiqué jeudi le ministre de la Recherche Roger-Gérard Schwartzenberg.
Un institut "sans murs"
Organisé sous forme de Groupement d'intérêt scientifique (Gis), "cet institut sera un institut de coordination des recherches" qui fonctionnera "sans murs", c’est-à-dire en réseau. Ministère de la Recherche, organismes publics de recherche (Inserm, CNRS, CEA, Inra) et associations de "Aboutir à
malades (France Alzheimer, France Parkinson...) y travailleront en étroite collaboration.
des résultats
tangibles en
matière de
découvertes
fondamentales,
de prévention
et de soins..."
Ce GIS serait chargé de deux missions : dresser le bilan des recherches déjà en cours et dégager de grandes orientations de recherche, y compris dans des domaines encore peu développés, comme l'économie de la santé. "L'objectif, c'est d'aboutir à des résultats tangibles en matière de découvertes fondamentales, de prévention et de soins, de guérison ou de traitement de maladies associées à l'âge", a précisé le ministre.
Des spécialistes impliqués
L’idée de cet institut est à porter au crédit du professeur Etienne-Emile Baulieu, vice-président de l’Académie des Sciences, inventeur de la pilule abortive RU486 (ou "pilule du lendemain") et spécialiste des hormones. Ses travaux l’ont notamment amené à mieux comprendre le mécanisme de la production de "l’hormone de jouvence" DHEA (déhydroépiandrostérone). D’autres spécialistes participent à la réflexion sur cet institut : les professeurs Piette (gériatrie), Vellas (nutrition), Cohen et Tambourin (génomique)… "L’élaboration
des grands
projets
scientifiques
doit se faire
non pas à
huis clos mais
publiquement
et dans la
transparence"
Le coût d’un tel projet n’a pas encore été chiffré. "Mais qu’est-ce qui est le plus coûteux pour la société ? Se résigner à voir les personnes du 3e et 4e âges vieillir mal, en développant des pathologies qui nécessitent soins et hospitalisations fréquentes, avec le coût qui en résulte pour la Sécurité sociale ? Ou bien développer la recherche afin que l’on puisse vieillir en meilleure santé" tout en réalisant "des économies relatives pour le système de protection sociale" ?, a demandé R.-G. Schwartzenberg avant de conclure : "L’élaboration des grands projets scientifiques doit se faire non pas à huis clos mais publiquement et dans la transparence".
Spectaculaires progrès de la longévité
Les progrès de la longévité ont été spectaculaires au XXe siècle, notamment en France où l'espérance de vie à la naissance est l’une des plus élevées au monde : 75,2 ans pour les hommes et 82,7 ans pour les femmes. Au recensement de 1999, les personnes âgées de 60 à 75 ans étaient 7,9 millions (soit 13,6% de la population) et celles âgées de 75 ans et plus étaient 4,5 millions (soit 7,7% de la population).
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